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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 17:22

" D’où venons-nous ? "… Quel adolescent ne s’est pas un jour senti saisi de vertige face à l’insondable de cette question hautement philosophiques ? Au cours des temps, de nombreuses réponses furent apportées aussi bien par les religions que par les mythes, ou encore la philosophie. Cependant, en restreignant même l’interrogation, au " pourquoi l’homme ? ", la science demeure muette. C’est que là n’est pas sa vocation. Et si elle abandonne les perplexités métaphysiques à d’autres disciplines, ou aux croyances de toutes sortes, elle a, par contre, des choses à dire sur le " comment ". Un comment toujours provisoire, toujours à questionner à la lueur des plus récentes découvertes dans les disciplines impliquées dans la quête des origines de l’homme… D’ou vient en effet l’homme moderne ? De quelles espèces procède t-il ? Comment a t-il colonisé la Terre, et à quelle époque ? Q’en est-il de notre parenté d’avec les grands singes ? C’est une plongée au cœur de cette fabuleuse odyssée aux origines de l’espèce à laquelle nous invite Pascal Picq dans son ouvrage très didactique " Au commencement était l’homme "(1).

 

 Prehistoire, périodes.

 

Le dernier ancêtre commun :

Un lieu commun a longtemps voulu que " l’homme descende du signe ". A la vérité, il apparaît que la réalité soit plus proche du contraire. Ainsi les grands singes, tels les gorilles et les chimpanzés, formidablement adaptés à la quadrupédie (Knukle walking " marché sur les articulations "), ne doivent pas cette caractéristique à un caractère premier ; il en va de même pour l’homme avec la bipédie. Autrement dit, nous partageons avec les grands singes un ancêtre commun, dont le répertoire locomoteur intègre, dans ses modes locomoteurs, la bipédie.

Aujourd’hui, si on ignore toujours comment a débuté l’histoire évolutive de notre lignée, ce que l’on sait en revanche avec certitude, c’est que ce dernier ancêtre commun (DAC) entre hominidés et panidés, est à chercher en Afrique aux environs de 7 millions d’années. Pour en faire brièvement son portait robot, il faut imaginer une créature d’une stature d’à peu près 1m à 1,2 m pour un poids de 30 à 45 kg, avec un cerveau atteignant 350 à 400 cm3 (1350 cm3 pour l’homme moderne en moyenne).

 

L’Afrique, berceau de l’humanité :

Charles Darwin dans " La Filiation de l’homme en relation avec la sélection sexuelle ", publié en 1871 imaginait le berceau de l’humanité en Afrique. Il fondait son hypothèse sur la proximité de l’homme avec le chimpanzé. La preuve de cette intuition fut trouvée en 1959 en Tanzanie par le couple Louis et Mary Leakey qui découvrirent les plus anciens outils de pierre taillée à coté d’un fossile d’australopithèque.

 

Caractères commun partagés par l’homme et les chimpanzés :

Grande variété des habitats. Régime omnivore. Excellents chasseurs, exploitant de vastes territoires. Forment des communautés mixtes de plusieurs dizaines d’individus. Entretiennent des relations hiérarchiques fondés sur des alliances, et se montrent très hostiles envers leurs voisins. Toutes ces caractéristiques s’accompagnent d’interactions complexes au sein des groupes sociaux. L’usage d’outils et la transmission de divers savoir-faire font partie des stratégies de survie ; Pour ce qui est des capacités mentales : conscience de soi, capacité d’empathie, de mentir, de manipuler, de montrer (culture, éducation), d’afficher ou de camoufler ses intentions, apte à se réconcilier.

 

East Side Story :

Le scénario le plus en vogue pour expliquer nos origines, " l’East Side Story " fut longtemps celui proposé par Yves Coppens en 1981. Il fut ruiné par la découverte de Toumaï par l’équipe de Michel Brunet en 2002.

D’ordre géologique et climatique, cette hypothèse faisait remonter à 8 millions d'années, dans la région de la Rift Valley, la séparation entre les hominidés et les grands singes. Dans cette région, alors géologiquement instable, une faille immense s'effondre du nord au sud, partageant en deux la population de grands singes. Ainsi, à l’est, la sécheresse s'installe et va transformer la forêt en savane. Les grands singes vont s’y retrouver dans un milieu où il faut faire parfois des kilomètres pour trouver de la nourriture. De là découlerait l’émergence de la bipédie, le développement du cerveau, l'apprentissage des outils et la parole.. A l'ouest, au contraire, pas de changement climatique. La végétation demeure luxuriante et la nourriture abondante. Les grands singes qui s’y trouvent n'ont pas besoin d'évoluer.

 

Ancêtres proches du DAC

Orrorin :

Orrorin tugensis, annoncé fin 2000 au Kenya, vieux de quelque 6 millions d’années, par ses caractéristiques se rapproche du DAC. En effet, il ressemble aux panidés par ses caractères dentaires et aux hominidés par ses aptitudes à la bipédie.

 

Toumaï :

Toumaï, découvert en juillet 2001 à 2500 km à l’ouest de la vallée du Rift, et annoncé par l’équipe de Michel Brunet fin 2002, au Tchad, ruine l’East Side Story. Agé de presque 7 millions d’années (2), il est aujourd’hui le plus ancien hominidé connu. Sa capacité crânienne est de l’ordre de 320 à 380 cm3 (équivalente à celle des chimpanzés actuels). Sa face légèrement raccourcie et les dents antérieures le placent sur ou près de lignée des hominidés.

 

Austropithèques :

Avec les australopithèques s’ouvre la première expansion connue de notre lignée entre 4,2 et 2,5 millions d’années. Ce sont des hominidés capables de marcher debout, composés d’un groupe représenté par 5 espèces et qui s’épanouissent en Afrique.

 

L’australopithèque du lac  est le plus ancien australopithèque connu. Ses restes fossiles sont datés respectivement de 4,2 et 3,9 millions d’années. Sa taille était d’environ 1,4 m et 50 kg (mâle) avec un dimorphisme sexuel certainement important.

LucyL’australopithèque de l’Afar  sont connus en Afrique entre 4,1 et 3 millions d’années. 1,35 m et 45 kg pour les mâles et 1,1 m et 30 kg pour les femelles. Son cerveau à un volume compris entre 380 et 430 cm3. Son plus célèbre représentant est Lucy.

 

L’australopithèque d’Afrique du sud connus entre 3,5 et 2,5 millions d’années, ils ont un volume crânien compris entre 450 et 530 cm3 d’une taille et corpulence légèrement plus faible que celle des australopithèques de l’Afar.

L’australopithèque de la rivière des gazelles ont été décrits par l’équipe de Michel Brunet en 1995 et sont datés de 3,5 à 3 millions d’années.

 

L’australopithèque " surprise " d’âge de 2,5 millions d’années, découvert en 1999 en Éthiopie, est le plus récent des australopithèques. Les mâles mesuraient 1,4 m pour 50 kg. Dimorphisme sexuel important.

 

Le grand succès des australopithèques repose sur leurs capacités à exploiter des milieux en mosaïque, notamment grâce à des stratégies sociales et écologiques qui nécessitent de grandes capacités cognitives. Par exemple, afin d’accéder aux partie souterraines des plantes ils employèrent des bâtons à fouir. Ce simple outil assurant le succès des hominidés depuis des millions d’années. Pour ce qui est de la bipédie, la marche de Lucy et de australopithèques en général, diffère de la notre et ne peut se faire que par rotation alternée des hanches.

 

Reste la grande question : lequel de ces australopithèques est non pas à l’origine du genre Homo, mais le plus proche de cette origine ?

 

Les premiers hommes :

La terre connaît des changements climatiques considérables entre 3 et 2,5 millions d’année. On pense que ces changements sont associés à la formation de la calotte polaire arctique qui annonce les âges glaciaires. En Afrique, ils provoquent un assèchement avec pour conséquence une expansion considérable des savanes à graminées. L’évolution des hominidés en subit les conséquences, à commencer par la disparition des australopithèques et l’apparition consécutive des premiers hommes et des paranthropes, deux genres qui cohabitent au sein des savanes arborées et qui accusent des tendances évolutives et adaptatives divergentes (peu manifestes entre 2,5 et 1,5 million d’années, mais s’accentuant au-delà).

 

L’Homo habilis  : découvert en 1964. La tendance actuelle est de distinguer au moins deux espèce : Homo habilis sensus et Homo rudolfensis . Agé de 2,4 à 1,6 millions d’années, les mâles mesuraient 1,3 m pour 40 kg et les femelles 1,15 m pour 30 kg. Son volume cérébral se situe entre 550 et 680 cm3.

 

L’Homo rudolfensis  : est âgé de 2,4 à 1,7 millions d’années. Même taille que : Homo habilis sensus,. Sa capacité crânienne comprise entre 650 et 750 cm3 le place dans le genre Homo alors que le reste du crâne évoque les paranthropes, bien que les détails de l’anatomie soient très différents.

 

Les paranthropes : plusieurs espèces se distinguent : le Parantropus aethiopicus (2,7 à 2,3 millions d’années) ; le Paranthropus boisei (2,4 à 1,2 millions d’années) et le Paranthropus robustus ( 2,2 à 1 million d’années). Aucun d’entre eux n’a un cerveau dépassant les 600 cm3.

 

 Chronologie 

  

Le commencement de la préhistoire & seconde radiation :

Les plus anciens outils taillés et reconnus comme tels apparaissent entre 2,6 et 2,3 millions d’années en Afrique de l’est. Classiquement, la fabrication d’éclats et de tranchoirs marque le premier âge de la pierre, le paléolithique ancien. On l’associe aux premiers hommes chasseurs. En réalité, l’usage d’outils est bien antérieur à l’invention de la pierre taillée, qui n’est probablement pas une invention du genre Homo.

De manière traditionnelle, on a tenté de définir notre genre sur la base de quatre critères : la taille du cerveau, une bipédie dérivée, l’outil et la main, le langage. Aucun des trois premiers critères ne suffit puisque tous les hominidés de la seconde radiation y répondent. Reste le langage. Toutefois cette condition est devenue aujourd’hui, en raison des dernières recherches sur les chimpanzés, nécessaire mais non plus suffisante.

La deuxième radiation connue des hominidés se situe aux alentours de 1,6 millions d’années. Les premiers à disparaître sont les Homo rudolfensis, puis les Homo habilis, certainement en relation avec un refroidissement global intervenant vers 1,7 millions d’années.

  

L’homo ergaster :

Homo-ergasterDécouverts dans les années 1970 au Kenya, les premiers hommes sont d’abord présentés comme des Homo , erectus africains. Cependant, leurs caractères plus graciles et leur ancienneté conduisent à reconnaître une espèce distincte l’Homo ergaster. Son cerveau à une capacité de 700 à 950 cm3 et il émerge entre 2 et 1,8 millions d’années. On pense que la perte de pilosité advient chez lui. En effet, une toison épaisse protège efficacement contre l’ensoleillement, en revanche, elle limite l’évacuation de chaleur produite par l’organisme au cours des déplacements. Or les caractéristiques du squelette locomoteur d’Homo ergaster sont celles d’homme apte à faire de longue marches dans la savane et capable de courir en position verticale.

Classiquement on le fait dériver d’Homo habilis. Or ils ont été contemporains pendant plusieurs de centaines de milliers d’années. Il est donc probable que les origines d’Homo ergaster, et partant du genre Homo au sens strict, ne soient pas en Afrique de l’Est. Quant à sa taille, il était très grand puisqu’il mesurait environ 1,7 m et 70 kg pour les mâle, et 1,55 m et 50 kg pour les femelles.

 

Adaptation culturelle d’Homo ergasterSilex taillé

L’archéologie met en évidence, à cette époque, les premières traces d’habitat (3). Ces hommes sont ainsi capables de construire des campements et, évidemment, de se protéger ; bref de transformer leur environnement. Ce n’est que vers 1,6 millions d’années qu’apparaissent les bifaces et les cultures dites acheuléennes. Les premières traces d’utilisation de feu apparaissent, quant à elles, vers 1,4 millions d’années.

Si le cerveau d’Homo ergaster est absolument plus volumineux que celui des hominidés qui lui sont contemporains, il exige des apports nutritionnels conséquents : actuellement, par exemple, notre cerveau représente 2% de notre masse corporelle mais consomme 20% de l’énergie apportée par l’alimentation.

 

Expansion du genre Homo hors d’Afrique

Tous les témoignages soutiennent une expansion d’Homo ergaster hors d’Afrique entre 2 et 1,5 millions d’années. Les plus vieux fossiles connus Europe datent de 900 à 800 000 ans. Les sites archéologiques les plus anciens remontent à près de 2 millions d’années.

 

Evolution du genre Homo entre 1,8 et 0,7 millions d’années

Cette période s’appelle le pléistocène. Elle est marquée par l’affirmation des cycles glaciaires.

Homo erectus

au sens large regroupe tous les fossiles compris entre 1,8 et 0,3 millions d’années. Ils ont un volumes crânien compris entre 850 et 1100 cm3, avec une taille d’environ 1,65 m et 57 kg pour les mâles pour 1,5 m et 50 kg pour les femelles (dimorphisme sexuel réduit). L’Homo heidelbergensis, âgé de 0,8 à 0,3 millions d’années avait, quant à lui, un volume cérébral compris entre 1000 et 1300 cm3. Il est a noter que le statut des " hommes de Heidelberg " reste incertain. Les fossiles de cette époque marquant la transition entre les Homo erectus au sens large et les hommes plus récents (Néandertaliens et hommes modernes).

La longue période qui commence avec l’émergence d’Homo ergaster jusqu’à l’apparition des hommes modernes, s’inscrit dans un contexte très perturbé (fluctuations climatiques, migrations de bandes très mobiles). L’expansion du genre Homo se réalise dans le cadre du déclin des hominidés. Les seuls survivants de notre famille sont ceux qui se sont affranchis de leur dépendance au monde des arbres. Depuis l’Homo ergaster, l’homme est le seul singe capable de migrer.

 

Neandertal

La lignée européenne des pré-néandertaliensNeandertal

Des hommes arrivent en Europe entre 1,5 et 1 millions d’années et finissent par s’y installer à partir de 700 000 ans. La branche Européenne du genre Homo, sont les pré-néandertaliens (comme ceux de Tautavel) et vont évoluer vers les néandertaliens. Au cours de cette évolution le crâne devient très volumineux avec plus de 1600 cm3.

 

L’homme de Neandertal

Il est attesté de 350 000 à 35000 ou il cohabitait avec Cro-Magnon (partage de la même humanité). Sa taille était de 1,65 m et 90 kg pour les mâles et 1,66 m et 70 kg pour les femelles. Cette masse corporelle importante correspondait à une adaptation pour les climats froids. Son cerveau allait de 1500 à 1750 cm3. Les Néandertaliens apparaissent proprement dits vers 90 000 ans.

 

Culture et expansion géographique

En Europe occidentale, les hommes de Neandertal sont associés au paléolithique moyen, période qui se nomme le moustérien, d’après le site du Moustier en Dordogne.

Les pré-néandertaliens aménagent leur habitat en fonction des ressources disponibles et des avantages naturels des sites. Certains néandertaliens parmi les plus récent utilisèrent des défenses de mammouths pour aménager une grotte (35 000 ans) (4). Quant aux plus anciens foyers structurés, ils apparaissent vers 500 000 ans.

Vers 320 et 220 000 ans, les pré-néandertaliens se retrouvent en Angleterre et au Pays de Galle et les néandertaliens plus récents s’installent en Europe centrale jusqu’en Sibérie. L’âge d’or des néandertaliens s’étiole sous l’effet de l’aggravation des conditions climatiques et l’arrivée d’autres hommes venus de latitudes plus basses.

Quand les hommes du nord (les néandertaliens) rencontrent les hommes du sud (les Homo sapiens) entre 110 et 50 000 ans, ces hommes ses retrouvent en Asie occidentale sans qu’il ne soit possible d’établir des différences culturelles significatives. Cela change vers 40 000 ans avec l’expansion d’autres populations d’Homo sapiens, les Cro-Magnon, qui s’engageant en Europe, terres néandertaliennes, arrivent porteurs de nouvelles cultures et de nouveaux outils. Il y aura des échanges culturels entre ces hommes entre 38 000 et 32 000 ans (Sans nier l’occurrence de conflits, parfois mortels, il a bien fallu des relations plus pacifiques pour expliquer ces transferts culturels.)

 

L’émergence des rites funéraires

Les plus anciennes tombes connues sont celles des proto-Cro-Magnon de Qafzeh et de Skhul, datées de 100 000 ans. Les tombes néandertaliennes sont plus récentes, entre 80 et 40 000 ans.

Dans l’état actuel de nos connaissances, aucun élément ne permet d’instituer une différence culturelle fondamentale entre les Néandertaliens et les proto-Cro-Magnon au cours du moustérien.

 

La fin des hommes du moustérien

Vers 40 000 ans des populations d’hommes modernes, des Cro-Magnon, pénètrent en Europe et investissent l’aire géographique des Néandertaliens. Ils arrivent porteurs de nouvelles technologies associées à la culture dites de l’aurignacien . Ils fabriquent des outils sur lame et travaillent l’os, marquant ainsi le commencement du paléolithique supérieur.

S’opère alors un processus de remplacement, qui s’étale sur des milliers de kilomètres et des milliers d’années, débute en Asie occidentale et s’étend à l’Europe centrale. En Europe occidentale, les populations de Cro-Magnon arrivent selon deux voies de pénétration. L’une longe le nord de la Méditerranée et l’autre passe par l’Europe centrale. Les effets sont désastreux pour les Néandertaliens dont les zones de répartition géographiques se fragmentent. Il s’ensuit une rupture de flux génétique entre elles. Par ailleurs, les capacités culturelles et techniques des Cro-Magnon leur permettent de s’installer plus longtemps dans les mêmes sites. Leur économie favorise à la fois une densité de population sensiblement plus forte et une sédentarité plus ferme. Il suffira ainsi de quelques millénaires pour que ces facteurs sanctionnent l’élimination des derniers Néandertaliens vers 30 000 ans (5).

 

Cro-Magnon

Les hommes anatomiquement modernes apparaissent au début du pléistocène récent (120 000 ans) et les fossiles précurseurs d’Homo sapiens (entre 300 et 120 000 ans) sont appelés Homo sapiens archaïques. Cro-Magnon, quant à lui, occupes toute la Terre depuis plus de 30 000 ans.  Les modalités du peuplement de l’Asie et de l’Australie sont loin d’être élucidées : un crâne trouvé à Bornéo est daté de 40 000 ans environ et en Australie plusieurs squelettes indiquent la présence d’hommes depuis 60 000 ans. Si on sait que Homo sapiens se déplace par cabotage le long des côtes de l’Afrique depuis plus de 110 000 ans, cette présence en Australie signifie que des Homo sapiens ont inventés des moyens de navigation hauturière depuis plus de 60 000 ans. Cela oblige à reconsidérer les voies de migration des hommes que l’on imaginait seulement capables de se déplacer à pied.

Le volume cérébral moyen d’Homo sapiens est de 1350 cm3 (variation entre 1100 et 2000 cm3). Les premiers Homo sapiens sont plus corpulents, plus robustes et plus encéphaliques que leurs représentants actuels.

 

Origines

Les données des différentes disciplines convoquées autour de l’origine de l’homme ne signifient pas que l’espèce Homo sapiens, sortie d’Afrique entre 60 et 40 000 ans, s’est installée au faîte des espèces en raison d’une quelconque supériorité. La terre des hommes a toujours été marquée par la diversité des populations et des cultures. Aucune population ne s’enracine sur une lignée unique. Enfin, il est complètement erroné d’affirmer que les populations migrantes sont plus modernes que celles évoluant plus localement.

 

 Grandes étapes 

  

Naissance de l’art

L’art émerge vers 60 000 ans en Afrique, et l’art dit préhistorique a pour seul motif universel, la main enduite de peinture apposée sur les parois des grottes. Pour le reste, il participe de choix culturels régionaux profondément identitaires. On assiste à l’émergence des ethnies et, au sein de ces ethnies, à l’affirmation de statuts sociaux marqués. (Les peintures de la grotte de Chauvet remontent à 32 000 ans et celles de Lascaux à 17 000 ans).

 


En regard de la remarquable diversité d’espèces présentes entre 7 et 3 millions d’années, on doit constater une sévère régression de leur nombre depuis 2 millions d’années. il y a quelques dizaines de milliers d’années encore, tout le patrimoine génétique de la sous-famille des hominidés était distribué dans de nombreux genres et espèces. Aujourd’hui il ne reste qu’une seule espèce dans un genre unique. Or l’évolution nous apprend que moins le nombre d’espèces est grand, plus cette espèce est fragile. Il suffit que surgissent des modifications du milieu auxquelles elle ne peuvent pas faire face pour qu’elle disparaisse ".

(Marc Groenen, professeur de préhistoire et de philosophie des sciences à l’université Libre de Bruxelles. Interview dans Philosophie magasine de décembre 2009 / janvier 2010)


Notes :

(1) Pascal Picq, Au commencement était l’homme, Odile Jacob mai 2009. J’ai aussi glané quelques précieuses informations, ainsi que les graphiques dans l’excellent site Hominidés.

(2) La dernière datation au béryllium 10, a permis de déterminer que les sédiments fossilifères proches du lieu de la découverte de Toumaï dataient entre 6.9 et 7.2 millions d'années en arrière.

(3) Un cercle de pierres daté de 1,8 millions d’année pourrait représenter ce qui reste des fondations d’une hutte de branchages.

 (4) Arcy-sur-Cure

 (5) Des études récentes montrent des différences génétiques significatives entre les Néandertaliens et les hommes anatomiquement modernes d’il y a plus de 60 000 ans. Un autre argument découle de la longue cohabitation entre Néandertaliens et les Cro-Magnon pendant des milliers d’années au Proche-Orient et en Europe. S’ils avaient pu être interféconds, alors une population aurait absorbée l’autre ou l’on aurait eu des hybrides. Rien de tel.   

   


TOUMAÏ

     

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 Magnifique visite virtuelle des grottes de Lascaux : 

 http://www.lascaux.culture.fr/

 


 

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Published by Axel Evigiran - dans Ethnologie & Préhistoire
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commentaires

christian le Noël 09/05/2010 18:38


pourquoi ne parlez vous jamais du scientifique Bernard Heuvelmans qui a écrit un ouvrage dont le titre est révélateur " l'homme de Néandertal est toujours vivant" ?


Axel Evigiran 09/05/2010 19:10



A vrai dire je ne connaissais pas cet auteur, et vous me le faites découvrir. (Je viens de vérifier dans le livre Pascal Picq, et il ne l'a pas cité).


Une recherche rapide sur la toile me fais tomber sur cette information : " (...) il consacre des travaux aux grands animaux marins des profondeurs avant de cosigner avec l’historien russe
Boris Porchnev un volume de cryptoanthropologie intitulé L’homme de Néanderthal est toujours vivant en 1974. Il y soutient que de grands hominidés et des grands singes non répertoriés ont survécu
et coexistent avec l’homme partout sur la planète. Ces théories lui vaudront l'incrédulité voire le mépris de la communauté scientifique malgré le soutien de sommités de la recherche, notamment
sur les singes et l’homme(...) » 


Ce qui me laisse quelque peu perplexe…



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