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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 21:27

kahnweiler

Malgré mon peu d’appétence pour le cubisme - ou précisément au cause de cette réserve instinctive envers les créations des ‘géomètres’ du début du siècle dernier -  il m’a pris l’idée de pousser la porte du LAM où se tient actuellement une  exposition temporaire « Picasso, Léger, Masson ». 

 

Si cette visite ne m’aura pas permis de surmonter ma répugnance d’ensemble envers ce mouvement artistique, ne sauvant du naufrage des œuvres présentées qu’une poignée de compositions tournant autour de la tauromachie, elle m’aura à tout le moins offert la possibilité de découvrir une autre mise en scène provisoire, à mes yeux beaucoup plus intéressante, intitulée « Corps subtil », ou encore « Un panomara de l’art brut et collection indienne de Philippe Mons ».

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De l’exposition « Picasso, Léger, Masson » je n’ai aucune image, les photographies y étant interdites - ce qui est au fond idiot (passant, je ne vois d’ailleurs pas ce qu’il y avait à immortaliser sur les cimaises).  Par contre,  de ces « Corps subtils » il me fut loisible de capturer quelques spécimens.

Aussi, plutôt que jaser autour d’œuvres  dont je n’ai rien à dire de fondamentalement passionnant, ou de broder autour des documents remis lors de l’exposition, j’ai pensé que mieux valait laisser à l’appréciation de chacun les charmes de l’art indien.

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Une anecdote enfin, traduisant l’éternel ridicule de ceux – fort nombreux - cherchant à briller par procuration au travers de la notoriété (réelle ou supposée) d’autrui, suivisme allant parfois jusqu’à la dévotion. (Que l’on courre après les stars de show-biz, les sportifs ou encore certaines figures dites intellectuelles, cela ne change en rien la donne, bien que fâcheux et pédants de la dernière catégorie aient tendance, habités d’un illusoire sentiment de supériorité, à mépriser leurs sœurs et frères de sang). 

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Voici l’anecdote : 

 

Alors que nous déambulions parmi les œuvres indiennes, un groupe compact survint soudain, bruissant de mille chuchotements, avec des mouvements pareils à ceux des colonies d’étourneaux en vol, signe d’une petite foule en émoi. 

Nous crûmes tout d’abord à une banale visite guidée. Mais fûmes aussitôt détrompés. « C’est Philippe Mons  », entendîmes-nous murmurer. « Oui, oui c’est lui…. », « Oh c’est bien lui ! ». Diantre ! Et à chaque exclamation le groupe des suiveurs croissait et croassait, telle la grenouille voulant se faire plus grosse que le bœuf.

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Le maître, un petit bonhomme au crâne glabre avec un gros médaillon – son troisième œil sans doute –, septuagénaire bien mur (on ne dit plus ‘vieux’), sonotone bien arrimé à l’oreille et faussement indifférent à cette agitation causée par sa simple présence, trimballait ainsi la cohorte de ses admirateurs d’œuvre en œuvre, lâchant un mot ultime ici, une remarque essentielle là. Parole aussitôt bue par les dévots. Parmi les mieux lotis de cette cour, quelque indienne en minijupe, et autour de ce centre – axis mundi - le cercle étroit des « intimes », faisant écran à la plèbe.

 

Demeurés à distance honnête, nous laissâmes ainsi passer, presque à regret – il faut nous en croire -  le cortège du co-fondateur, en 1969, du SMAK (Signalétique Marginal d’Art Circonstanciel et kaléidoscopique) et accessoirement maître yogi et attendîmes que s’estompent ces ronds dans l’onde du néant avant de poursuivre notre odyssée. 

C’est de la sorte que nous reprîmes nos pérégrinations oisives, conservant au coin d’œil une pensée émue pour le principe bouddhiste de l’impermanence. 


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Published by Axel Evigiran - dans Peinture
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commentaires

Nuageneuf 11/10/2013 14:22


Cher Axel, 


Vous ai suivi avec bien du plaisir au LAM en familier des lieux propices aux instants de ...vague à. On peut y entrer, contempler une toile qu'on aime et le quitter
aussi vite en meilleur état qu'à l'entrée. Ai vivement apprécié le soin apporté à la rédation de ce billet. Bravo ! Ah!, certes vous êtes encore loin du style parfait de F.Schiffter; notre homme
me sidère toujours autant. Je peux parfois lire plus de dix fois ses billets avec le même enchantement littéraire, pour le reste, à la lecture je comprends un peu mais dès après je suis toujours
aussi infoutu d'en rapporter quoi que ce soit, c'est ainsi. Le ciel gris vous tienne en joie.

Cédric 10/10/2013 11:06


Croustillante votre anecdote cher Axel ! :-)


 


L'instinct grégaire de l'être humain a encore de beaux jours... ;-)

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