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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:40
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A vous toutes
que l’on aima et que l’on aime
icône à l’abri dans la grotte de l’âme
comme une coupe de vin
à la table d’un festin
je lève mon crâne rempli de poèmes
Souvent je me dis et si je mettais
le point d’une balle à ma propre fin
Aujourd’hui à tout hasard je donne
mon concert d’adieu
Mémoire !
Rassemble dans la salle du cerveau
les rangs innombrable des biens-aimées
verse le rire d’yeux en yeux
que de noces passées la nuit se pare
de corps et corps versez la joie
que nul ne puisse oublier cette nuit
Aujourd’hui je jouerai de la flûte sur
ma propre colonne vertébrale
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V Maïakowsky 1915
extrait de “La flûte des vertèbres”
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Mayakovsky_1910.jpg
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Une biographie de V. Maiakovsky, ce géant controversé  – sans concessions, mais nuancée…
« Ils l'ont tué une seconde fois » dira Pasternak, après la réhabilitation post mortem du poète par Staline.
 
     
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complot-bronswick.jpg
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Un groupe qu'il me plaisait à écouter, il y a de cela des années. Particulièrement cette chanson, A vous toutes, dont j'ignorais alors la source des paroles.
A l'origine du nom du groupe, un film d'animation,The Bronswick affair.
"En 1964, un curieux phénomène défraya la manchette des journaux à travers le monde. L'Iconaki, une puissante multinationale, fut alors soupçonnée d'avoir mis au point et distribué la «Bronswik», un appareil de télévision apparemment inoffensif mais dont la fonction était de pousser les téléspectateurs à acheter, en quantités démesurées, débordant tout bon sens, certains produits de consommation."
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Pour voir le film, cliquer sur la télévision :
Bronswick-affair.jpg
     

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commentaires

Pascal Klein 01/06/2012 01:27


(...)"La formidable hémorragie d'intellectuels qui constitua une partie si importante de l'exode général de la Russie soviétique dans les premières années de la Révolution bolchévique apparaît
aujourd'hui comme l'odyssée de quelque tribu mythique dont je relève, dans la poussière du désert, les hiéroglyphes lunaires et ornithiques.  Nous demeurâmes inconnus des intellectuels
américains (qui, ensorcelés par la propagande communiste, ne voyaient en nous que des seigneurs de la guerre, des rois du pétrole et de lugubres dames à lorgnons). Aujourd'hui, ce monde s'est
éteint. Disparus les Bounine, Aldanov, Rémizov. Disparu, Vladislav Khodassévitch, le plus grand poète russe que le XXème siècle ait encore produit. Les vieux intellectuels disparaissent
maintenant et n'ont pas encore trouvé de successeurs dans les personnes déplacées des deux dernières décades qui ont amené avec eux à l'étranger l'esprit provincial et philistin de leur patrie
soviétique.(...)"


Vladimir Nabokov. Montreux, le 28 mars 1962.

Ewa 31/05/2012 21:36


La poésie de Maïakovski est déclamée et chantée dans les cafés-théâtres et clubs d’étudiants à Moscou. J’y étais. J’ai vu, entre autres, un beau spectacle inspiré du poème
« Люблю « (J’aime) de Maïakovski. Pour l’anecdote, le préfet de police de Riga avait ordonné en son temps la confiscation de ce poème à cause de "trop d’érotisme". :~)
Je répète donc, Maïakovski est apprécié dans certains milieux, mais je veux bien admettre que depuis cinq ans, les choses ont changé. 


 


Quant à Pouchkine, c’est vrai qu’il personnifie la poésie pour les Russes, car il représente la quintessence de la Russie, il a simplifié et modernisé la langue russe, il a largement contribué à
l’émancipation de la littérature russe, etc.  Les nationalismes se sont amplifiés, intensifiés avec la chute de l’URSS, les Russes éprouvent le besoin de revendiquer leur identité, et c’est
difficilement envisageable avec l’art soviétique du XXe siècle. 


En règle générale, le romantisme qui régnait sur la première moitié du XIXe siècle, a fait naître beaucoup de poètes emblématiques des nations slaves. En Pologne par exemple, la sainte troïka -
Mickiewicz, Słowacki et Norwid - joue un rôle semblable en incarnant l’esprit national. 


 


Nous avons lu « Евге́ний Оне́гин«  il y a plusieurs années déjà…, à l’école…, en russe. Nous préférons l’original à la plus magistrale des traductions. Mais nous mettons «
Le Soleil d’Alexandre » d’André Markowicz sur notre liste des lectures et nous vous en remercions. 


 

Pascal Klein 31/05/2012 12:00


Il existe le musée Maiakovski à Moscou qui ne manque pas d'intérêt. Je soupçonne cependant les autorités culturelles russes de célébrer le peu d'écrivains que le XXème siècle leur a échu, de
surcroît lorsque leur audience dépasse les frontières.


Sur un plan un peu plus littéraire, Maiakovski n'exerce aucune séduction auprès du lectorat russe. Il demeure le poète du régime, dont le propos fut instrumentalisé à des fins extrapoétiques. Par
ailleurs, lire de la poésie en Russie signifie lire Pouchkine, ou tout au moins une déclinaison de Pouchkine. Ce dernier est partout présent, dans les trains, dans les foyers, dans les
universités, dans les salles de spectable. Nous n'avons pas en France d'équivalent. Les Russes n'ont guère d'estime à l'égard de leur XXème siècle littéraire, bien pâle au regard de la noble
lignée du siècle précédent. A Maiakovski, ils préfèreront de loin le poète Ossip Mandelstam ou le romancier ukrainien Boulgakov. J'ai appris par ailleurs lors de mon séjour dans les Terres Noires
qu'Alexandre Soljenitsyne ne bénéficie d'aucun crédit littéraire. C'est en qualité de témoin et d'historien qu'il est écouté. Sa prose, m'a-t-on dit, ne vaut pas un clou. Au risque de me répéter,
une prose qui vaut des clous en Russie ou une poésie son pesant d'or ne le valent qu'au regard de Pouchkine. Rien d'honorable ne s'élabore hors de son ornière. Nous ferons fruit à ce propos du
dernier ouvrage d'André Markowicz Le Soleil d'Alexandre, et nous lirons sa magistrale traduction d'Eugène Onéguine.

Axel Evigiran 30/05/2012 15:42


Je vous remercie Ewa de ces belles précisions ainsi que de l’extrait de la lettre à Lili Brik.

Cela n’avait rien d’évident pour moi, d’autant que je n’ai jamais vu ce film – J’avais juste trouvé l’information en récupérant la vidéo sur youtube dans l’un des commentaires ; mais n’avais pas
investigué davantage, ni donc fait de lien direct entre le poème et les images choisies par le groupe.

Voici le commentaire en question :
« Les images étaient projetées en live lors des concerts. ca tissait une atmosphère totalement incroyable!!!!! Cette scène du "cuirassé" dans une salle de rock sur un grand écran derrière le
groupe....... c'était..................... pppppffff »

Ewa 30/05/2012 14:27


Pardonnez-moi, Axel, si ça paraît évident pour vous, mais je voudrais juste vous faire remarquer que la chanson du groupe Complot Bronswick (jusqu’à lors inconnus pour moi - la chanson et le
groupe) est illustrée par la célèbre séquence de l’escalier d’Odessa, un extrait du chef-d’œuvre du cinéma muet : "Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein. 


Cette association - paroles/image, Maïakovski/Eisenstein - n’est pas fortuite. Tous les deux sont à l’origine du mouvement futuriste russe, qui a été à l’avant-garde du réalisme socialiste
soviétique et qui a dégénéré, bien évidemment, en tue-l’art au service de l’État totalitaire. Ils ont même créé ensemble la revue Front gauche des Arts en 1923.


Maïakovski n’est pas si mal considéré par les Russes, il jouit toujours d’une certaine aura du poète maudit à l’âme slave mélancolique, déchiré par les passions, mal compris, au destin tragique
pris dans les rouages de la grande Histoire. Il intéresse toujours, surtout les milieux littéraires, artistiques, bohèmes, mais pas seulement. Et bien que sa poésie révolutionnaire ait plutôt
très mal vieilli, il reste du moins des passionnantes « Lettres à Lili Brik » (1917-1930) », traduites en français.


"Moi, qui suis la place de la Passion, 


je surprends 


le sauvage battement de cœur des capitales.


Déboutonné,


le cœur presque dehors, 


je m'ouvrais au soleil et à la fleur d'automobile... 


Déboutonné,


le cœur presque dehors, 


je m'ouvrais au soleil et à la flaque d'eau."


[Lettres à Lily Brik (1917-1930), Gallimard, 1969, p. 95-96.]

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