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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 07:49

LeonSpilliaert---Autoportrait-1907.jpg

 

Lorsque animé de l’idée saugrenue, il y a de cela désormais un peu plus de deux ans, d’ouvrir un blog, ma principale idée était d’y rassembler, à la manière d’un herbier, outre de menues notes de lectures, les matières collectées lors de mes pérégrinations sur la toile. Le motif en était simple, prosaïque, quelque peu égoïste : pouvoir retrouver et consulter à loisir poèmes, conférences, bons mots, écrits, etc. depuis n’importe quel endroit ; particulièrement depuis ma cellule professionnelle. Je trouvais cette façon plus élégante que de piteux signets, marque-pages, clés USB toujours dans la poche, et si cela pouvait profiter à autrui pourquoi non ?

 
Et puis, je conviens, œuvrer secrètement dans mon coin à une forme d’esthétique virtuelle, de mise en musique de mes photographies mentales, habillait parfois cet ennui dont se trouvent accablés les dépris du travail – mais qui doivent faire comme si. J’appliquais alors sans le savoir une méthode tirée des arts martiaux chinois, le non agir agissant, fort bien décrite dans ce qui devint pour moi le véritable bréviaire du ‘motivé’ résistant, des efficaces à la lisière ; je veux parler de cette Eloge de la démotivation de Guillaume Paoli, brûlot (porté à l’index chez les DRH) dont je relis assez régulièrement – particulièrement les jours de piqûres managériales - les passages mis en partage ici.

 

C’est ainsi que, fidèle au principe que je m’étais donné, mes premiers billets ne furent que la mise en ligne de textes et d’images livrés quasi ex-abrupto.
Cela prit ensuite, peu à peu, des proportions que je n’avais pas prévues. La faute m’en incombe, avec le partage de quelques récits de voyages et les premiers textes pouvant prêter à polémique. Pourquoi avais-je ainsi infléchi mes résolutions ? La griserie sans doute y a bonne part, tant il me flattait de constater une certaine activité sur cet ilot famélique. Cela me valut le plaisir d’un compagnonnage islandais et de cheminer ainsi un temps non loin de Minerve. Cela me valut aussi les premiers commentaires, les premières objections. Et il me fallut, honnêteté oblige, y répondre et parfois entrer dans le débat.

  

La toute première fois cela se trouva être à propos de la psychanalyse, le souvenir en reste vif. magritte_la_reproduction_interdite-1937.jpgJ’avais titré, il faut dire : « Psychanalyse : Huxley – une supercherie pour notre siècle ». Aujourd’hui j’en assume toujours la moindre virgule ; je me serai même radicalisé sur le volet des prétentions thérapeutiques de cette pseudoscience – l’anthropologie, et la vision du monde de Freud est un autre sujet. Passons.


Survint ensuite l’épisode déjà narré d’une dispute à propos de la meilleure façon de lire Montaigne, différent qui se révéla être en réalité plutôt malentendu que désaccord de fond.
Ce qui est sûr, c’est que je dus alors me hausser sur la pointe des pieds pour ne point apparaître trop falot. Et tant le feu du style que l’érudition de la docte contradiction, me contraignirent à un exercice salutaire de mise au clair de ses pensées.

  

La tenue d’un blog peut être ainsi un fort bon métier à tisser, ou le tas du forgeron ; un lieu où l’on s’essaye, se confronte, s’éprouve ; un lieu de partage et d’expression sur le principe des affinités électives… Un lieu qui trouve aussi ses limites et ses biais.
Aujourd’hui je me trouve rendu à un rythme de croisière, tachant d’alterner billets qui me prennent du temps à rédiger, à ceux repris de mon grenier qu’il m’est possible de mettre en forme en un tour de main ; ceux encore nécessitant investissement – ou engagement - personnel et ceux que je contemple d’un œil étranger. Mouvement de balancier régulier, tic-tac de la mise en danger et de la prise de distance tout à la fois, alternance ou l’on abandonne, qu’on le veuille ou non – sinon quel intérêt ?, quelques miettes de soi-même. L’objectif, sinon la finalité, au moins publier un peu de son humeur une fois la semaine.

 

Ainsi suis-je mon propre bourreau. Mais, outre l’addiction, le plaisir que j’en retire étant toujours supérieur à la somme des peines, en bon utilitariste - ce que je ne crois pas être sur le fond – je ne vois point de motif à suspendre l’édification des tourelles et des remparts de ce château de sable qu’un clic suffirait à détruire.


Qui sait combien de temps encore tel état d’âme perdurera. Ce qui est sûr, c’est que sous le charme d’une semaine consacrée au romancier nouvelliste sur les NCC, mon intention première était de parler de Maupassant, et que je n’en ai rien fait !
Demain est un autre jour.

 Le-Parmesan---Autoportrait-dans-un-miroir-convexe---ver.jpg

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Marilyn Manson – Born Vilain

« Life is but a walking shadow, a poor player that struts and frets his hour upon the stage and then is heard no more: this is a tale told by an idiot, full of sound and fury,that signifies nothing »

 

La vie n'est qu'une ombre qui marche, un pauvre acteur qui se pavane et s'agite à son heure sur la scène et puis qu'on n'entend plus : il s'agit d'un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, cela ne signifie rien.

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Published by Axel Evigiran - dans Bouteilles à la mer
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commentaires

Cédric 25/05/2012 16:36


 


Se mettre au clair avec soi-même, voilà un exercice que vous maîtrisez admirablement cher Axel.

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  • : Blog généraliste ou sont évoqués tout aussi bien des sujets sociétaux qu’environnementaux ; s’y mêlent des pérégrinations intempestives, des fiches de lectures, des vidéos glanées ici et là sur la toile : Levi-Strauss, Emanuel Todd, Frédéric Lordon, etc. De la musique et de l’humour aussi. D’hier à aujourd’hui inextricablement lié. Sans oublier quelques albums photos, Images de châteaux, de cités décimées, et autres lieux ou s’est posé mon objectif…
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