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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 18:18

« Le caractère dynastique du pouvoir et la primauté des mâles ne font guère de doute (…). Mais les circonstances peuvent entraîner des changements : un roi peu mourir au combat sans héritiers mâles ou en âge de régner. Des femmes peuvent de la sorte se trouve en position de responsabilité, selon une sorte de régence »

 

(Les Mayas, texte d’Eric Taladoire, Ed Chêne)

 

Masque-maya.jpg

« Découvert dans le temple XIII, ce masque funéraire en mosaïque serait celui d’une femme, l’une de ces reines qui, de façon exceptionnelle, ont su s’imposer au pouvoir. Palenque »

(Photo JP Courau).

 

Je fais mes valises : prochain billet en septembre.
Have fun.

 


Saison des masques 1

Saison des masques 2

 


Sans lien aucun, un peu d’Electro-indus from Mexico, histoire de se récurer les oreilles.
Juste une affaire de contraste…

 

Hocico en Live : Untold blasphemies

 

 



Lorsque Punto Omega Recontre la belle Spectra Paris
Cela donne une tragédie.
 
Falsos sueños desgarrados
sombras del amanecer
avasallan mi conciencia
y no me permiten ser.
Creando mil espejismos
me los han hecho creer
vendedores de ilusiones
transforman tu amor en hiel.
Opacan las percepciones
deforman la realidad
desconectando tu esencia
mutilan tu libertad.
Promesas hechas al viento
hace mucho tiempo ya
regresan hoy a mi Alma
destilando eternidad.
¿Cómo volver del destierro
recobrando lo perdido?
¿Cómo volver a confiar
y despertar del olvido?
¿Cómo volver a empezar
desandando los caminos?
¿Cómo vencer la matriz
y liberar mi destino?
.
Clip qui n'est pas sans faire songer au fulgurant 2666 de Roberto Bolano.
Mais c'est une autre histoire.
Roberto-Bolano-2666.gif
.
Affaire de finir sur une note moins sombre, l'interprétation live de Spectra Paris du morceau Falsos Suenos
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Published by Axel Evigiran - dans Bouteilles à la mer
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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 11:26

family-wittgenstein.jpgVienne, début du XXe siècle. La cité est en pleine effervescence intellectuelle.
La société autrichienne est une société de contrastes où se mêlent modernité et archaïsme ; une société qui tangue entre repli sur soi et progrès.

 

Selon Jacques Le Rider « le mythe de Vienne, la capitale pluriethnique, métropole novatrice sur le plan artistique et littéraire, a été largement créé a posteriori. ». A propos de la thèse développée dans son livre (Modernité viennoise et crise de l’identité) il indique : « De la fin du XIXe siècle à l'Anschluss de 1938, Vienne fut la capitale d'un des plus grands empires européens, une métropole de la modernité, à la fois à l'avant-garde de l'Europe occidentale et creuset des peuples d'Europe centrale. Grâce à cette interculturalité productive, Vienne fut un terrain fertile en génies dans tous les domaines : littérature (de Hofmannsthal à Schnitzler, à Karl Kraus et à Musil); arts plastiques (de Klimt aux expressionnistes Schiele et Kokoschka) ; musique (de Gustav Mahler à Arnold Schönberg); sciences (de la psychanalyse freudienne à Wittgenstein). Mais Vienne, dès cette époque, a préfiguré les principales pathologies du XXe siècle : l'antiféminisme, l'exacerbation des nationalismes, l'antisémitisme (auquel répond le sionisme politique de Theodor Herzl), la peur et la haine de la modernisation, le militarisme. C'est ce double visage de Vienne, entre la Belle Époque, la Grande Guerre et les années 1920, que j'ai représenté dans cette fresque d'histoire culturelle. »

Gustav_Klimt_055.jpg 

Pour parfaire le panorama, dans un billet intitulé « Vienne 1900 : contexte idéologique et culturel » (Elisabeth Malick (2007)), on peut lire par ailleurs : « … l'individuation et le culte du « moi » s'accompagnent de la découverte du vide et de la fragilité de ce même moi, et sont finalement synonymes d'aliénation. (…)Une redéfinition « moderne » du moi se trouve notamment au cœur de la théorie d'Ernst Mach. (…) Le moi est réductible à une série de sensations. Le sujet n'est plus une entité autosuffisante, le Moi n'est pas une fonction logique extérieure au temps et à l'espace.(…) C'est dans L'Homme sans qualités de Robert Musil que les théories machiennes trouvent leur application la plus réfléchie et la plus subtile (Musil a par ailleurs consacré à Mach sa thèse de doctorat).(…) Pour dépasser l'aporie de la vision machienne, réduisant la réalité, y compris le Moi, à ses seules qualités, Ulrich a recours à une solution radicale : la dissolution des qualités du réel. Il se reconnaît ainsi dans la désignation proposée par son ami Walter, celle d' « homme sans qualités », renvoyant justement à un réel littéralement inqualifiable, qui ouvre tout le champ du possible

 

Voici le décor planté (je laisse à plus docte le soin éventuel de discuter les assises et bien-fondé de cette esquisse).

 

La suite de ce texte, qui fait office de présentation sommaire de la toile « Portrait de Margaret Stonborough-Wittgenstein » (1905), empreinte largement à l’émission de la radio australienne Philosopher Zone d’Alan Saunders dont je voudrai dire un mot.
A dire vrai, Philosopher zone, est la seule véritable émission que j’avais trouvée sur la toile en langue anglaise consacrée à la philosophie et écoutable pour moi sans trop de difficultés. Ces séances hebdomadaires étaient d’un format idéal pour un francophone (30 mn). Pour chaque émission, outre le podcast, était proposée une transcription fidèle des échanges. Les sujets étaient variés et toujours intéressants. Enfin, la voix d’Alan Saunders, posée et d’une diction impeccable, était idéale pour qui n’est pas tout à fait familier à la langue de Shakespeare. C’était là, me semblait-il, une belle manière de travailler mon anglais.
Alan Saunders est mort brutalement le 15 juin dernier d’une pneumonie.

250px-Gustav-Klimt-1902.jpg 

Klimt, né en 1862, d’origine plutôt modeste, était le fils d’un orfèvre ciseleur. Après ses études à l’école des Arts figuratifs de Vienne et s’être mis à la peinture, pour gagner sa vie il prenait des commandes de portraits de femmes de la belle société viennoise. C’est de la sorte que l’une de ses premières commandes, en 1905, fut celle de la famille Wittgenstein, dont la fille, Margarethe (Gretl), se mariait la même année avec un américain dénommé Jerome Stonborough. Si ce tableau fut une innovation cruciale dans l’histoire de l’art, Gretl ne l’aima pas.

 

Voici, ce que dit l’invité de Philosopher zone, David Rathbone de ce fameux arrière-plan du tableau : « He'd had earlier experiments with abstract designs in the frames of the paintings, some of which got quite ornate -- metal worked frames -- being from a metal work background. But with this work, the abstract design is brought into the field of the painting itself in the background. So, behind Gretl we have this abstract design symbolising the Wittgenstein palace in Vienna, but also the milieu that Gretl had grown up in, the highly abstract intellectual world of, well, her famous brother and her other famous brother, who actually... Paul Wittgenstein had his arm shot off in the First World War, he was a concert pianist, and went on to become a famous one-handed concert pianist.
In the foreground of this work, we have a beautiful silk dress that Gretl Wittgenstein is wearing, and she seems to hover quite uneasily between this foreground and this background. Klimt is symbolising in a new way that the way in which this highly intelligent woman seems to be torn or pulled between the glamorous society of Vienna and the intellectual world in which she is embedded. »

 

wittgenstein-Ludvig.jpgUn mot de Ludvig Wittgsentein.
Issu d’une famille très fortunée, il naquit en 1889. Petit frère de Gretl (née en 1882) il suivit sa scolarité à Linz avant d’entamer des études ingénieur en mécanique. Mais finalement, peu satisfait des limites imposées par la science et la technique à sa pensée, il s’orientera vers les mathématiques et la logique. Et après un séjour à Vienne, il ira à Cambridge pour étudier auprès de Bertrand Russel (1908 – 1911). A la mort de son père en 1911 il héritera en 1913 d’une grande fortune. Sous l’influence de Tolstoï, il en fera partiellement don.
Son ouvrage majeur Tractatus logico-philosophicus, rédigé durant la première guerre mondiale, sera publié en 1921.
Plus tard, il se rendra en Norvège, et s’isolera dans une cabane perchée à flanc de montagne. Mais c’est une autre histoire.

 

Mais pour finir, voyons ce qu’à à dire le portrait de Gretl sous l’angle du Tractatus.

  KLIMT-Portrait_of_Margarethe_Stoneborough_Wittgenstein_1905.jpg

David Rathebone : « So, there we can see a distinction between what the portrait says and what the portrait shows. What the portrait says, what the picture says, is that Gretl Wittgenstein is a woman torn, as I said, between the abstract intellectual world and the social world symbolised by her beautiful gown. There I slip into the wrong way of speaking, it's the relationship between Gretl herself and the gown that is beautiful or not, not the gown, not the woman. So, we see in fact if you look at the face, and contrast it with the hand, you can see the hands are sort of clasped in a very awkward manner, and we can see the picture saying that Gretl is not happy in her world, not comfortable in her world.

Gretl in fact saw this herself; when she saw the portrait she was not at all happy with it. In fact, she had another artist repaint the mouth. Even then she wasn't happy, and she stuck it away in the closet where it remained until the 1950s when it was rediscovered as the highly significant work of art that it is.

So, the painting, the picture itself, is a kind of proposition, a kind of statement concerning that woman in her time and place, and the milieu she's in. But, at the same time, as we know, whatever we say always has a way of saying, there's always a tone of voice, a context, a mood, a mode of delivery. And this shows what in fact cannot be said. The painting can't say its meaning for Klimt or for Gretl, but it can show these things. It shows quite a lot about Klimt and his importance in the history of art and the way this movement in art that becomes crucial in the 20th century called abstract art, is being brought into juxtaposition with the literal concrete picturing that portraits are traditionally engaged in. »

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Published by Axel Evigiran - dans Peinture
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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 10:57

L’explorateur et illustrateur Frédérick Catherwood (1799 – 1854), est celui-là même qui, avec son comparse et archéologue par goût John Lloyd Stephens, contribua par ses lithographies à faire connaître à un large public les ruines de la civilisation maya….

Frederick-Catherwood---El-castillo-de-Tulum.jpg 

Idol-at-Copan---Catherwood.jpgA cette époque (sommes en 1839), « il était difficile à un américain du nord d’accepter l’idée d’une ‘civilisation indienne’. Pour lui, l’indien était un barbare, à moitié nu, avec qui la guerre était une fatalité… (…) Les noms : Hernan Cortès, Pizarro, Bernal Biaz del Castillo n’évoquaient que pillages. Les noms : Aztèque, Maya, Toltèque et Inca ne se trouvaient dans aucun dictionnaire. Très peu de livres d’histoires les mentionnaient. (…) De cette coiffe d’oubli plaquée sur l’histoire des Amériques, le principal responsable a peut-être été William Robertson (1721 – 1793). L’historien homme d’Eglise écossais, dont on avait vanté The History of the Discovery and settlement of America, avait une idée très arretée de la culture américaine : ‘Ni les Mexicains ni les Péruviens ne peuvent prétendre à figurer parmi les nations qui méritent le nom de « civilisés »’ » (1)

 

Mais il n’est point l’heure encore d’évoquer les fabuleuses civilisations de la méso-amérique.

Cite-mayas---Catherwood.jpg  Statue-of-Amen-Hotep-III---Memnon---Thebes.jpg

Nous somme en 1833, le 07 novembre plus précisément, le jour où Frédérick Catherwood se rendit au Dôme de Jérusalem malgré les menaces, bien décidé  à en croquer l’intérieur. A cette époque entrer en telle mosquée se faisait pour l’infidèle au risque de sa vie.
Son périple l’avait conduit de Grèce, alors considérée comme La Mecque des étudiants en architecture, en Egypte, en tant que membre de l’expédition de Robert Hay de Linplum, dont l’objectif était de remonter le Nil. Nous étions alors en 1824 et la grande expédition durera plus de dix ans.


En 1832 il se trouvait à Tunis et en 1833 il mettait « la dernière main aux préparatifs d’une expédition au Sinaï et en Arabie pétrée » . Il faut dire qu’au fil des ans, Frédérick Catherwood s’était mis « à porter djellaba et turban, à étonner son ami Arundale par ‘ses manières orientales’, à parler couramment l’arabe, l’italien et l’hébreu. »
C’est de la sorte que le 07 novembre 1833, il entra sans façon en habit d’officier égyptien et portant un ‘firman le désignant expressément comme ingénieur  au service de Méhémet Ali. L’affaire manqua de tourner mal mais, par un heureux hasard, fut tiré d’embarras par le gouverneur de Jérusalem en personne. Voici un extrait du témoignage de Catherwood :

 
« … Autour de moi, 200 personnes semblaient s’enhardir mutuellement, prêtes à se ruer toutes à la fois sur nous. Un bref instant aurait suffi pour nous mettre en morceaux. Mais un incident est survenu qui a transformé le massacre probable en triomphe : l’apparition soudaine du gouverneur sur les marches de l’estrade. Quelqu’un s’est précipité vers lui et tumultueusement réclamé le châtiment de l’incroyant qui profanait l’enceinte sacrée. Le gouverneur s’est alors approché. Nous avions souvent fumé ensemble. Nous nous connaissions bien. (….) et ne pouvant imaginer que je me sois aventuré si loin sans l’autorisation du pacha, il s’est mis aussitôt à calmer la foule… ».

 Jerusalem-temple-mount-frederick-catherwood-plan-of-jerusal.jpg 
C’est ainsi que durant six semaines Catherwood put à loisir dessiner les intérieurs de la fameuse mosquée, croquis qui seront hélas tous perdus en 1847. Mais c’est une autre histoire. Pour l’heure, il jouissait d’un blanc-seing qu’il comptait bien mettre à profit. Ce qu’il fit, jusqu’au jour où la rumeur de la visite prochaine d’Ibrahim Pacha à Jérusalem se répandit. Et notre aventurier jugea bon de décamper.


Mais qui était donc cet Ibrabim pacha, de son nom Méhémet Ali ?

 

A-la-recherche-des-mayas.jpgL’anecdote que je vais ici rapporter se trouve narrée dans le délicieux livre d’un archéologue américain, Victor W.von Hagen (1908 – 1985) que je viens d’entamer et dont toutes les citations de ce billet proviennent. Son titre, A la recherche des Mayas raconte par le détail l’épopée de l’archéologie américaine, et cela, on l’aura compris, au travers des figures hautes en couleurs des pionniers Frédérick Catherwood et John Stephens, « juriste par profession, voyageur par goût, archéologue par vocation ».

 

Mais présentons en tout premier lieu brièvement Méhémet Ali :


« … né en 1769 en Albanie, il avait fait son éducation dans un régiment turc. Entre deux massacres, il avait appris les rudiments du beau langage et des bons usages. Il s’esseya au commerce du tabac de Latakiech, puis le sultan l’envoya comme lieutenant à la tête de 300 soldats albanais pour soutenir l’expédition égyptienne du général Bonaparte. Méhémet Ali fit preuve d’une grande fourberie. Il aida Napoléon contre les Britanniques, puis les Britanniques contre Napoléon. Lorsque Lord Nelson eut annihilé la flotte française, il resta en Egypte et ne songea plus qu’à consolider sa propre position. Dans le chaos qui suivit les guerres napoléoniennes, il soutint les Mamelouks contre les Turcs, puis opposa les factions entre-elles et enfin invita leurs chefs en son palais pour les mettre d’accord, ce qu’il fit en les faisant tous massacrer » .

 

D’où l’anecdote. Le consul français en poste en Egypte lui ayant fait remettre un exemplaire du Prince de Machiavel. Le pacha s’empressa de le faire traduire, à raison de dix pages par jour.

 

« Au quatrième jour, Méhémet Ali dit à son traducteur : ‘Dans les dix premières pages je n’ai rien découvert de grand ou de nouveau (…) J’ai attendu. Les dix suivantes ne valent guère mieux. Les dix dernières ne contenaient que banalités. Je n’ai rien à apprendre de Machiavel. Pour la ruse, je m’y connais mieux que lui. Tu peux t’arrêter de traduire’ ».

 

De Frédérick Catherwood il n’existe qu’une seule représentation connue, une miniature indistincte ou on le voit campé devant une ruine du site maya de Tulum.catherwood-tulum.jpg The-figure-depicted-in-this-detail-view-of-a-lithograph-mad.JPG

 The figure depicted in this detail view of a lithograph made from one of Catherwood's drawings is presumed to be a possible representation of Catherwood himself. No other portraits of Catherwood are known

 

Casa Catherwood


(1) A la recherche des mayas, Victor W.von Hagen, 1973. Réédition Lux 2012. P 100 – 101.

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Published by Axel Evigiran - dans Histoire
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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 20:08

.Ci-dessus : John Ellis

Dans le glossaire de son Discours sur l’origine de l’univers à l’entrée Boson de Higgs’ Etienne Klein indique : « Particule, non encore découverte, dont l’existence permettrait d’expliquer comment les particules ont acquis leur masse. Le boson de Higgs pourrait être détecté grâce au LHC, le puissant collisionneur de protons qui a été mis en service au CERN au début de l’année 2010. »

 

CERN.JPGOr voilà que les scientifiques du CERN viennent précisément d’annoncer la découverte cette particule, et cela avec une marge d’erreur infinitésimale. Déjà certains n’hésitent pas à claironner avoir mis la main sur le chaînon manquant expliquant les tout premiers instants de l’univers.

 

Mais quels sont les enjeux d’une telle découverte ?

 

Voici les explications d’Etienne Klein :

« La masse des objets matériels qui nous entourent semble leur être consubstantiellement liée : nous éprouvons la même peine à nous figurer ce que pourrait bien être un corps matériel sans masse qu’à imaginer une masse pure qui ne s’incarnerait pas dans un corps. Comme si en notre esprit les notions de matière et de masse allaient toujours de pair, participaient l’une comme l’autre de la même idée de ‘substance’ (…)

Mais il faut se méfier de ce type de raisonnement, rapide, abrupt, car depuis Galilée, la physique n’a cessé de plaider pour que les idées les plus incontestables en apparence soient systématiquement interrogées, critiquées, testées. (…) Des renversements conceptuels sont toujours possibles, d’autant que certains argonautes de l’esprit ont envisagés que la masse, au lieu d’être une propriété des particules élémentaires, une caractéristiques qu’elles porteraient en elles-mêmes, pourrait n’être qu’une propriété secondaire et indirecte des particules, résultant de leur interaction avec… le vide quantique ! (…)

D’où leur est venue pareille idée ? Pour traiter les interactions, le modèle standard de la physique des particules s’appuie sur un certain nombre de principes de symétrie, fort efficaces et forts élégants, mais qui posent un problème irritant : ils impliquent que toutes les particules élémentaires doivent avoir… une masse nulle ! (…)

Du fait de cette contradiction flagrante entre la théorie et l’expérience, le modèle standard mériterait-il qu’on le jette immédiatement aux oubliettes ? Non, ont expliqués trois physiciens dans les années 1960, qui ont fini par convaincre leurs collègues : François Englert, Robert Brout et Peter Higgs. Leur idée est que les particules élémentaires de l’univers sont en réalité sans masse, mais heurtent sans cesse des ‘boson de Higgs’, présents dans tout l’espace, ce qui ralentit leurs mouvements de la même façon que s’ils avaient une masse ».

Bson-higgs.JPG  Higgs-B.png

Et Etienne Klein d’expliquer ensuite que grâce au fameux LHC, capable de mobiliser des niveaux d’énergie jamais atteint, si boson de Higgs il y a, la machine du CERN le détectera immanquablement. Ce qui semble venir de se produire !

 

Il ajoute : « Si elle est confirmée par l’expérience, cette compréhension de l’origine de la masse modifiera complètement notre façon de penser ladite masse : ce ne sera plus une propriété primitive des particules, mais une propriété secondaire, dont l’explication s’appuiera sur l’invocation d’une entité physique, certes d’apparences très abstraite mais en réalité parfaitement immanente : le champ de Higgs ».

 

Ces passages sont empruntés au passionnant Discours sur l’origine de l’univers d’Etienne Klein (p 137 à 139), Flammarion 2010.

 

A noter que ce passionné d’anagrammes sera demain l’invité des Matins de France Culture. (Ses étudiants lui ont trouvé un anagramme qui, selon ses propres dires, lui convient plutôt bien : Nein Kein télé… )


 

Autres billets de ce blog où il est question d’Etienne Klein :

 

Des neutrinos supraluminiques aux berlusconettes

Les tactiques de Chronos

 

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Published by Axel Evigiran - dans Sciences
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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 13:35

Dans Continent Sciences du 14 mai dernier, une causerie passionnante autour du dernier livre de Michel Raymond, directeur de recherche en biologie évolutive,  « Pourquoi je n’ai pas inventé la roue ».

 

Michel-rayond---Roue.jpgDes échanges qui donnent belle matière à penser et éclairent, sans l’ombre d’un doute, certains mécanismes sous jacents à l’œuvres dans nos sociétés.
Ainsi, en vrac, la manière dont se ‘reproduisent’ nos élites ; des compétences sociales valorisées à l’école, au travail, etc. ; des méthodes de sélection des individus dans les entreprises, du choix des valeurs auxquels ils adhérent : soumission à l’autorité, motivation, esprit de compétition, flexibilité, etc.
La liste est loin d’être exhaustive….

 

Sur cette façon dont le culturel favorise certains type de comportements, Jean-Léon Beauvois indique : « Les gens ont tendance à mettre sur le compte de leur nature, des comportements, des pensées, des émotions, des performances, alors qu’on l’explique parfaitement par le rôle qu’ils doivent jouer et les situations dans lesquelles ils se trouvent pour joueur ce rôle. C’est le cas par exemple de ces élèves qui se jugent comme des battants, des leaders, des guerriers, tout simplement parce qu’ils sont dans une condition pédagogique ou on attend ça d’eux ».

 

De même Guillaume Paoli, qui a sans doute mis le doigt sur le pourquoi tant de médiocrité dans la conduite des affaires publiques, ou au sommet des firmes : « Ma thèse est qu’il existe un auto-écrémage spontané des intelligences laissant au petit-lait le soin d’accéder au sommet des organisations. Comme l’avait entrevu Yeats dès 1921 : « Les meilleurs manquent à toutes conviction tandis que les pires sont pleins d’intensité passionnée »».
Elevage social, dressage à la docilité… Selon.


 

Mais revenons en à cet entretien. En voici quelques fragments, sous la forme d’une collection d’exemples :

 

Moustiques et DDT
Quand on a trouvé les propriétés insecticides du DDT – la personne responsable a même eu le prix Nobel – on croyait vraiment à l’époque qu’on allait éradiquer les moustiques et tous les insectes nuisibles. C’était l’euphorie de l’après guerre mais on a vite déchanté parce que lorsqu’on traite des populations avec un nombre d’individus énormes la variation qu’il y a est telle que l’on sélectionne immédiatement des individus qui sont résistants. Et donc en traitant avec un insecticide, on sélectionne pour la résistance à cet insecticide, on avantage les individus qui ont une petite résistance, et l’histoire peut être même plus complexe, puisque plusieurs gènes de résistance peuvent intervenir (….). On se retrouve ensuite avec une complète résistance et l’insecticide ne sert pratiquement plus.

 

La sélection domestique ou sélection naturelle ?
A) Le renard argenté7982_renard_enfant_14.jpg
C’est une expérience qui a été faite en Russie au milieu du XXe siècle. Ils ont décidé de faire une expérience de domestication contrôlée. C’est-à-dire qu’ils ont pris des renards argentés sauvages, ils les ont mis dans des cages et il y avait une espèce de protocole : un homme s’approchait de la cage, et tous les renards qui ne fuyaient pas en deçà d’une certaine ligne étaient retenus. Donc c’était une sélection. Et petit à petit ils ont sélectionnés comme ça un comportement qui était de moins en moins fuyant vis à vis de l’homme. Il y avait une variation, c’est-à-dire que les renards s’éloignaient plus ou moins de l’homme dans ces moments là ; ces comportements avaient une base génétique, et donc ils étaient transmis, et l’homme, qui contrôlait la reproduction, ne faisait se reproduire que les renards qui avaient le comportement le plus proche de ce qu’ils souhaitaient. En quelques générations – quelques dizaines – cela a donné des renards extrêmement doux, qui se sont mis à aboyer et à remuer de la queue.

 
B) Rats
evil_rat_by_vilebedeva-d49svnm.jpgSur le rat on a fait l’expérience sur deux lignées. Il y avait le test de la main dans la cage. Ceux qui se laissaient caresser étaient retenus pour la lignée domestique, et ceux qui étaient le plus agressifs pour la lignée la plus agressive. Et effectivement, à la fin il fallait un gant en cotte de maille, parce que cela donnait des rats extrêmement agressifs.

Dans ces exemples c’est une sélection faite par l’homme mais c’est une sélection naturelle ; sauf que c’est l’homme qui contrôle la reproduction et qui décide quel animal va se reproduire. La différence entre la domestication et la sélection naturelle, fondamentalement il n’y en a pas. C’est le même processus, sauf que pour la domestication, l’homme contrôle la reproduction.

  

Nature vs culture
Il n’y a pas une opposition frontale entre l’évolution culturelle et l’évolution génétique, mais on voit qu’il y a plutôt coévolution.


Du cru et du cuit    (voir notamment les écrits de Lévi-strauss) Feu-prehistoire.jpg
L’origine du feu c’est entre 400 et 800.000 ans. Avoir la trace d’un foyer domestique c’est difficile, mais l’utilisation du feu comme cuisson des aliments c’est plus récent ; c’est aux alentours de 200.000 ans.  Là l’homme commence à utiliser le feu pour cuire les aliments. En cuisant un aliment on le débarrasse de parasites, etc. Mais surtout, un aliment cuit est beaucoup plus énergétique. C’est-à-dire qu’on peut plus facilement le digérer et on en retire plus d’énergie. On a besoin de moins de quantité, en moins de temps, etc. C’est un avantage considérable. Les conséquences de cela, alors évidemment cela a eu des conséquences culturelles, mais cela a eu aussi des conséquences génétiques. Les conséquences culturelles : il a fallut entretenir le feu, développer les techniques pour le fabriquer. Toutes les techniques culinaires, variables d’une région à l’autre sont des éléments culturels qui dérivent aussi de cette invention. Mais aussi, notre appareil digestif qui était adapté à une alimentation crue était du coup bien trop grand par rapport à cette nouvelle alimentation plus énergétique. Conséquence de quoi, tout ce qui n’était pas nécessaire a été petit à petit éliminé, parce que ceux qui avaient un instinct un peu plus petit  ont pu réallouer cette énergie pour d’autres fonctions, par exemple le cerveau et se reproduisaient plus : c’est toujours un avantage en reproduction qui permet à une adaptation de se répandre. Le résultat de cela est que notre instinct est 40 % plus court qu’un animal de même poids et ayant une alimentation crue.
Même chose pour les dents : la mâchoire est plus courte car on a moins à mastiquer, les dents sont plus petites…
Si maintenant, d’un coup, on revient à une alimentation exclusivement crue, nous ne sommes plus adaptés biologiquement à cette alimentation et on va commencer par maigrir puis par tomber malade très rapidement.

 

Grand cerveau
La grande question est : quel avantage donne un grand cerveau ? Quelle force élective permet à ceux qui ont une capacité cognitive supérieure d’avoir un avantage reproductif ?
C’est sûrement un avantage social, mais dire exactement quel type d’avantage ce n’est pas aussi évident que cela.

 

Des animaux à roulette et des poissons à hélice
A) La roue
Prenons l’exemple d’Oportunity, le second robot envoyé sur mars. Il a six roues motrices et il a la taille et le poids (l’analogie) d’un petite zèbre. Ce robot a été bloqué 5 semaines par une dune de 30 cm. Aucun animal, de la souris à la girafe ne pourrait être bloqué par une telle dune. On voit bien que la roue, dans les environnements naturels, c’est-à-dire sans route, ce n’est probablement pas une solution adaptée. Toute autre alternative, des pattes, ou même ramper, est bien meilleure. (…) Par sélection naturelle on ne peut pas sélectionner de roue tant qu’il n’y a pas de routes. D’ailleurs on a des exemples dans l’espèce humaine, quand les routes disparaissent, par exemple à la fin de l’Empire romain en Afrique du Nord les routes n’étaient plus entretenues, et bien on a repris le dromadaire et l’âne.

 

B) l’hélice
60 % de l’énergie dans une hélice est convertie en mouvement. Mais si on prend la formidable queue d’un requin on change de registre : d’une énergie donnée c’est 96% qui va être converti en mouvement. (…) Un petit poisson avec une hélice aurait été désavantagé par rapport à son congénère avec un autre moyen, puisqu’il aurait dépensé plus d’énergie pour un même déplacement.

Poissons-a-helice.jpg

Du suicide

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Quand on regarde les quelques cas que l’on connaît dans la nature, on voit que se sont des parents qui se suicident pour avantager leur descendance. Ils se laissent manger par leurs petits, comme chez certaines araignées. Il y a des tas d’exemple. Dans le cas de la mante, la chance de copuler une seconde fois étant extrêmement faible, il vaut mieux qu’il se sacrifie, qu’il donne à manger à la femelle qu’il va féconder… ces suicides sont avantageux pour l’individu qui le fait : avantageux car il a pu se reproduire en se suicidant. Mais on connaît des cas, comme certaines souris, qui sont attirés par un chat et par l’urine de chat. C’est une attirance spécifique. Ces souris vont augmenter la probabilité de se faire manger, donc des souris suicidaires. Pour trouver l’avantage, il faut disséquer le cerveau de ces souris. On voit qu’il y a un parasite. C’est un organisme unicellulaire qui manipule la souris pour sa propre reproduction (il se reproduit dans l’instinct du chat). Là on a un cas d’espèces en interactions et la sélection naturelle ne peut pas optimiser les adaptations pour les deux espèces, et souvent il y’en a une qui l’emporte.

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 (Dans phénomènes, les humains sont massivement pris d'une irrépréssible envie de suicide...)

 

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Enjeu de la reproduction
harem3.jpgLa reproduction a toujours été un enjeu, même dans l’espèce humaine (1). Dans nos manuels d’histoire on ne le voit pas. On ne décrit pas tout l’enjeu de la reproduction. Mais à chaque fois que les hommes ont accumulés des ressources – et ils ont pu le faire à partir du néolithique -, ils ont accumulé aussi des ressources reproductives. Et donc des harems sont apparus à partir du néolithique, des sociétés extrêmement hiérarchisées avec ceux qui étaient en haut qui pouvaient se reproduire énormément et ceux qui étaient en bas qui se reproduisaient beaucoup moins. Et donc, on peut voir l’histoire comme un enjeu pour la reproduction. Dans ce cadre là, les modes d’héritage, par exemple la primogéniture (on transmet tout au premier fils) sont apparus indépendamment dans toutes les sociétés hiérarchisées (Sumer, Chine, Amérique, etc.) : ça permet de conserver toutes les ressources à un seul homme qui va pouvoir énormément se reproduire, puisque la taille de la reproduction dépend de la taille des ressources. Et donc tous les frères, qui sont potentiellement des prétendants au partage sont écartés par des règles sociales (armée, clergé, etc.) ou tués.

 

L’exemple des Inuits
Des différences génétiques entre les hommes, adaptés à leurs environnements : modification des glandes sudoripares (mélange de nature et culture)
C’est un exemple de l’interaction forte entre les éléments biologiques et les éléments culturels ; le changement chez l’un entraînant une modification chez l’autre, et vis et versa. Les Inuits ont développé un type d’habits extrêmement complexes pour vivre dans ces habitats froids, ce qui a entraîné un avantage pour ceux qui avaient des glandes sudoripares étaient concentrées sur le visage, pour les échanges de chaleur, et le résultat c’est un changement biologique très fort sur la répartition des glandes sudoripares qui a évolué avec cet habillement sophistiqué. Ce n’est pas la seule adaptation qu’il y eut. On sait que l’adaptation au froid du bout des doigts des Inuits est extrêmement développée, leur face est beaucoup plus plate et c’est aussi une adaptation au froid, etc. Il y a tout un ensemble d’adaptations biologiques et culturelles qui ont interagit pour aboutir au résultat actuel. 

Ilulisat 15


(1) Voir Jean-Paul Demoule : Naissance de la figure

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 00:32

e_chat_murr.jpeg

 

Il y a des années de cela je lus Le chat Murr. C’était à la belle saison, et on m’avait prêté le livre. Il me fit alors grand effet et je me promis de le relire un jour. C’est désormais chose faite et j’y ai pris beaucoup de plaisir.
Lecture nimbée de nostalgie bien sûr, avec des réminiscences ici ou là ; certains passages remontant à la surface et d’autres que ma mémoire avait tout a fait oblitérés. Je ne me rappelais d’ailleurs pas qu’Hoffmann, sous le joug déjà de la maladie, avait laissé le roman inachevé. Mais là n’est pas ici l’essentiel.

 

Je commis,  il y a quelques mois, un billet en faveur des belles et nobles actions, plaidant en quelque sorte, avec le renfort de Montaigne, pour la posture altruiste, dénuée de toute arrière pensée.
Il me fallait donc rééquilibrer les choses.

 

Le romantique allemand m’en donne l’occasion. Plutôt dans l’esprit d’un La Rochefoucauld qui pensait que « Quand on croit servir les autres, on ne fait que se servir à travers eux », il livre ici en de belles pages un contrepoint savoureux à la thèse du désintéressement.
Dans cet extrait il illustre par l’exemple que « L'intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé.  »

 

Plantons le décor :
Le Chat Murr est en compagnie de son ami, le caniche Ponto. Devant eux un jeune homme recule soudain brusquement, manquant d’écraser Murr. C’est qu’il vient de reconnaître un ami cher. Ce dernier se presse à sa rencontre, et ils tombent dans les bras l’un de l’autre.
Ponto narre à Murr l’histoire de ces deux amis, Formosus et Walter.

 

La-Mort-du-Chat-Murr.jpeg

« Là-bas, dans la belle maison aux grandes fenêtres, habite le vieux et richissime Président chez qui Formosus a su si bien s'insinuer, grâce à sa brillante intelligence, à son savoir-faire, à son érudition immense, qu'il fut bientôt comme le fils du vieillard. Il arriva un beau jour que Formosus perdit toute sa gaieté, devint pâle et eut l'air malade, que dix fois par quart d'heure il poussait de profonds soupirs, comme s'il eût rendu le dernier souffle ; entièrement reployé sur lui-même, abîmé dans ses pensées, il semblait incapable d'ouvrir ses sens au monde extérieur. Longtemps, le vieillard pressa vainement le jeune homme de lui révéler la cause de son chagrin. Formosus finit par avouer, pourtant, qu'il était mortellement épris de la fille unique du Président. Celui-ci, qui avait sans doute pour sa fille d'autres vues qu'un mariage avec ce jeune homme sans rang ni situation, s'effraya d'abord de cette révélation ; mais voyant le pauvre soupirant dépérir, il se fit une raison et demanda à Ulrique si Formosus lui plaisait et s'il lui avait parlé déjà de son amour. Ulrique baissa les yeux et dit que le jeune Formosus, timide et réservé, ne s'était point déclaré à elle, mais qu'elle avait remarqué depuis longtemps son amour, car c'était chose remarquable. D'ailleurs, ajouta-t-elle, le jeune Formosus lui plaisait bien ; s'il n'y avait point d'obstacle, si son petit papa chéri ne s'y opposait pas, et... bref, Ulrique dit tout ce que disent en pareille occasion les jeune filles qui ne sont plus de la toute, toute première jeunesse et qui se demandent sans cesse : « Quel est celui qui t'épousera ? » Là-dessus, le Président dit à Formosus : « Relève la tête, mon fils ! sois gai, sois heureux ! mon Ulrique sera à toi. » Et Ulrique devint ainsi la fiancée du jeune Formosus. Tout le monde fut enchanté du bonheur qui survenait à cet aimable et modeste jeune homme ; un seul être en fut chagrin et désespéré, et ce fut Walter, l'ami intime de Formosus. Walter avait vu quelquefois Ulrique, il lui avait parlé, il s'en était épris plus encore que Formosus peut-être...
(…)

 Le chat Murr dessiné par l'auteur, E. T. A. Hoffmann.

Walter (reprit Ponto) sauta au cou de Formosus et lui dit en pleurant : « Tu me ravis le bonheur de mon existence, « mais que ce soit toi, que toi, tu sois heureux, voilà ma consolation. Adieu, mon ami, adieu pour toujours ! » Et Walter, s'élançant au plus épais d'un fourré, voulut s'y donner la mort. Mais il ne le fit pas, car dans son désespoir il avait oublié de charger son pistolet ; il se contenta donc de quelques accès de folie qui se répétaient chaque jour. Un beau matin Formosus, qu'il n'avait pas vu depuis de longues semaines, entra chez lui à l'improviste, comme il était justement agenouillé, se lamentant horriblement devant un portrait au pastel d'Ulrique qui était accroché, encadré et sous verre, à la paroi. « Non l « s'écria Formosus en pressant Walter sur son cœur. Je ne « pouvais supporter ta douleur, ton désespoir; je te sacrifie mon « bonheur avec joie. J'ai renoncé à Ulrique, j'a i amené son « vieux père à t'accepter pour gendre. Ulrique t'aime, sans « peut-être le savoir elle-même. Demande sa main, je m'en « vais !... adieu ! » Il voulut partir, mais Walter le retint. Celui-ci croyait rêver, il n'ajouta foi aux paroles de Formosus que lorsque celui-ci lui montra un billet du vieux Président qui disait à peu près : « Noble jeune homme ! tu l'emportes, « c'est malgré moi que je te rends ta parole, mais j'honore « ton amitié ; elle ressemble aux actions héroïques qu'on lit « dans les écrivains anciens. Si M. Walter, qui est un homme « doué de louables qualités et pourvu d'une bonne charge « rémunératrice, veut demander la main de ma fille, si elle « veut l'épouser, je n'y trouve rien à redire. » Formosus quitta la ville, Walter demanda la main d'Ulrique, Ulrique devint la femme de Walter. Le vieux Président écrivit encore une fois à Formosus, le couvrant d'éloges et lui demandant s'il accepterait avec plaisir trois mille écus, non point en dédommagement, certes, il savait bien qu'il ne saurait y en avoir en pareil cas, mais comme un très modeste signe de sa profonde affection. Formosus répondit que le vieillard connaissait la modestie de ses besoins ; l'argent, disait-il, ne donnait pas, ne pouvait pas lui donner le bonheur ; le temps seul le consolerait d'une perte dont nul n'était coupable, sinon le sort qui avait enflammé au cœur de son ami une passion pour Ulrique ; il n'avait fait qu'obéir à son destin, il ne pouvait donc être question d'un acte magnifique. D'ailleurs, ajoutait-il, il acceptait le présent, à condition que le vieillard le donnât à une pauvre veuve qui vivait à tel et tel endroit, dans une misère affreuse, avec une vertueuse fille. On trouva la veuve, on lui remit les trois mille écus destinés à Formosus. Peu de temps après, Walter écrivit à Formosus : « Je ne puis plus vivre sans toi, « accours dans mes bras. » Formosus le fit et, en arrivant, apprit que Walter avait abandonné son poste rémunérateur à condition qu'on le donnerait à Formosus, qui désirait depuis longtemps une charge de ce genre. Formosus eut ce poste, et, à part l'espoir déçu de son mariage avec Ulrique, il fut dès lors le plus heureux des hommes. Tout le monde admira la joute de noblesse des deux amis, on considéra leurs actions comme un écho d'une époque plus belle et depuis longtemps révolue, on y vit l'exemple d'un héroïsme dont seuls les grands esprits sont capables.
(…)

Trois Chats Franz Marc 1913
Il faut ajouter encore quelques détails auxquels la ville n'a pas pris garde et que je tiens en partie de mon maître, en partie de mes propres observations. L'amour de M. Formosus pour la riche fille du vieux Président ne dut pas être aussi violent que le vieillard le crut, car au plus fort de cette mortelle passion le jeune homme ne négligeait pas, après ses journées consacrées au désespoir, d'aller voir chaque soir une charmante petite modiste. Mais lorsqu' Ulrique fut devenue sa fiancée, il trouva bientôt que l'angélique demoiselle possédait le talent tout particulier de se changer, à l'occasion, en un petit Satan. 11 eut en outre le malheur d'apprendre de source certaine que Mll e Ulrique avait fait à la capitale, en fait d'amour et de bonheur amoureux, des expériences fort exactes; c'est alors qu'il fut pris soudain d'une irrésistible noblesse de cœur, grâce à laquelle il céda sa riche fiancée à son ami. Walter était réellement épris d'Ulrique, qu'il avait vue dans le monde, revêtue de tous les artifices éclatants de la toilette ; quant à Ulrique, il lui était assez indifférent de s'adjoindre pour époux Walter ou Formosus. Walter avait, il est vrai, une charge très rémunératrice, mais il l'avait administrée avec tant de fantaisie qu'il se voyait à la veille d'être mis à pied. Il préféra démissionner au profit de son ami et sauver ainsi son honneur par une action qui portait la marque des plus nobles intentions. Les trois mille écus furent remis, en bons et honnêtes billets, entre les mains d'une femme très distinguée qui passait tantôt pour la mère, tantôt pour la nourrice de la jolie modiste. En cette affaire, elle joua deux personnages. Elle fut d'abord, pour recevoir l'argent, la mère, puis, pour le transmettre et se faire donner un bon pourboire, la servante de la jeune fille que tu connais, cher Murr, puisque c'est elle qui vient d'apparaître à la fenêtre avec Formosus. D'ailleurs, les deux amis, Walter et Formosus, savent depuis longtemps de quelle façon ils ont rivalisé de générosité ; ils se sont longtemps évités pour s'épargner des louanges réciproques, et c'est pourquoi ils se sont salués si chaleureusement tout à l'heure, lorsque le hasard les a fait se rencontrer dans la rue. »
Jeunesse-de-Murr.JPG

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 19:22

Ile-paques.jpgLorsque Pierre Loti débarque à l’ile de Pâques en 1872 il n’y reste que 105 personnes. Pourtant, vers 1605 une population estimée entre 5 à 10.000 habitants vivait sur Rapa Nui « la grande Rapa », cette île au milieu de nulle part (la plus proche île habitée se trouve à 2000 km). Jadis la forêt y était dense et il n’y reste plus un arbre. Que s’est-il donc passé ? La thèse de Jared Diamond, dans son livre Effondrement est convaincante : il s’agirait d’un écocide.
 
 « Nous Humanite-biodiversite.pngéliminons aujourd’hui plus de mille fois plus d'espèces qu'avant l'époque industrielle. Cette extinction massive, la sixième dans l'histoire de la Terre, l'humanité en est la cause. Elle pourrait en être la victime  les taux d’extinction des espèces » indique sur sa page internet l’astrophysicien Hubert Reeves et président de l’association Humanité et Biodiversité (ex Ligue ROC).

De fait, on parle aujourd’hui du syndrome de l’île de Pâques (ou encore du Titanic), pour désigner ce prométhéisme forcené qui caractérise nos époques postmodernes.
Nous nous sommes rendus comme « maîtres et possesseurs de la nature », pour reprendre la terminologie de Descartes, capables, sans qu’il soit nécessaire même d’évoquer les menaces militaires et nucléaires (pourtant bien réelles), de mettre en péril notre propre espèce, voir toute forme de vie sur terre.
Serions-nous entrés dans l’ère de l’anthropocène ? A chacun d’en juger.

Mais pour l’heure revenons sur la biodiversité.
Le biologiste Gille Bœuf nous expose dans cette série de vidéos, de manière fort didactique, simple et limpide, les enjeux relatifs à l'impact de l'homme sur son environnement. Il est également président du Muséum national d'histoire naturelle.

 



Quelques autres billets sur ce blog en relation avec ce sujet :

 MidWay Atoll
 A propos de l’idée de progrès, une discussion récente autour du travail de JCL.Michéa
 Jean Gadrey : Crise écologique et crise économique (transcription de conférence)
 Stephane Ferret : Deep water horizon (sous-titré éthique de la nature et philosophie de la crise écologique)
 Jared Diamond : Effondrement
L’homme, un consummateur ?

 

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L’anthropocène, dialogue entre un glaciologue et un anthropologue
Alain Gras, anthropologue et sociologue, et Claude Lorius, glaciologue.
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Hubert Reeves et la défense de la biodiversité
(émission ‘coup de pouce pour la planète, 2010)
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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 09:20

Une tablette à lire peut contenir des milliers de livres.
Aussi est-il paradoxal de noter que ceux-là mêmes qui possèdent ce dernier gadget à la mode, sont d’ordinaire ceux qui ne lisent précisément pas plus de deux ou trois livres l’an.
De la sorte, leur joujou sera déjà au rebut bien avant qu’ils en aient amorti le prix en équivalent papier.
Après cela on dira encore les humains rationnels !

Tablettes-alienation.jpg

Parmi les arguments de vente en faveur des tablettes on trouve :
C’est pratique, léger, toujours à portée de main, et l’on sert à bien d’autres activités que la lecture.
A ceux là je dis que plus jamais ils n’oseront se promener ou baigner tranquilles, par crainte de se la faire voler. En outre, un grain de sable suffit à la détruire, quelques gouttes d’eau à la ruiner. Et sitôt la batterie épuisée le désarroi !
Quant aux autres fonctionnalités, mieux vaut en rire…

 IPAD-jeu.jpg

Pourquoi avoir toujours une tablette avec soi ?
La montrer tout d’abord ; c’est le point essentiel.
Ensuite, relever ses courriels, suivre les cours de bourse, regarder une vidéo, consulter la météo, écouter de la musique, jouer…
Bref, la tablette est un prétexte à faire le beau et, surtout, ne pas lire.

homme-et-son-ipad-10644181tygtl_46-copie-1.jpeg 

Avant le publicitaire disait : Si tu n’a pas ta Rolex à 50 ans tu as raté ta vie.
Désormais le neuro-marketing susurre : Si tu n’as pas ta tablette à 10 ans tu as raté ta vie !
On le voit, le monde s’emballe… Tout va plus vite à la ruine.

 CoverEnfantTablette.jpg

Si je méprise l’hystérie techno-addictive, je n’en verse pas pour autant dans la sottise technophobes à la Heidegger et consorts. J’entend le prouver par cette définition de la tablette à lire, la seule trouvant grâce à mes yeux : 
Ustensile électronique multifonctions qui peut avoir son usage dans un cadre professionnel ou technique.

 

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 09:24

michea_0.jpg

 

Hier Jean-Claude Michéa était l'invité de l'émission Réplique, pour une causerie passionnante  autour de son dernier essai, Le Complexe d'Orphée, sous-titré la gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès.

 

La transcription étant un art fastidieux, sachant que l'émission est podcastable toute la semaine sur France-Culture et écoutable pendant cinq semaines sur le site de l'émission, je me contenterai ici, en guise de mise en bouche, d'indiquer quelques repères et de reprendre seuls deux ou trois passages de manière exhaustive.

 

Par ailleurs, voici quelques liens vers d'anciens billets autour du travail de Jean-Claude Michéa :

 

Les riches et le défaut d'éthique ; la common decency au crible de la science
Jean-Claude Michéa : Le complexe d'Orphée, la gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès
Jean-Claude Michéa - Le nomade "Attalien' où la nouvelle gauche kérozène
Jean-Claude Michéa - L'empire du moindre mal

 

Quelques jalons

Ce ne sont là que quelques notes prises sur le fil de la discussion ; forcément partielles, incomplètes et rédigées dans un style télégraphique ; invite, je l'espère à aller écouter l'émission en son entier, afin d'en tirer tout le miel.

 

Critique de l'idéologie du progressisme :
Critique de l'idée de progrès, vu comme le sens de l'histoire, inéluctable et irréversible (La globalisation, par exemple, dans ce schéma se présente comme un phénomène devant lequel tout choix est impossible).

 

Progressisme & libéralisme - Hobbes et l'absolutisme :
Deux réponses modernes (suite aux guerres de religion) - Volonté de neutraliser l'idéologie (politique axiologiquement neutre). Objectif : déloger l'ancienne main invisible de l'Etat par celle du Marché.

 

Origine du libéralisme moderne :
Le libéralisme, dans son volet économique nait au fond à l'intérieur de Port Royal et des moralistes à la Rochefoucauld
Libéraux : pessimistes anthropologiques (l'homme est mu par son égoïsme, ne voit que son intérêt) auquel se couple un optimisme radical dans le pouvoir de la raison et dans les rapports de l'homme à la nature.

 

 

Common decency :
Sentiment spontané essentiellement répandu chez l'homme ordinaire qu'il y a des choses qui ne se font pas.
(Définition délibérément floue philosophiquement, dira JCl Michéa ; et de s'en expliquer)

 

Passages de l'émission

J'ai choisi deux passages s'ouvrant par des phrases qui m'ont semblé choc :

 


1) Ce premier passage est fort mince ; le second sera plus consistant. Mais je ne pouvais m'empêcher de relever cette phrase avec Brassens.

 

"David Hume, vous lui donnez une guitare et ça fait Georges Brassens".
Hume est un penseur de la limite et de la modération. Néanmoins, son principal souci est de construire une société où chacun soit libre de vivre comme il l'entend ; donc une société dans laquelle le gouvernement des hommes n'exigerait des citoyens aucun modèle de bonne vie.
(....) La mise en œuvre de leurs intentions (Hume, Smith, etc.) déclenche un mécanisme qui leur échappe et se retourne contre eux

 

2) Cette partie fait réponse à une question d'Alain Finkielkraut, et la reprise à son compte par ce dernier de la définition tocquevillienne de la démocratie.

 

"Sur le plan politique les libéraux ne sont pas des démocrates".
(Ils sont), dès Sieyès, clairement critiques de la république et la démocratie ; c'est-à-dire le régime de la souveraineté du peuple comme une des figures possibles de l'absolutisme - Les libéraux reprochent précisément à Rousseau et aux républicains issus de la tradition florentine de se contenter de transférer le pouvoir absolu du roi entre les mains du peuple, ce qui ne fait pas sortir, disent-ils du despotisme. C'est pourquoi la démocratie ne peut pas être un bon régime et doit être remplacée par le régime représentatif (dans le cas de Kant, la république ; et Kant range la démocratie du côté du despotisme). De fait l'histoire politique du libéralisme ne va pas dans le sens d'un pouvoir croissant du peuple sur son propre destin. A tel point que lorsque la Trilatérale en 75 publie le résultat de ses travaux, elle dit que la gouvernabilité des sociétés libérales (des démocraties ans sens tocquevillien du terme) serait beaucoup efficace avec l'apathie des citoyens, qui devraient se contenter d'être des consommateurs. Et par conséquent, le libéral n'est pas un démocrate, sauf si, comme le dit Orwell, on prend le mot démocrate dans le deuxième sens que ce mot à pris après l'accession d'Hitler au pouvoir : c'est-à-dire la défense des libertés individuelles.

 

 

http://www.franceculture.com/emission-l-invite-des-matins-jean-claude-michea-2011-10-06.html

 

Un exemple
Enfin, un exemple concret de ce que peu donner la mise en œuvre du principe libéral dans la vie de tous les jours. (principe libéral : privatisation des valeurs morales, religieuses, philosophiques et autres).  

 france-defiguree   

Un nouveau centre commercial qui défigure un paysage est entrain de se mettre en place. Vous ne pouvez pas faire valoir que le paysage est défiguré, parce qu'on vous ferait valoir en réponse que nous comprenons que votre esthétique personnelle pense que ce bloc de béton est moins beau que la forêt qui existait avant, sauf que c'est une opinion privée et que vous ne pouvez pas faire de cette opinion la règle d'une politique commune. En sorte que, dans cette guerre des dieux que sera le débat sur la beauté ou non de ce bloc de béton, en dernière instance, qu'est-ce qui tranchera ? Le Marché ! Est-ce que ou non le centre commercial va permettre le développement de la croissance locale ? Si oui, il est beau. L'économie et le Marché tiendront lieu de la morale absente.

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Published by Axel Evigiran - dans Philosophie
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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:40
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A vous toutes
que l’on aima et que l’on aime
icône à l’abri dans la grotte de l’âme
comme une coupe de vin
à la table d’un festin
je lève mon crâne rempli de poèmes
Souvent je me dis et si je mettais
le point d’une balle à ma propre fin
Aujourd’hui à tout hasard je donne
mon concert d’adieu
Mémoire !
Rassemble dans la salle du cerveau
les rangs innombrable des biens-aimées
verse le rire d’yeux en yeux
que de noces passées la nuit se pare
de corps et corps versez la joie
que nul ne puisse oublier cette nuit
Aujourd’hui je jouerai de la flûte sur
ma propre colonne vertébrale
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V Maïakowsky 1915
extrait de “La flûte des vertèbres”
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Mayakovsky_1910.jpg
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Une biographie de V. Maiakovsky, ce géant controversé  – sans concessions, mais nuancée…
« Ils l'ont tué une seconde fois » dira Pasternak, après la réhabilitation post mortem du poète par Staline.
 
     
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complot-bronswick.jpg
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Un groupe qu'il me plaisait à écouter, il y a de cela des années. Particulièrement cette chanson, A vous toutes, dont j'ignorais alors la source des paroles.
A l'origine du nom du groupe, un film d'animation,The Bronswick affair.
"En 1964, un curieux phénomène défraya la manchette des journaux à travers le monde. L'Iconaki, une puissante multinationale, fut alors soupçonnée d'avoir mis au point et distribué la «Bronswik», un appareil de télévision apparemment inoffensif mais dont la fonction était de pousser les téléspectateurs à acheter, en quantités démesurées, débordant tout bon sens, certains produits de consommation."
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Pour voir le film, cliquer sur la télévision :
Bronswick-affair.jpg
     
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