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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 14:18

La panique semée en Europe par une souche particulièrement virulente d’E.coli (1) détectée après quelques péripéties dans des graines germées, a été l’occasion d’attaques en règle des produits bio. La question est : était-ce justifié ?

 

brochure_agriculture-copie-1.jpgComme point de départ je vais prendre une anodine conversation que j’ai eu il y a peu avec une relation de travail, qui au-delà de l’anecdote, permet de mettre en évidence les sophismes utilisés d’ordinaire soit par les défenseurs inconditionnels de l’agro-industrie, soit, plus certainement, par tous ceux qui soucieux de se donner bonne conscience dans leurs habitudes alimentaires se ruent sur le moindre frétillement allant dans le sens de leur croyance. Revenons en à mon exemple : fort de l’actualité médiatique, il m’avait été donc annoncé un beau matin, avec une assurance olympienne teintée de triomphalisme, que la nourriture industrielle issu de « l’agriculture de destruction massive » était plus sûre que la nourriture biologique au motif que les contrôles y étaient plus rigoureux et que les additifs, permettant une meilleure conservation et stabilisation des produits, concouraient à la sécurité alimentaire. Au fond, selon ce collègue, la seule véritable différence entre le bio et la nourriture industrielle pourrait se résumer de la sorte : « le bio tue tout de suite ; la nourriture industrielle tue éventuellement à long terme ».

 

J’avoue que cet argument m’a sur le vif laissé pantois ; incapable d’apporter contradiction à si logique raisonnement… Cela allait à rebours de tout ce que je savais – ou croyais savoir – sur le bio, mais par horreur de la joute oratoire stérile (où celui qui gagne, est celui qui a la plus grande gueule ; celui capable d’assener péremptoire d’énormes contrevérités, d’inventer encore les chiffres et les histoires qui l’arrangent), et faute de préparation je n’ai su alors que répondre. C’est pourquoi, sûr que ces allégations allant à l’encontre de mes intuitions ne devaient pas être aussi nettes, il m’a pris l’envie d’investiguer un peu sur ce sujet. C’est très loin d’être exhaustif mais ça a le mérite, je pense, de remettre au moins les pendules à l’heure.

 

Du Bio
Je prends ici le mot dans son acception la plus courante, dans le sens de produits BIO.jpgalimentaires tirés de l’agriculture biologique et labellisés comme tels (et non pas simplement des aliments naturels : on peut avoir un potager et y déverser des tonnes pesticides, ou être contaminés par les champs alentours - A noter que l'appellation marketing «100 %naturel » ne répond à aucune définition réglementaire). 

 

Des contrôles
Tordons tout d’abord le cou à une idée reçue : Le bio est tout autant contrôlé que les aliments industriels, sinon plus. Et c’est simple à comprendre : non seulement les produits bio doivent répondre aux même critères et exigences que les produits alimentaires industriels ou « naturels » ; ils sont contrôlés de la même manière par les services de sécurité alimentaire. Mais en outre, afin d’obtenir leur label, les produits bio subissent des contrôles complémentaires et doivent être certifié par un organisme indépendant.
En clair, sur un plan purement factuel, le bio c’est la nourriture conventionnelle sans les pesticides et autres produits chimiques de synthèse, sans les conservateurs problématiques, sans les farines animales, etc. Mais ce n’est pas que cela. Qu’est ce qu’un label bio garantit précisément ?

 

 une forte majorité de substances naturelles,
 des matières de qualité qui ne perturbent pas l’environnement,
 une utilisation raisonnée des ressources naturelles,
 le respect des espèces et de la condition animale,
 un usage réduit et responsable des produits chimiques,
 des efforts de production et de recyclage,
 une recherche de la qualité du produit,
 une attention particulière aux conditions sanitaires, sociales et économiques des acteurs,
 un effort de transparence envers le consommateur.

 
(Source et plus d’information ici : http://www.biopreferences.com/blog/label-bio)

 

Retour sur l’origine de graines germées sources probable de la contamination avec E.Coli
Aux dernières nouvelles il s’agirait donc d’un lot de graines germées de fenugrec (plante proche du trèfle) qui serait à l’origine de la contamination. Plus intéressant est de voir le parcours des dites graines : « Arrivée en novembre 2009 dans le port d’Anvers en Belgique, la cargaison a ensuite été acheminée jusqu’à Rotterdam aux Pays-Bas, puis livrée à un importateur en Allemagne. Ce dernier a ensuite revendu le produit à des distributeurs en Allemagne et au Royaume-Uni ».
Ce qui m’amène à distinguer le bio paysan et le bio industriel.

 

Industrialisation du bionouveaux-esclaves-du-capitalisme.jpg
Le bio, comme on l’a constaté dans ce que recouvre le label éponyme, ce n’est pas seulement avoir une nourriture saine, mais également une philosophie : outre tout ce qui a été dit c’est aussi produire et consommer local (c’est un non-sens écologique d’importer des produits bio - parfois de très loin - cultivables localement). C’est aussi, entre autre, adapter son régime alimentaire en fonction des saisons (fruit, légumes de saison).
Or avec ces graines contaminés on se trouve en présence manifeste d’un détournement de « l’esprit bio » dans un objectif manifestement mercantile (maximisation des profits). A ce propos l’émission « Les nouveaux esclaves du capitalisme », évoquant le sort des ouvriers agricoles et tout à fait édifiant… Que l’alimentation soit bio ou non, lorsque la logique de l’agro-industrie se met en branle et s’impose le résultat est le même : un désastre écologique et sociologique.

 

De courte mémoire
L’épidémie de grippe aviaire : pointé du doigt les élevages industriels, particulièrement en Asie (Thaïlande, Indonésie, Chine) : probables foyers d’infection et propagateurs à l’échelle planétaire de l’épidémie.
farines-animales.jpgLe scandale des farines animales : alors qu’on nous annonce le possible retour en France de ces farines provoquant une infection dégénérative du système nerveux central des bovins (maladie de la vache folle).
Le bœuf et le veau aux hormones : hormones utilisées pour augmenter la croissance des animaux en favorisant la rétention d'eau dans les muscles. Elles ont été accusées d’être dangereuses pour la santé et d'avoir des effets délétères sur la fertilité humaine en développant la stérilité masculine. Interdites depuis 1988 par la Commission européenne (Aux États-Unis, plus de 95 % de la viande abattue est encore traitée aux anabolisants).
Le poulet à la dioxine : Scandale  en Belgique après la découverte de taux de dioxine anormalement élevés dans des aliments pour volailles et porcs (graisse contenant des huiles industrielles et de la dioxine incorporée frauduleusement dans l'aliment pour le bétail).

J’en oublie sans doute…

 

À propos d’E.Coli
E.Coli est une bactérie tueuse que l’on trouve principalement dans la viande préparée de manière industrielle. Présente dans le steak haché de burgers, l’E.coli a fait de nombreuses victimes dans les fast-foods. En France, chaque année, E.Coli tue 400 personnes.
Rappelons au passage que chaque année aux Etats-Unis, 325.000 personnes sont hospitalisées à cause de maux liés à l’alimentation et que 5000 en meurent. Et ce n’est pas de l’alimentation bio. Sur les problèmes de sécurité alimentaire causés par E.Coli, voir également l’article de Marie-Monique robin à ce sujet.

 

   

Evénements récents. L’industriel plus sûr ?..
Mort d’un adolescent de 14 ans en janvier dernier dans un fast food. Le décès est bien lié au repas pris chez Quick. 
Plus récemment, 7 enfants dans la région Nord Pas-de-Calais ont été infectés par des steaks surgelés de chez Lidl. 
Etc.

  

Au-delà de ces cas, en France on dénombre par an entre 250 000 et 750 000 cas d’intoxications alimentaires (plus de 2 millions au Royaume-Unis et 76 millions aux Etats-Unis, pays du fast food).

  
Quant à la mortalité en France :  70 000 ont fait l'objet d'une consultation aux urgences (113 pour 100 000 hab.)
 15 000 personnes ont été hospitalisées (24 pour 100 000 hab.) ;
 400 personnes en sont mortes (0,65 pour 100 000 hab. Pour comparaison, ce taux atteint 1,7 pour 100 000 hab. aux Etats-Unis) 

 

 

Jardinier-XXie.jpgOn s’aperçoit à l’évocation de ces chiffres que la visibilité médiatique d’un événement dépend très largement des « contraintes de ‘l’urgence’ et la quête du ‘nouveau’ » (2), ce à quoi s’ajoute cette tendance des gardiens de l’ordre social à se copier les uns les autres dans une course frénétique à la surenchère informationnelle, allant d’ordinaire dans le sens des intérêts des dominants. En découle, outre un brouillard de confusion propice à la désinformation, aux amalgames et à un relativisme ici pernicieux (tout se vaut), une mise en épingle sélective d’un fait particulier. Ce type de pratique participe évidemment à la fabrication de l’opinion, et dans le cas qui nous occupe, à l’emballement et aux vents de panique. « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». Et c’est ce qui s’est bel et bien passé avec ce haro sur le bio. Une autre citation me vient en tête, celle de Francis Bacon : « Calomniez, calomniez il en restera toujours quelque chose » ; et de fait, avec la crise des graines germées, la cohorte des affidés à la malbouffe et autre journaleux de salon, se sont empressés de préciser, avec un plaisir mal dissimulé, que ces graines étaient issues de l’agriculture biologique. Ajoutons à cela un petit reportage ou une note montrant que l’agriculture bio peut être dangereuse et le tour est joué. Or, en matière alimentaire le risque 0 n’existe pas. Et si dans les faits le Bio se révèle bien plus sûr et plus sain que la nourriture industrielle, à force de formules à l’emporte pièce et autre perfides approximation (ou simplement par incompétence notoire) certains finiraient par faire accroire que le Bio participe, au mieux, à une mode passagère onéreuse destinée aux bobos, et au pire, à une utopie rétrograde voulant nous faire régresser au néolithique, avec pour résultat une alimentation bien plus dangereuse pour la santé que la junk food, les tomates sous serre d’Almeria et autres plats issus de l’agriculture industrielle (pudiquement et fautivement baptisée « traditionnelle » - Comme si répandre des pesticide sur les cultures, bourrer les volailles d’anti-biotiques, gonfler les bœufs aux anabolisant, et autre joyeusetés  relevait de pratiques traditionnelles ! ). Quoi qu’il en soit, le but ce brouhaha est de semer le doute dans l’esprit du consommateur…

 

« nous sommes transpercés de paroles inutiles, de quantités démentes de paroles et d’images. La bêtise n’est jamais muette ni aveugle… » (3)

 

Agriculture-pesticides

 

Sur le fil de l’actualité, une émission récente « Du grain à moudre » dont le titre évocateur et délibérément ambigu « le bio est-il suffisamment surveillé ? », tout à fait dans ligne prise par cette tribune, se révèle à ce propos tout à fait symptomatique. Au-delà de la joute oratoire et des perles enfilées par l’animateur-producteur, du genre, « Quand même, si un produit à issue de l’agriculture à base d’OGM avait tué 48 personnes en un mois, je pense que cela aurait causé un certain scandale, après tout du niveau de la centrale de Fukushima ; puisque c’est une bonne cause étiquetée politiquement correcte, on s’est contenté un peu trop vite d’un : circulez y a rien à voir », les commentaires placés à la suite de l’émissions valent le détour, particulièrement la traduction d’un article dont certains diront qu’ils tombe dans la rubrique complotiste. Si sa conclusion peu prêter à sourire, de bonnes question y sont néanmoins posées.

 

Le selsel---meneton-copie-1.jpg
On estime que le sel, à lui seul est la cause d’environ 75 000 accidents cardio-vasculaires et 25 000 morts tous les ans en France.
Ce sel se trouve pour l’essentiel dans les plats cuisinés, plats à faire chauffer au four micro-onde, la charcuterie, etc.
Pourtant des chercheurs se mobilisent pour dénoncer ce scandale. Parmi eux, et le cas est exemplaire, Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm. Il s’est confronté frontalement au lobby du sel et a gagné le procès en diffamation qui l’opposait au Comité des salines de France.

« La surconsommation de sel tout au long de la vie, à des répercutions graves pour la santé (…) ».

 

 

 

 

 

 

 Part 1

 


Part 2
http://www.youtube.com/watch?v=ZA3cYBkYu2E&feature=mfu_in_order&list=UL

 
Part 3

   

Nourriture industrielle comme facteur favorisant le fléau de l’obésité :
L’explosion de l’obésité, directement corrélée à la nourriture industrielle de masse, est cause de childhood-obesity-junk-food-high-calories.jpgnombreux décès. « Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, l'obésité est devenue un problème de santé publique majeur, encore plus important que la malnutrition et les maladies infectieuses. L'OMS estime que d'ici 2015, quelque 2,3 milliards d'adultes auront un surpoids et plus de 700 millions seront obèses.
Une personne obèse a un risque accru de mort prématurée (maladies coronariennes et certains cancers). Elle est susceptible de souffrir de maladies cardiovasculaires, d'être hypertendue, de faire des accidents vasculaires cérébraux, d'avoir un diabète non insulinodépendant ou dit de type II, de connaître l'apnée du sommeil, l'arthrose, l'infertilité, etc. Un tiers des obèses est diabétique (diabète de type 2) ; mais surtout 80 % des diabétiques sont obèses ». 
 Par ailleurs, « l'obésité, qui engendre une diminution d'espérance de vie de cinq à quinze ans, … », frappe prioritairement les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées. De la à titrer que l’obésité est la maladie de la pauvreté il n’y a qu’un pas. Et de fait les plus pauvres n’ont souvent, faute de moyens suffisants, accès qu’aux aliments, souvent premiers prix, issus de l’agro-industrie ; ceux qui sont « très caloriques riches en graisses et en sucres mais pauvres en vitamines, en minéraux et autres micronutriments, etc. ».

 
Du sucre, des graisses et autres conservateurs nuisibles à la santé
Dans son livre, Toxic food, William Raymond  avance que seuls 5 à 10 % des cancers sont d’origine génétique et que 70% de certains cancers sont d’origine alimentaires. Au delà des ergotages à la marge, il n’est qu’à lire les compositions des aliments proposés à la vente par les agro-industries : conservateurs nuisible pour la santé, sirops en excès, produits hydrogénés, sucres industriels, substances addictives. On trouve ce genre de produit partout, jusque dans certaines vitamines. Comment alors s’étonner, par exemple, de l’accroissement fulgurant des diabètes de type II, qui normalement concerne les adultes à partir de 40 ans environ, et atteint aujourd’hui de plus en plus d’enfants ?
Dans le film de Philippe Borrel, Alerte dans nos assiettes, un terme revient de manière récurrente : épidémie. Il me semble que le vocable empoisonnement délibéré conviendrait mieux. mort.jpeg
Pour le visionnage intégral de l’enquête : http://aevigiran.over-blog.com/article-alimentation-trop-de-sucre-trop-de-sel-trop-de-gras-64367206.html
L’entretien (en trois parties) de William Raymond sur la télévision québécoise à propos de son ouvrage Toxic food vaut également le détour.

 

Des OGM
Quelques mots tout même des OGM, même si ce n’est pas directement le sujet du débat. Je ne résiste pas à proposer cette vidéo de Christian Vélot, tout incitant à aller l’écouter dans cette émission : http://www.terreaterre.ww7.be/ogm-tout-va-tres-bien-mme-la-marquise.html

   

 

 

ESPERANCE DE VIE (en bonne santé)
Si l’espérance de vie est aujourd'hui en France de 84,5 ans pour les femmes et 77,8 ans OGM vache pour les hommes, à l’heure où nos oligarques repoussent l’âge de la retraite, il est bon de savoir que l'espérance de vie en bonne santé  (4)tombe à 63,1 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes. Ainsi, selon un article collectif paru dans le Monde du 23 septembre 2010, « Tout démontre que l'espérance de vie en bonne santé et encore plus l'espérance de vie tout court sont menacées par la montée des maladies chroniques qui se sont substituées aux maladies infectieuses comme cause dominante de mortalité et de morbidité ». Et dans le même article d’enfoncer le clou : « L'augmentation actuelle de l'espérance de vie à la naissance est essentiellement celle des personnes nées au début du XXe siècle, principalement en milieu rural, dans un environnement peu pollué et avec un mode de vie plutôt sain au moins jusqu'à l'âge adulte. La tendance actuelle, en matière d'espérance de vie, risque de s'inverser lorsque les générations nées après guerre vont vieillir. Ces dernières ont vécu dans un univers totalement différent de celui de leurs aînés. Polluées dès la vie fœtale par les substances chimiques de synthèse, elles ont mangé, souvent dès la naissance, une nourriture plus ou moins déséquilibrée (trop de sucre, d'aliments raffinés, de produits appauvris par des transformations industrielles, etc.), effet amplifié par le développement de la sédentarité ». D’ailleurs, aux Etats-Unis selon rapport publié en décembre 2010 par le NCHS (Centre national des statistiques de santé) cette tendance s’observe déjà sur l’espérance de vie moyenne, qui est passée de 77,9 ans en 2007 à 77,8 ans en 2008, alors que depuis 1970, l'espérance de vie des Américains augmentait en moyenne de 2,6 mois par an.


En guise de conclusion
Etrange époque décidément que la notre, où l’on s’inquiète jusqu’au ridicule du moindre bobo de sa progéniture, alors qu’on la gave quotidiennement de poison. Mais nous ne sommes plus à un paradoxe près. Il fut un temps, où sur mon destrier blanc, je parcourais les villes et les champs toujours prêt à pourfendre l’ennemi de la malbouffe. Cette époque fut l’occasion de moult combats, d’escarmouches et autres chausse-trappes : toutes des guerres féroces et sans panache dont on ne sort pas indemne… Rétrospectivement, que d’énergie dépensée en vain ! S’il m’a fallut longtemps avant de comprendre qu’on ne peut pas contraindre à faire boire un âne qui n’a pas soif, je me loue néanmoins de m’être frotté et avoir parfois préféré « ceux qui, bien que d’un bord intellectuel ou politique différent du mien, m’ont aidés à réfléchir, à ceux qui, de mon ‘camp’, m’ont incité plutôt à patauger dans un marécage d’évidence ! » . Aussi, que ce collègue m’ayant suscité l’envie de cette petite enquête soit ici remercié.

serres-almeria.jpg
Si enfin désormais mon état d’esprit pourrait se résumer par la formule : Que chacun s’empoisonne s’il en a envie (j’exclus ici ceux qui hélas n’ont pas d’autres choix que de consommer les camelotes de l’industrie alimentaire), je considère aussi que les vertus de l’exemple, dénuée d’une mise en accusation du mode de vie d’autrui, valent mieux que mille discours. Et plus que tout, en contribuant dans une modeste mesure au partage et à la diffusion d’éléments tangibles et concrets, sur un sujet d’importance cruciale en nos sociétés, j’espère aider à déjouer les sophismes et autres techniques de désinformations malhonnêtes que l’on nous sert à longueur de jours. Bref qu’on sera moins démunis face à la cohorte de ceux qui voudraient nous faire « prendre des vessies pour des lanternes ».     


 TOXIC

 

 

 

 


 PIECES A CONVICTION - Assiette-tous-risques  

  

  

 Notes :

(1) Depuis la mi-mai, ce microbe très virulent a fait 51 morts (49 en Allemagne, un en Suède et un aux États-Unis) et plus de 4.000 malades, principalement en Allemagne).

(2) Philippe Corcuff, B;a-ba philosophique de la politique, p 29

(3) Gilles Deleuze.

(4) Définition de l’Insee : "Absence de limitation d'activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et absence d'incapacité." L’article paru dans le Monde du 23 09 2010 précise : " Ainsi, une personne en rémission d'un cancer, un diabétique correctement soigné ou quelqu'un ayant eu un pontage coronarien sont en bonne santé ".  

 

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Published by Axel Evigiran - dans Ecologie politique
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commentaires

Elly 08/05/2014 20:20


Cher Axel,


 


Vous languissez de voir le soleil printannier ? Il va falloir travailler la patience, faire un petit exercice spirituel ;-)


 


Si je pouvais, je vous donnerais un morceau de soleil.  Sinon, vous pouvez aussi migrer vers le sud, l'île de Porquerolles, par ex, est un petit paradis sur terre...


 


Vous avez raison au sujet des instits, profs, etc. Je généralise, certains sont très bien, et heureusement !


 


Lu ce haïku de Bashô ce soir, que je vous transmets :


 



Dans le champ de colza
Les moineaux font mine
De contempler les fleurs


 


à+


Christine


 

Axel 08/05/2014 10:32


Chère Christine,


 


Il est bon de pousser de temps à autres des coups de gueule. C’est salutaire !


Il est vrai que de l’extérieur on a tendance en général à idéaliser. Genre : le paysan est au contact avec la nature, il travaille quelques mois par an et peut vivre en autarcie… Et si c’est bio,
c’est encore mieux. Votre témoigne le montre fort bien. Entre le rêve et le réel il y a un gouffre.


Pour ce qui est du corps enseignants il en va de même. Le préjugé est aussi tenace – certes il en est un certains nombre qui s’efforcent de ressembler à la caricature qu’on a d’eux. Mais parler
en général des « enseignants » est trompeur car les situations (et les motivations), sont  en réalité fort différentes. Entre un professeur du technique en ZEP et un instituteur de
maternelle dans un quartier de notables, ou un professeur d’université prestigieuse, il n’y a rien à voir… Entre celui qui fait vocation de passeur et celui qui a un gros poil dans la main, rien
à voir non plus (les uns et les autres se repèrent assez vite – je ne suis pas du tout enseignant, mais en côtoie assez pour avoir ma petite idée sur le sujet)… 


 


Ici encore un ciel gris à désespérer du printemps. 


Très bonne journée à vous


Axel

cl 08/05/2014 01:33


hé ouais ... et comme ça m'énerve ceux qui vantent et consomment les produits bio rien que pour préserver leur petite santé, et celle de leur projéniture roi, enfants de parents tyrans.  


 


Une maman instit (je dois dire qu'en général, je n'aime pas trop instits et profs, j'ai d'énormes préjugés à leur encontre) m'avait dit, un jour, alors que nous lui fournissions un panier de
légumes hebdo (genre syst. amap) : "tu comprends, l'été, on ne prend pas de panier, parce que je suis instit, mon mari prof, alors on vadrouille, vacances quoi." Mais oui, je comprends fort bien,
de notre côté, nous ne partons jamais en vacances l'été (de toute façon la mer c'est pourri de monde, mieux vaudrait la montagne, hélas... je pars seule avec mes gosses.) Non, l'été on sue, et
même que mon compagnon se relève dans la nuit pour gérer les arrosages par temps sec, car si pas de légumes, pas d'entrée d'argent) et puis si tous les clients désertent en été, alors que la
production bat son plein, il faut songer à faire un 3èjour de marché, le dimanche en l'occurence, dans la méga ville d'à côté. 60h/sem. Qui s'imagine le bouleau d'un paysan bio d'auj qui se fait
chier à faire essentiellement de la vente directe, à gérer une ferme de taille "humaine", avec polyculture élevage (biodiversité faut comprendre).... Sans parler des salariés qui pensent que tous
les patrons sont des cons. Pauvres de nous, qui étions dans notre jeunesse fort anarchiste/libertaires... bref.


 


L'agriculture bio, même industrielle, est moins pire que la conventionnelle : c'est chez les agriculteurs conventionnels qu'il y a le plus fort taux de suicides. Et même si des jeunes idéalistes
s'installent en bio, pour se casser la gueule quelques années plus tard, et se retrouver chez Solidarité paysan par ex, ils sont sans doute moins malheureux que les autres, qui sont vraiment à
plaindre.


 


C'est que la vie de paysans auj, tout confondus, bio / pas bio, c'est une tonne d'administratifs, et des contrôles + comptes à rendre à tout va, du commerce (berk) et du relationnel (encore plus
berk des fois) pédagogique ou argumentatif (lassant), à entendre toujours les mêmes discours : "oui, moi aussi j'ai un jardin et tout est bio." (alors que moi, ce n'est pas un loisir, c'est
quelques hectares, 60h de travail par sem), du style je pourrais vous donner des conseils... Quand on ne vient pas le dimanche nous rendre des visites impromptues la bouche en coeur : ha ben, je
pensais que c'était ouvert, votre ferme. Non, hé non, on a le droit d'être fermé le dimanche, et svp, cessez de nous appeler le samedi soir, on voudrait se déconnecter du travail.


 


Heureusement, il arrive aussi qu'on se marre. Une cliente au marché lui avait dit une fois, à mon compagnon, que ses carottes étaient tellement délicieuses que ça lui donnait envie de les
sucer... véridique.  (loool). Je crois qu'il est victime de drague quelquefois.


 


re-bref ! Depuis quelques années, parler d'agriculture me déprime, et me rend même aigrie. A 23 ans, je quitte la grande ville pour croire que "si le blé me file du bonheur, je me ferais
peut-être agriculteur"... mais on déchante. Le speed n'est pas réservé qu'aux cadres. Et être paysan, c'est devoir être multi-compétent. Ah, quelle lassitude ! Quelle société infecte parfois.
Vivement que je me transmute en Zoé... 


 


Désolée, cher Axel, mais ça fait du bien de pousser un coup de gueule même quelque peu hors sujet.


 


Très bonne journée


Christine

Axel 15/06/2012 17:34


J'ajoute ici le commentaire reçu ce mercredi par courriel.


L'auteur : Emmanuel (merci de sa contribution)


= = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = =


Bonjour,


 


j'ai bien lu votre article et si je puis faire un commentaire pour rendre les choses plus claires, il suffirai d'étudier les forces en présence du point de vue économique et de publier les poids
en termes de capital des industries incriminées. 


 


Il est alors très clair et synthétique de voir qui tirent les ficelles (Goliath est les industriels, David sont les fermes BIO), qui possédent les médias, et qui n'a pas intérêt à ce que le
peuple travailleur et exploité soit libre et en bonne santé. 


 


En effet après la tonte du salarié de son entrée dans le monde du travail à la retraite via la masse de produits de mauvaise qualité vendu à prix d'or qui lui sont vendus sous le couvert d'un
choix pléthorique (les petits gateaux, les salés, les patisseries, sont essentiellement du blé et du sucre donc profitent aux industriels de l'agroindustrie, les produits pour entretenir la
maison avec des étiquettes inflammables, ...) et l'endormissement des masses par des mass médias aux ordres (Lagardère, Dassault et Bouygues sont possesseurs de l'ensemble des réseaux français
d'information, eux même possessions de grandes banques US), l'exploitation de ses gains via maintes taxes et impôts (la France est le 6eme pays le plus taxé en UE), et son endoctrinement via un
système éducatif directement enfant de l'église (qui produit du consommateur docile et obéïssant pas du penseur libre et intelligent qui questionne les valeurs imposées), vient un moment où il
conv ient du point de vue des dominants d'éliminer ses élements non producteurs donc non exploitables. C'est la retraite, ce qui permet encore aux dominants de récupérer leur mise via l'industrie
pharmaco-chimique qui s'occupe de détruire rapidement le restant de vie des ex-salariés.


 


Quand on regarde les chiffres et qui gagnent au crime, tout est clair et nous vivons comme un troupeau de mouton destiné à nourrir un petit nombre de loups fainéants, organisés et assoiffés de
notre sang: les dominants.

Axel Evigiran 06/03/2012 10:57


Un grand merci pour votre contribution.

Je viens de lire votre article sur les poissons et, hélas, vous résumez fort bien la chose…
Faire ses achats alimentaires en consom’acteur relève de l’exploit ; une course à l’information (et à la vérification de sa pertinence). Bref un parcours semés d’embuches et de chasses-trappes
chaque jour plus insidieux… Parfois on aurait envie de baisser les bras. A quoi bon ! se dit-on alors… Puis on se reprend et l’on fait au mieux, sans pour autant y user toute son énergie.

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