Partager l'article ! Baudelaire : Le monde va finir, lettre à Wagner et tristesse de la lune: J’eus une surprise ce mardi - demi-surpri ...
J’eus une surprise ce mardi - demi-surprise pour être tout à fait sincère – ; minuscule stupéfaction agrémentée d’un
sourire de contentement à la lecture du menu des réjouissances pour cette nouvelle session hebdomadaire des NCC.
Et mon étonnement ne vint pas tant de ce choix si délicieux d’une thématique crépusculaire si chère aux âmes inquiètes, que
de l’identité de l’un des invités de la semaine. Baudelaire ! Que rêver de mieux, en effet, que ce prince des nuées pour
accompagner les rêveries un peu sombres des voyageurs embarqués sur le trois-mâts de la docte indolence !
« Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d'une main distraite et légère caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins,
Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l'azur comme des floraisons.
Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,
Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil » (1).
Rien de moins idéal en cette fin d’hiver un peu morose…
Cette singularité, disais-je donc, prit sa source pour moi ailleurs que dans les vers de ces « anges à l’œil fauve » qui s’en viennent nous susurrer à l’oreille, d’un air moqueur, que « le monde va finir »… Dans son livre éponyme, André Hirt, à propos de cette pièce la plus la plus longue des Fusées, avance l’idée d’une « prophétie contre l’histoire ». Et de s’en expliquer : « Ce dit, ce dict de la prophétie, à la lettre, nous dit. Il dit ce que nous sommes, ce que nous sommes devenus et ce que nous allons devenir. Il véhicule un travail de vérité. (…) C’est que les hommes estiment manifestement à tort que l’histoire est ce à quoi ils commandent, qu’elle n’est que l’effet conjugué de leur volonté, de leur intelligence technique et de la soumission du cours des choses à leurs desseins, alors qu’elle, l’histoire, n’est que ce par et dans quoi, en sa ‘décrépitude’ – ce mot si baudelairien -, elle ramène, voire rabat les hommes sur leur inexorable nature » (2). Je suis parfaitement incompétent pour savoir si cette interprétation relève ou non de l’orthodoxie Hégélienne. Tout ce que je puis dire, c’est que si je partage l’évidence de la prophétie baudelairienne, je ne suis pas certain de suivre les linéaments de cette analyse jusqu’à son terme. La nature des hommes je ne sais pas ce que c’est. Mais là n’est pas le propos.
Trêve de digression.
Ce mardi Adèle Van Reeth recevait donc André Hirt pour une belle causerie autour d’une lettre que Baudelaire adressa à
Wagner le 17 février 1860 (soit jour pour jour, par rapport à la date de ce billet 152 ans – ou encore très exactement 55.517 jours ; étrange singularité sur laquelle ne manqueront pas de
s’appesantir, soyons en assurés, les dévots es numérologues et autres messieurs ou mesdames Soleil ! ).
S’il fut évidemment question, lors cet échange érudit, du rapport que le poète entretenait à la musique, matière qui
enchanta mes tympans au-delà de ce que j’aurai pu croire, je me dois de confesser du bout des lèvres que je ne goûte que fort peu la musique classique (moue consternée parmi les quelques lecteurs
échoués ici).
Alors pourquoi telle attention, au point d’en décider d’un petit billet ? Et bien il s’avère tout simplement qu’André Hirt
se trouve être cette année le professeur de philosophie de ma fille.
Traducteur de Walter Benjamin et Hégélien dans l’âme – ce qui m’avait dépité en ce début d’année –, outre Baudelaire les
préférences du maître le portent vers Musil ou Karl Kraus. Voilà
qui est bien plus réjouissant ! Et plus que tout, il semble être un pédagogue hors pair. Pour preuve un soir, c’est stupéfait que je vis ma fille brandir un ABC d’apprentissage de la langue
germanique qu’elle venait d’acheter de ses propres deniers.
Ah le pouvoir qu’exercent ces professeurs de philosophie !
Enfin, pour l’anecdote, j’ajoute que j’ai, sous la forme d’un clin d’œil, ajouté aux cadeaux de Noël de ma studieuse progéniture, l’ouvrage dont il a été question un peu plus haut, « Baudelaire, le monde va finir ». Je crois que ce présent l’a plus contenté que tout le reste !
Voici enfin cette fameuse lettre :
Vendredi, l7 février 1860
Monsieur,
Je me suis toujours figuré que si accoutumé à la gloire que fut un grand artiste, il n'était pas insensible à un compliment sincère, quand ce compliment était comme un cri de reconnaissance, et enfin que ce cri pouvait avoir une valeur d'un genre singulier, quand il venait d'un français, c'est-à-dire d'un homme peu fait pour l'enthousiasme et né dans un pays où l'on ne s’ entend guères plus à la poésie et à la peinture qu'à la musique. Avant tout, je veux vous dire que je vous dois la plus grande jouissance musicale que j'aie jamais éprouvée. Je suis d'un âge où on ne s'amuse plus guères à écrire aux hommes célèbres, et j'aurais hésité longtemps encore à vous témoigner par lettre mon admiration, si tous les jours mes yeux ne tombaient sur des articles indignes, ridicules, ou on fait tous les efforts possibles pour diffamer votre génie. Vous n'êtes pas le premier homme, Monsieur, à l’occasion duquel j'ai eu à souffrir et à rougir de mon pays. Enfin l'indignation m'a poussé à vous témoigner ma reconnaissance; je me suis dit: Je veux être distingué de tous ces imbéciles.
La première fois que je suis allé aux Italiens, pour entendre vos ouvrages, j'étais assez mal disposé, et même, je l'avouerai, plein de
mauvais préjugés; mais je suis excusable; j'ai été si souvent dupe; j'ai entendu tant de musique de charlatans à grandes prétentions. Par vous j'ai été vaincu tout de suite. Ce que j'ai éprouvé
est indescriptible, et si vous daignez ne pas rire, j'essaierai de vous le traduire. D'abord il m'a semblé que je connaissais cette musique, et plus tard en y réfléchissant, j'ai compris d'où
venait ce mirage; il me semblait que cette musique était la mienne, et je la reconnaissais comme tout homme reconnaît les choses qu'il est destiné à aimer. Pour tout autre que pour un homme
d'esprit, cette phrase serait immensément ridicule, surtout écrite par quelqu'un qui, comme moi, ne sait pas la musique, et dont toute l'éducation se borne à avoir entendu (avec grand plaisir, il
est vrai) quelques beaux morceaux de Weber et de Beethoven.
Ensuite le caractère qui m'a principalement frappé, ç'a été la grandeur. Cela représente le grand, et cela pousse au grand. J'ai retrouvé partout dans vos ouvrages la solennité des grands bruits, des grands aspects de la Nature, et la solennité des grandes passions de l'homme. On se sent tout de suite enlevé et subjugué. L'un des morceaux les plus étranges et qui m'ont apporté une sensation musicale nouvelle est celui qui est destiné à peindre une extase religieuse. L'effet produit par l'Introduction des invités et par la Fête nuptiale est immense J'ai senti toute la majesté d'une vie plus large que la nôtre. Autre chose encore : j'ai éprouvé souvent un sentiment d'une nature assez bizarre, c'est l'orgueil et la jouissance de comprendre, de me laisser pénétrer, envahir, volupté vraiment sensuelle, et qui ressemble à celle de monter dans l'air ou de rouler sur la mer. Et la musique en même temps respirait quelquefois l'orgueil de la vie. Généralement ces profondes harmonies me paraissaient ressembler à ces excitants qui accélèrent le pouls de l'imagination. Enfin, j'ai éprouvé aussi, et je vous supplie de ne pas rire, des sensations qui dérivent probablement de la tournure de mon esprit et de mes préoccupations fréquentes. Il y a partout quelque chose d'enlevé et d'enlevant, quelque chose aspirant à monter plus haut, quelque chose d'excessif et de superlatif. Par exemple, pour me servir de comparaisons empruntées à la peinture, je suppose devant mes yeux une vaste étendue d'un rouge sombre. Si ce rouge représente la passion, je le vois arriver graduellement, par toutes les transitions de rouge et de rose, à l'incandescence de la fournaise. Il semblerait difficile, impossible même d'arriver à quelque chose de plus ardent; et cependant une dernière fusée vient tracer un sillon plus blanc sur le blanc qui lui sert de fond. Ce sera, si vous voulez, le cri suprême de l'âme montée à son paroxysme.
J'avais commencé à écrire quelques méditations sur les morceaux de Tannhäuser et de Lohengrin que nous avons entendus; mais j'ai reconnu l'impossibilité de tout dire.
Ainsi je pourrais continuer cette lettre interminablement Si vous avez pu me lire, je vous en remercie. Il ne me reste plus qu'à ajouter que quelques mots. Depuis le jour où j'ai entendu votre musique, je me dis sans cesse, surtout dans les mauvaises heures: Si, au moins, je pouvais entendre ce soir un peu de Wagner! Il y a sans doute d'autres hommes faits comme moi. En somme vous avez dû être satisfait du public dont l'instinct a été bien supérieur à la mauvaise science des journalistes. Pourquoi ne donneriez-vous pas quelques concerts encore en y ajoutant des morceaux nouveaux? Vous nous avez fait connaître un avant-goût de jouissances nouvelles; avez-vous le droit de nous priver du reste? Une fois encore, Monsieur, je vous remercie; vous m'avez rappelé à moi-même et au grand, dans de mauvaises heures.
CH. BAUDELAIRE.
Je n 'ajoute pas mon adresse, parce que vous croiriez peut-être que j'ai quelque chose à vous demander
(1) Baudelaire, Tristesse de la lune – Les fleurs du mal.
(2) André Hirt, Baudelaire. Le monde va finir P25-26. Ed Kimé.
Bonjour Axel,
Jeudi, l'invité Baudelaire était Jacques Darriulat. L'effroi de la bêtise. Il a prononcé cette phrase : "Penser, c'est peser le néant".
Chère Constance,
Ne pourrait-on pas affirmer également l’inverse : penser, c’est sortir du néant ?
Du néant des « influences sournoises »,
du néant de la sottise,
de l’infantilisation des masses ?
Excellente soirée à vous, Virginie.
Bonjour, Axel,
« C'est à la fois un grand fainéant, un ambitieux triste, et un illustre malheureux ; car il n'a guère eu dans sa vie que des moitiés d'idées. Le soleil de la paresse, qui resplendit sans cesse au dedans de lui, lui vaporise et lui mange cette moitié de génie dont le ciel l'a doué». Quand je lus à vingt ans ce portrait de Samuel Cramer dans La Fanfarlo, je crus que Baudelaire avait eu une vision anticipée du type que j'étais et que, sans doute, je suis resté.
Génie visionnaire des poètes...
Bien à vous,
Frédéric
Chère Constance,
Précision utile… Si « Penser, c’est peser le néant. » entendu en tant qu’une lucidité accrue, alors nous sommes d’accord. La nuance à (ap)porter – enfin, me semble-t-il – se situe entre ce qui sépare « La pensée » de « La lucidité ». L’une découlant de l’autre.
Comme l’indique avec clarté Frédéric Schiffter : « Quand elle s’exprime, la lucidité ajoute à la dureté du réel. »
Bien à vous, Virginie.
Cher Frédéric,
Ne saurait-il y avoir d’autre « Génie » que celui – comme le dit si bien Cédric Villani – qui sort de sa lampe ? … Magique ?
Bien à vous, Virginie.
Bonsoir, Virginie,
Cette maxime sur la lucidité, m’a été inspirée par un lointain aïeul de Baudelaire, esthète du spleen, hédoniste exténué, dandy du renoncement : l’Ecclésiaste. « Qui augmente son savoir, ajoute à sa souffrance », écrivait-il. Nous sommes aux antipodes de Spinoza et de Freud qui pensaient que prendre connaissance de ses affections (Spinoza) ou de nos mécanismes psychiques (Freud), c’était , dans une certaine mesure, s’en émanciper. Illusion des philosophes ! Lucidité du désenchanté.
À bientôt,
Frédéric
Chère Virginie,
Merci pour votre réponse et votre précision.
En effet, nous sommes d'accord. Si penser, c'est peser le néant alors c'est y voir plus clair. Penser c'est prendre la voie de l'acceptation du réel, et pourquoi pas, créer un chemin vers la joie (et non vers les plaisirs, je fais cette distinction).
Si vous le permettez, je mets ici la phrase citée par Hubert Reeves : "L'Univers est étrange. Il faut bien s'habituer à cela. L'Univers est plus étrange que nous le pensons, il est même plus étrange que ce que nous sommes en mesure de (le) penser. Il faut garder ça derrière la tête."
Chère Constance, votre citation d’Hubert Reeves ne pouvait pas me faire plus plaisir.
L’esprit d’une citation en dit souvent plus qu’un long discours…
« Cette rencontre [avec Joseph-Henri Le Tourneaux] a été l'un des faits marquants de mon adolescence. Il m'est difficile de déterminer à quel point elle est arrivée au non moment pour semer dans un terreau propice les germes de ce qui susciterait mes joies les plus profondes. Je m'imbibais de son enthousiasme, de nos promenades sur le lac, j'appréciais tout cela jusqu'à la délectation. Son aura, la valeur qu'il donnait aux choses de l'esprit et de la culture, créaient une atmosphère exaltante. Il était, en quelque sorte, le grand prêtre qui donnait leur sens aux idées. Contrairement à nos professeurs qui, quelle que fût leur valeur, « étaient là pour ça » - ce qui ternissait en quelque sorte leur crédibilité -, la gratuité de son approche garantissait que tout, là, était digne et vénérable... bien au-delà du cadre et du temps de scolarité. Il faisait reculer toujours plus loin l'horizon des connaissances et donnait l'envie d'aller jusque-là, et même au-delà » Hubert Reeves, Je n'aurai pas le temps, Seuil P 57.
La magie d’une rencontre, que voulez-vous, procure aux vers de terre que nous sommes une infinie portion d’étoiles.
Bonne journée à vous, Virginie.
Lien ajouté sur BAUDELAIRE :
http://baudelaire.litteratura.com/
Dans Mon cœur mis à nu ou Fusées, je ne sais plus, Baudelaire prétend qu'"aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste". Là, je trouve qu'il exagère.
Je ne sais quasi-rien de la vie sentimentale de Baudelaire, mais j’ai l’impression qu’il se venge ici de son physique plutôt ingrat.
En allant d’ailleurs y jeter un œil je découvre que sa muse fut une certaine Jeanne Duval décrite de manière tout à fait contradictoire selon les goûts ou préjugés des messieurs :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Duval
Quant à l’influence de la dame difficile de se faire une idée précise :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Duval#Influence_de_Jeanne_sur_Baudelaire
Cher Axel,
La misogynie est une pensée triste sans être forcément accompagnée de l'idée de sa cause, à savoir telle ou telle femme en particulier. J'y vois un désir — sans effet — de n'être pas dupe de l'amour que les femmes suscitent en nous — un amour de midinets dans la mesure où nous nous figurons, en aimant, accéder à l'idéal.
La misogynie est donc la peur de sombrer dans le ridicule en devenant amoureux — ce qui est le cas. Elle est amusante quand elle demeure à l'état d'humeur cynique comme chez Schopenhauer, Nietzsche, Baudelaire, Huysmans, Léautaud, etc., et qu’elle éructe comme une colère et une mauvaise foi. Elle est pénible quand elle est idéologique comme chez les tenants des dogmes religieux, fussent-ils laïques comme Proudhon. Elle est plus moralisatrice encore dans sa version politique, à savoir le féminisme — non celui de nos pétroleuses anti-proudhonniennes qui s'en tenaient à de légitimes combats égalitaristes, mais celui des théoriciennes d'une essence féminine à laquelle croient aussi bien de misogynes mâles.
À propos de mauvaise humeur misogyne voici un lien que vous connaissez sans doute.
Bien à vous,
Frédéric
http://lephilosophesansqualits.blogspot.com/2011/06/les-bonnes-femmes-6.html
Cher Frédéric,
La misogynie comme mouvement d’humeur et de mauvaise foi par crainte de sentir enchaîné à l’amour, oui, sans doute avez-vous raison. Raison aussi à mon sens de séparer cette misogynie là de celle des dogmatiques tels Proudhon et autres tristes sires…
A ce propos, je pensais prochainement publier un petit billet regroupant les quelques citations que j’ai tirées de l’hallucinant « Pornocratie » ; mais comme je sais que vous pensiez vous emparer du sujet je m’en voudrai de vous doubler… Je conserve donc pour l’heure cette matière en réserve.
Un mot des féministes, ou plutôt comme vous le dites fort bien, de ces théoriciennes de l’essence féminine : parmi celles-ci, dotées de ce don formidable d’agacer l’auditoire jusqu’à nausée avec leur morale moralisatrice – femme ‘non militantes’ y compris -, je me souviens qu’à leur grande époque certaines Chiennes de garde ont pu cristalliser chez moi toute l’incompréhension à écouter de si clivant discours. C’est que je trouvai leur démarche tout à fait contre-productive (un peu comme ces ligues antiracistes qui ne font que renforcer ce qu’ils prétendent combattre)… Et de telles furies ont se tiens à distance.
Tout à rebours côté de celles et ceux prônant le libéralisme marchand dans le domaine des mœurs, l’insupportable caquètement de Marcella Iacoub arrive chez moi en tête de liste…
Aller, quitte à passer pour l’un de ces affreux misogynes – ce que je pense ne pas être, mais il y a chez moi une espèce d’instinct de provocation irrépressible – je finirai par une vielle sentence tirée de Philemon :
« La femme est un mal nécessaire ».
Très bon début de week à vous.
Amicalement
Axel
Cher Axel,
Allez-y pour la Pornocratie de Proudhon.
J'attends avec impatience votre billet.
Bon ouiquinde,
Frédéric
P.S.: Les oiseaux revivent avec ce pré-printemps. Ils sont extrêmement bruyants. Sans égard pour mes siestes.
Ajout d'un lien vers un blog consacré à Baudelaire
- espace mort / assoupi, mais s'y trouve quelques belles images. Particulièrement celle ou le voit attablé...
http://charles-baudelaire.skyrock.com/