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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 16:39

« Car je considère la musique dans son essence, impuissante à exprimer quoi que ce soit : un sentiment, une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature, etc. L’expression n’a jamais été la propriété immanente de la musique. La raison d’être de celle-ci n’est d’aucune façon conditionnée par celle-là. Si, comme c’est presque toujours le cas, la musique parait exprimer quelque chose, ce n’est qu’une illusion et non pas une réalité. C’est simplement un élément additionnel que, par convention tacite et invétérée, nous lui avons prêté, imposé, comme une étiquette, le protocole, bref, une tenue et que, par accoutumance ou inconscience, nous sommes arrivés à confondre avec son essence ».

 

Strawinsky, Chroniques de ma vie.

Citation elle-même tirée  de L’inexpressif musical / question sans réponse, de Santiago Espinosa et Clément Rosset.

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Combichrist - I want your blood

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«… c’est alors la parole qui ‘accompagne’ la musique et non le contraire ; et n’importe quel texte ferait au fond l’affaire, y compris celui le plus opposé à celui retenu…. »

Clément Rosset L’invisible
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Combichrist - What the fuck is wrong with you !
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« Le moi, c’est l’absence de pensée, l’absence de paroles ; le ‘Je périssable’ le je mouvant, incapable de se fixer dans un mot. Je incapable aussi de se fixer dans un reflet de miroir – ou d’écran – qui lui renvoie une image de soi. Le je meurt ; le moi, son image, demeure ». 

L’inexpressif musical / question sans réponse, de Santiago Espinosa et Clément Rosset.
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Combichrist - Sent to destroy

Axel, incertain sur les sentiers de l’inexpressivité musicale, se disant en refrain - à plus d'un titre : « What the fuck is wrong with me ! ». 

Et ce qui à l’allure et la saveur, tout de même un peu,  d’un réductionnisme - ou de son ombre, me fait malgré moi reprendre en écho le dire d’un commentateur peut-être levé du pied gauche : « A-t-on vraiment dit quoi que ce soit lorsqu'on affirme que la peinture est d'abord un assemblage de couleurs et la musique un assemblage de sons ? ».
S’il m’était aujourd’hui possible croire la psychanalyse je dirai que je fais de la résistance… 

Mais je me rassure, songeant qu’au final rien « n’élucide évidemment la nature de l’expressivité exclusivement musicale, si toutefois cette expressivité existe ». 

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commentaires

Cédric 18/05/2013 11:26


Il faut lire "gaucher" et non "gauchez" évidemment ! Serais-je moi aussi un gaucher contrarié ?? ;-)


 


Quoi qu'il en soit, personne n'est à l'abri des coquilles !!

Cédric 18/05/2013 11:25


 


Bonjour cher Axel,


 


Quant à savoir s'il faut un 'v' ou un 'w', je viens de lire cet article qui explique tout. Il y est même mentionné un
"Stravinski" avec un i final. ( Par contre toujours un 'r' ;-) )


 


Moi, pareil : gauchez du pied, droitier de la main, par contre je tiens la souris de la main gauche ! allez comprendre ! ;-)


 


Bon week-end !

Axel 18/05/2013 11:12


« je vous le confime, vous avez un "problème récurrent avec les noms propres" ( ce sont vos mots ;-) ), vous avez écrit "Stawinski ».


 


Rhaargh ! 


Voilà ce que c’est que d’être un gaucher contrarié…. (gaucher du pied et droitier de la main, quoi que tenant fourchette et couteau comme un gaucher).


 


Merci pour votre sagacité :)

Cédric 17/05/2013 20:35


 


La suite de la citation de Stravinsky n'est pas mal non plus, je vous la partage :


 


"La musique est le seul domaine où l'homme réalise le présent. Par l'imperfection de sa nature, l'homme est voué à subir l'écoulement du temps – de ses catégories de passé et d'avenir – sans
jamais pouvoir rendre réelle, donc stable, celle de présent. Le phénomène de la musique nous est donné à la seule fin d'instituer un ordre dans les choses, y compris et surtout un ordre entre
l'homme et le temps. Pour être réalisé, il exige donc nécessairement et uniquement une construction. La construction faite, l'ordre atteint, tout est dit. Il serait vain d'y chercher ou d'en
attendre autre chose. C'est précisément cette construction, cet ordre atteint qui produit en nous une émotion d'un caractère tout à fait spécial, qui n'a rien de commun avec nos sensations
courantes et nos réactions dues à des impressions de la vie quotidienne. On ne saurait mieux préciser la sensation produite par la musique qu'en l'identifiant avec celle que provoque en nous la
contemplation du jeu des formes architecturales. Goethe le comprenait bien qui disait que l'architecture est une musique pétrifiée."


 


Igor STRAVINSKI, Chroniques de ma vie, 1935, Paris : Denoël, p. 63-64.


 


Trouvé ici. ( Lien qui pourra peut-être vous intéresser. )


 


Au plaisir.


 


P.-S. : je vous le confime, vous avez un "problème récurrent avec les noms propres" ( ce sont vos mots ;-) ), vous avez écrit "Stawinski".


 

Le chêne dubitatif et son double... 17/05/2013 18:49


Photo du chêne...



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  • : Blog généraliste ou sont évoqués tout aussi bien des sujets sociétaux qu’environnementaux ; s’y mêlent des pérégrinations intempestives, des fiches de lectures, des vidéos glanées ici et là sur la toile : Levi-Strauss, Emanuel Todd, Frédéric Lordon, etc. De la musique et de l’humour aussi. D’hier à aujourd’hui inextricablement lié. Sans oublier quelques albums photos, Images de châteaux, de cités décimées, et autres lieux ou s’est posé mon objectif…
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