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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 12:15

frontcloth_donquixote---1950.jpg

En cette période de rentrée littéraire, un peu par provocation beaucoup par nostalgie, je cède au plaisir d’évoquer ces ouvrages que l’on emmène dans nos périples, petits ou grands.

 

L’aventure commence d’ordinaire bien en deçà de l’instant du départ proprement dit. Et c’est parfois un casse-tête : qu’emporter dans son escarcelle ? Entre le trop (1) - trop encombrant , trop conceptuel, trop sec, trop homogène, l’excessif, le péremptoire, etc. - et le trop peu - point assez de matière, manque de chaleur, carence de style, anémie de pages, romanesque famélique, etc. - il convient d’accorder ses violons, de faire compromis et assembler ses piles d’ouvrages en attente d’être lus, de les recomposer de manière à réduire nos choix possibles. C’est que l’esprit des livres que l’on embarque doit s’accorder aussi à l’esprit du voyage, aux ambiances que l’on pressent, aux saveurs que l’on devine, au rythme de nos escapades.

 

Des valeurs sures… Assurément, il en faut. Du moins un certain nombre. Car l’erreur ici peut se révéler source de contrariés, certes bénignes au regard de la destinée des nues. Mais un nuage noir sur fond de ciel bleu reste une tâche indélébile sur les humeurs dilettantes, sauf, évidemment, à considérer le changement de climat mental comme propédeutique à de nouvelles expériences.
 
Mais dans les livres comme ailleurs, un seul credo : « Va où tes pieds te portent ».

 

Je suis donc parti léger, après avoir réduit ma sacoche à seulement deux livres, outres les quelques indispensables ouvrages se rapportant plus directement aux contrées visitées. 
 

 

Cervantès – Don quichotte

 Damier---Don-quichotte-et-la-mule-morte---1867.jpg

J’ai privilégié une édition en un seul volume, celle sortie chez Bouquin, avec une traduction de Francis de Miomandre, commise dans les années 1930. On n’insistera jamais assez sur l’importance de la traduction. Celle-ci n’est sans doute pas la dernière, mais n’est pas la plus mauvaise, loin s’en faut.
Voici pour exemple le texte du début du chapitre XI, à comparer avec deux autres traductions plus récentes :

 

« Il fut accueilli de très bon cœur par les chevriers, et Sancho ayant installé de son mieux Rossinante et son âne, fut attiré par l’odeur de quelques quartiers de chèvre qui cuisaient dans une marmite. Il aurait bien voulu regarder s’ils étaient en état de passer de la marmite à son estomac, mais il n’eut pas à le faire, car les bergers les ôtèrent du feu, étendirent à terre quelques peaux de brebis et servirent en toute hâte leur rustique repas. Ils y invitèrent très aimablement leurs hôtes, offrirent sans façon pour siège à Don Quichotte une auge renversée, et les six qui se trouvaient là s’assirent à terre autour des peaux ».

 

Sans conteste, mon choix ne fut pas une pioche malheureuse.

 

D’ailleurs, à propos de tels classiques, je suis toujours surpris d’apprendre que si chacun ou presque les connaissent, fort peu à dire vrai les ont intégralement lus. Tel était mon cas, et, depuis avoir été titillé à propos d’une belle affaire de Sanchopancisme, je m’étais promis de réparer cette faute de goût.
Et ce fut lecture savoureuse tant que jubilatoire, malgré les 650 premières pages lues pour l’essentiel dans les tressautements  d’un bus filant dans les contreforts de la sierra Madre.

 

Ah quelle belle et merveilleuse aventure ! Point une page sans un rebondissement, un peu à la manière des romans de chevalerie, ceux-là même qui ont précisément desséché la tête de notre  pauvre chevalier à la triste mine.

 

Don_Quichotte---Daumier-1868.jpgEn voilà une expédition, que dis-je une saga, qui m’aura arraché plus d’un sourire – quelques rires francs mêmes. Mais les pérégrinations chevaleresques de l’ingénieux hidalgo de la Manche ont aussi une dimension tragique, une sorte de tonalité non sans sombreurs. Car malgré le comique manifeste de nombreuses scènes, ou les protagonistes se jouent  et abusent de la folie de ce gentilhomme à la cervelle toute chamboulée dès qu’il s’agit de chevalerie, ce dernier n’en joue pas moins, à chaque fois que son honneur et sa vie. Et de recommander de tout son cœur à Dieu et à sa dame Dulcinée du Toboso…

 

Attachant Quichotte.
Séduit, je le fus tout autant par la lourdeur rusée de son célèbre écuyer, Sancho Panza. Il y a d’ailleurs quelque chose de grand dans la folie de cet hidalgo qui prendra bientôt le nom de chevalier aux lions après de fameuses péripéties que je laisse découvrir aux futurs lecteurs de l’œuvre éternelle de Cervantès.
Des autres personnages je n’en dirai rien. Non pas qu’il y a rien à en dire. Tout au contraire, ils sont chacun à leur place, vifs, retors, éplorés, naïfs, sérieux, amoureux… Mais je n’ai pas ici prétention à l’exégèse, exercice dont je suis d’ailleurs parfaitement incapable. Non, mon unique souhait est plus modestement, si cela n’a pas déjà été fait, de susciter furieuse envie de se plonger dans l’épais volume - ce qui ne doit pas faire peur – emplis d’exploits et de chevalerie errante.  

 

Enfin, sans vouloir lever le voile, et puisque les meilleures choses ont leur épitaphe, mon seul regret aura été cette fin qui ne me semble pas des plus heureuses et qui m’apparaît comme concession de l’auteur à une certaine forme de normalité – sans doute pour rassurer un lecteur déjà bien ébranlé en ses fondements…

Don-quichotte-et-Sancho.jpg 


Chamfort – Maximes et pensées. Caractères et anecdotes.

 

Chamfort---maximes.jpgCe fut une édition de poche que je pris, celle avec une petite préface de Camus, mise en bouche qui me laissa un goût ambivalent. Un peu trop moralisatrice peut-être. Passons.

 

L’avantage de ce type de livre, est qu’il permet à toute heure et tout moment, d’en savourer quelques pépites.
Lecture de plage, aux côtés des tortues vertes, lecture en mouvement, sur la route à hue et à dia, aux pieds de Tlaloc pour conjurer la pluie ou sous la gueule de Quetzalcóatl, tandis que faisait rage la controverse de Valladolid.

 

Chamfort en compagnon de chaque heure, quoi rêver mieux ? …

 

Evitant de puiser dans les phrases les plus célèbres du moraliste, j’en propose ici quelques unes de ma préférence. Et profite pour rappeler le très beau recueil de Cyril Le Meur, Trésor des moralistes du XVIIIe siècle, indispensable à qui goutte l’amertume lucide et le compagnonnage de ces « ces sphinx des lettres françaises ».

Le Meur 


Maximes et pensées

 

Il faut convenir qu’il est impossible de vivre dans le monde, sans jouer de temps en temps la comédie. Ce qui distingue l’honnête homme du fripon, c’est de ne la jouer que dans les cas forcés, et pour échapper au péril ; au lieu que l’autre va au-devant des occasions.

 

Nicolas_Chamfort.jpgL’importance sans mérite obtient des égards sans estime.

 

L’ambition prend aux petites âmes plus facilement qu’aux grandes, comme le feu prend plus aisément à la paille, aux chaumières qu’aux palais.

 

Les gens faibles sont les troupes légères de l’armée des méchants. Ils font plus de mal que l’armée même ; ils infestent et ils ravagent.

 

Ceux qui rapportent tout à l’opinion ressemblent à ces comédiens qui jouent mal pour être applaudis, quand le goût du Public est mauvais. Quelques-uns auraient le moyen de bien jouer si le goût du Public était bon. L’honnête homme joue son rôle le mieux qu’il peut, sans songer à la galerie.

 

mour, folie aimable ; ambition, sottise sérieuse.

 

Il faut être juste avant d’être généreux, comme on a des chemises avant d’avoir des dentelles.

 

Le rôle de l’homme prévoyant est assez triste. Il afflige ses amis, en leur annonçant les malheurs auxquels les expose leur imprudence. On ne le croit pas ; et, quand ces malheurs sont arrivés, ces mêmes amis lui savent mauvais gré du mal qu’il a prédit, et leur amour-propre baisse les yeux devant l’ami qui devait être leur consolateur, et qu’ils auraient choisi s’ils n’étaient pas humiliés en sa présence.

 

Qu’est-ce que c’est qu’un fat sans sa fatuité ? Ôtez les ailes à un papillon, c’est une chenille.

Quand on veut plaire dans le monde, il faut se résoudre à se laisser apprendre beaucoup de choses qu’on sait par des gens qui les ignorent.

 

Ce qui rend le commerce des femmes si piquant, c’est qu’il y a toujours une foule de sous-entendus et que les sous-entendus qui, entre hommes sont gênants, ou du moins insipides, sont agréables d’un homme à une femme.

 

Ce qui fait le succès de quantité d’ouvrages est le rapport qui se trouve entre la médiocrité des idées de l’Auteur et la médiocrité des idées du Public.

 

Les Économistes sont des chirurgiens qui ont un excellent scalpel et un bistouri ébréché, opérant à merveille sur le mort et martyrisant le vif.

 

Lorsque l’on considère que le produit du travail et des lumières de trente ou quarante siècles, a été de livrer trois cents millions d’hommes, répandus sur le globe, à une trentaine de despotes, la plupart ignorants et imbéciles, dont chacun est gouverné par trois ou quatre scélérats, quelquefois stupides, que penser de l’Humanité, et qu’attendre d’elle à l’avenir ?

 


Caractères et anecdotes

 

E-CLERC-Sebastien-II---Orosmane-et-zaire.jpgOn faisait compliment à Madame Denis de la façon dont elle venait de jouer Zaïre : « il faudrait, dit-elle, être belle et jeune. −ah ! Madame, reprit le complimenteur naïvement, vous êtes bien la preuve du contraire. »

 

M le président de Montesquieu avait un caractère fort au-dessous de son génie. On connaît ses faiblesses sur la gentilhommerie, sa petite ambition, etc. Lorsque l' esprit des lois parut, il s'en fit plusieurs critiques mauvaises ou médiocres qu'il méprisa fortement. Mais un homme de lettres connu en fit une dont M Dupin voulut bien se reconnaître l'auteur, et qui contenait d'excellentes choses. M De Montesquieu en eut connaissance et en fut au désespoir. On la fit imprimer, et elle allait paraître lorsque M De Montesquieu alla trouver Madame De Pompadour qui, sur sa prière, fit venir l'imprimeur et l'édition tout entière. Elle fut hachée, et on n'en sauva que cinq exemplaires ;

 

Un philosophe, retiré du monde, m'écrivait une lettre pleine de vertu et de raison. Elle finissait par ces mots : « adieu, mon ami ; conservez, si vous pouvez, les intérêts qui vous attachent à la société, mais cultivez les sentiments qui vous en séparent. »

 

M le prince de Charolois, ayant surpris M De Brissac chez sa maîtresse, lui dit : « sortez ! » M De Brissac lui répondit : « monseigneur, vos ancêtres auraient dit : sortons. »

Jacques-Callot--gravure-1622---Duel.jpg 

M, qu'on voulait faire parler sur différents abus publics ou particuliers, répondit froidement : « tous les jours j'accrois la liste des choses dont je ne parle plus. Le plus philosophe est celui dont la liste est la plus longue. »

 

M, jeune homme, me demandait pourquoi Madame De B avait refusé son hommage qu'il lui offrait, pour courir après celui de M De L, qui semblait se refuser à ses avances. Je lui dis : « mon cher ami, Gênes, riche et puissante, a offert sa souveraineté à plusieurs rois qui l'ont refusée, et on a fait la guerre pour la Corse, qui ne produit que des châtaignes, mais qui était fière et indépendante. »

 

L'abbé de Fleury avait été amoureux de madame la maréchale de Noailles, qui le traita avec mépris. Il devint premier ministre ; elle eut besoin de lui, et il lui rappela ses rigueurs. « ah ! Monseigneur, lui dit naïvement la maréchale, qui l'aurait pu prévoir ! »

 

Bachelier avait fait un mauvais portrait de Jésus ; un de ses amis lui dit : « ce portrait ne vaut rien, je lui trouve une figure basse et niaise. qu'est-ce que vous dites ? Répondit naïvement Bachelier ; D'Alembert et Diderot, qui sortent d'ici, l'ont trouvé très ressemblant ».

 


Petits dialogues philosophiques

 

A. — Je suis brouillé avec elle.
B. — Pourquoi ?
A. — J’en ai dit du mal.
B. — Je me charge de vous raccommoder ; quel mal en avez-vous dit ?
A. — Qu’elle est coquette.
B. — Je vous réconcilie.
A. — Qu’elle n’est pas belle.
B. — Je ne m’en mêle plus.

 

A. — Pouvez-vous me faire le plaisir de me montrer le portrait en vers que vous avez fait de Madame de… ?
B. — Par le plus grand hasard du monde, je l’ai sur moi.
A. — C’est pour cela que je vous le demande.

Chamfort---Plage.jpg 


Emission des NCC autour de Don quichotte


(1) Evidemment ceci ne s’applique pas aux détendeurs de tablettes, ces outils merveilleux qui comme on le sait peuvent compter dans leur mémoire plusieurs milliers d’ouvrages (cf le billet sur ces breloques électroniques).

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Published by Axel Evigiran - dans Auteurs éternels
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commentaires

Axel 04/10/2012 12:46


« il ne s'agit là que de mots »…
Que des mots, dites-vous ? Sans les mots, pas de langage articulé, sans langage articulé pas d’humanité. Et qui ne sait que les mots sont des armes souvent plus meurtrières que le tranchant d’une
épée ou que la bouche d’un canon ?

« Si un auteur est blessé par ce qu'on peut dire de son livre parce qu'il se prend pour son livre, impossible pour moi de compatir… »
C’est manquer à la plus élémentaire délicatesse de ne pas comprendre qu’un auteur puisse être blessé par le premier cuistre venu déposer son étron, alors qu’il s’est investi et exposé dans son
œuvre...

Quant à ce bloggeur, malgré sa grandiloquence enflammée, il n’a absolument rien compris à 2666, obnubilé sans doute qu’il était par ses propres obsessions. Mais pour s’en rendre compte il faut
avoir lu le livre.

Il est mieux je crois que nous en restions là.

Axel

Cédric 04/10/2012 11:01


 


Bonjour,


 


En ce qui concerne le plaisir pris, vous vous méprenez cher Axel. Votre comparaison avec le plaisir ressenti "à contempler un accident" ne tient pas, premièrement parce que je n'ai
personnellement jamais pris de plaisir à la vue de ce genre de "spectacle" ( et que j'ai d'ailleurs du mal à comprendre quel plaisir on pourrait en tirer ), deuxièmement parce qu'il n'y a rien
d'accidentel à parler volontairement d'un livre écrit volontairement par quelqu'un, publié volontairement par un autre, et dont je lis volontairement la critique.


 


C'est bien le talent de J. Asensio que je prends plaisir à lire et j'ajoute que je n'ai jamais lu sous sa plume de la gratuité à 'dire du mal', jamais. Il appuie où ça fait mal, certes, mais il
le fait, poussé et habité qu'il est par une très haute image de la littérature. J'ai beau, moi-même, ne pas accorder autant d'importance à la littérature ni à son éventuel "rôle", je n'ai jamais
rien lu de gratuit dans ses propos.


 


Au reste, il ne s'agit là que de mots. Si un auteur est blessé par ce qu'on peut dire de son livre parce qu'il se prend pour son livre, impossible pour moi de compatir, ce type de blessure
narcissique ne m'émouvront jamais.


 


J'ajoute, pour finir, que j'ai beau ne pas avoir envie de lire tous les livres traités, je trouve toujours de l'intérêt à découvrir le nom d'un auteur ou d'un livre qui m'était jusqu'alors
inconnu. Et j'en ai appris des noms d'écrivain (moi dont la culture littéraire était pour ainsi dire nulle) à fréquenter le site du Stalker. Et preuve que c'est bien pour le talent de J. Asensio que je consulte son site : je ne lis presque jamais les billets des
autres auteurs parfois invités y à publier.


 


Voilà pour ces quelques explications, qui ne sont pas des mots d' "avocat", je n'ai pas écrit pour le "défendre", j'ai juste écrit ce que je pense. :-)


 


Belle journée à vous.


Cédric.

Axel Evigiran 04/10/2012 09:24


Salutations matinale Cédric,


Que dire ?

Qu’à la vérité je respecte et comprend d’une certaine manière votre intérêt « à écouter cette voix ». On ne peut lui dénier un certain style et le sens de la formule. Une façon d’atrabilaire,
avec ses outrances, un peu à la manière de L.Bloy, toute proportion gardée.
Qu’à la vérité je comprends beaucoup moins l’intérêt qu’il puisse y avoir à assister au démembrement d’un livre, au cassage d’un auteur, dont on n’a que faire, et qu’on n’a pas l’intention de
lire – ou qui ne suscite pas à minima envie de le lire (quel qu’en soit le motif)… J’aurai tendance à comparer cet état d’esprit au plaisir pris à contempler - voir se délecter - d’un accident
auquel l’on est tout à fait étranger.

Bien à vous,
Axel

Axel Evigiran 04/10/2012 09:05


Cher Frédéric,

En pointant le fait que Sancho ne sache pas lire, et qu’il préfère délibérément  la vie fantasmée de l’écuyer à celle plus terre à terre du paysan, vous élargissez l’idée que je me faisais
du Sanchopancisme et vous en renforcez encore la force.

En fait, ce n’est pas Don quichotte qui lui offre cette île (en pratique un village qui n’a rien d’une île) mais le duc et la duchesse. C’est d’ailleurs une espèce de mystification, et dans le
village les habitants sont prévenus de la supercherie, le couple ducal s s’amusant de voir comment le bonhomme s’en tirera dans son gouvernement - pas si mauvais que cela au fond. Ce pourquoi, du
moins en partie, pour mettre fin à l’expérience ils finissent par l’effrayer en simulant une tentative de renversement de pouvoir, avec la mise en danger de la vie de Sancho.
A cet égard l’écuyer se montre au final plutôt sage et avisé, préférant sa vie d’avant à toutes ces extravagances, malgré les perspectives de richesses et l’exercice du pouvoir. Bien sûr il y a
ici une part de lâcheté, mais il est à noter que dans son gouvernement Sancho ne fut jamais tenté par l’appât du gain, ni par le despotisme. Et je ne suis pas loin de croire qu’à l’issue de cette
expérience, il se rend compte qu’il poursuivait des chimères.

Ce qui est vrai, c’est que si ce n’est pas Don Quichotte qui offre le gouvernement de cette ‘île’ à Sancho, il a fait promesse de ce genre à son écuyer, et ceci dès le début de leur
aventures.
Cependant, il est le premier surpris de la voir exaucée aussi vite : il y croyait ferme, n’avait pas menti, mais pensait le sentier plus ardu pour y parvenir ; car cela se mérite en réalisant
moult exploits chevaleresques. Cette annonce du duc et de la duchesse le prend donc un peu de court et lui inspire des sentiments contradictoires, d’où une certaine réticence, suivie d’une
résignation. Car s’il est fier que grâce à lui et son héroïsme soit confié un gouvernement à son écuyer, il regrette néanmoins d’être séparé d’un si bon compagnon d’aventures. Mais c’est de bon
cœur qu’il lui prodiguera finalement ses conseils pour un droit exercice de ses futures responsabilités.

La relation entre Don Quichotte et Sancho m’apparaît à la réflexion bien plus complexe qu’il n’y parait, et c’est sans doute là aussi une force de cette œuvre monumentale. En cela aussi, le
concept de Sanchopancisme s’avère particulièrement intéressant, ouvrant des perspectives sans doute située au-delà même de son objet initial.

Bien à vous ;
Axel

Cédric 03/10/2012 22:13


 


Bonsoir Axel,


 


Je n'ai évidemment rien à dire sur votre critique de la critique en question ( il est d'ailleurs de bonne guerre pour un critique d'être critiqué à son tour ;-) ).  Pour ma part, je le lis
depuis des années (depuis 2007 si je ne m'abuse) et j'y reviens encore et encore parce que j'y entends une voix que je n'entends nulle part ailleurs.


 


Juan Asensio a une voix et c'est cette voix, aussi éloignée soit-elle de la mienne, qu'il me plait d'écouter. Je ne le lis pas pour me "faire une idée" sur un livre (je n'achète jamais de livre),
au reste si j'avais besoin de me faire une idée sur un livre, je le lirai moi-même ( je ne croirai jamais aucun critique sur parole ;-) ).


 


Ce que j'aime c'est l'entendre "descendre" un livre (et souvent l'auteur qui va avec) comme par exemple récemment le dernier livre de Richard Millet : Langue fantôme suivi de Éloge littéraire d'Anders Breivik


ou l'écouter en encenser d'autres. Dans un sens ou dans l'autre, il n'y va pas avec le dos de la cuillère et c'est ce qui me plait. :-)


 


Quant à vous cher Axel, et j'adresse les mêmes mots au solide chêne de Virginie, la façon dont vous parlez, entre autres, des livres, me plait également, raison pour laquelle je viens et reviens
dans vos lieux respectifs y prendre le plaisir que j'y prends ! :-)


 


Bien à vous deux !


 


Au plaisir.


 


Cédric.


 


 





 



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