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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 16:23

The-Synthetic-Dream-Foundation-1.jpg

 

Le bon côté de certains réseaux musicaux sur la toile, tel LastFm, outre d’y coaguler les oreilles selon affinités, est de pouvoir s’y faire surprendre par de belles rencontres ; ainsi la découverte d’une formation,  The Synthetic Dream Foundation, que je situerai volontiers dans une mouvance expérimentale, et plus précisément dans la branche où fleurissent les saveurs symphoniques mâtinées d’électronique (je ne suis pas un adepte des classifications, toujours réductrices, mais il faut bien parfois ancrer le tympan en des contrées défrichées).

Un projet polymorphe donc, ou s’agglutinent autour du noyau dur constitué de son énigmatique initiateur diverses sensibilités ; manières d’artistes ; buée éphémère sur la vitre de nos chimères - vocalistes, violonistes, musiciens de l’aube et du crépuscules, venus entonner de futuristes marches funèbres – car toute musique (du moins celles capables de secouer l’âme) est sa manière requiem au bord de l’abîme. 

 

 

 where-drowned-suns-still-glimmerSuintent ainsi des mélodies numériques composées par The Synthetic Dream Foundation, des touches abyssales à la In slaughter natives auxquelles se joignent des rythmiques qui ne sont pas sans faire songer à Front Line Assembly ou à Skinny puppy – Mais à chacun sa propre interprétation et ses références. Car dans les embardées synthétiques tant que traditionnelles ou classiques il n’est de véritables règles que celles que l’on se fixe à soi même ; d’ailleurs à force de mélanger les couleurs musicales il en est qui ne trouvent plus dans la musique qu’un noir d’encre - teinture ultime située au-delà de tout racontable, allant jusqu’à dénier la moindre expressivité au motif. Mais sans doute n’est-ce là qu’une erreur de perspective, une sorte d’athéisme sensoriel qui vaut bien toutes les religiosités du goûts et autres Port Royal mélodiques. 

Quant à moi, si j’en avais le culot, je me rallierai volontiers à ce que m’a susurré à l’oreille une petite voix espiègle : lorsque la raison mange l’émoi, et ne voit plus dans la beauté du monde qu’agitation absurde d’atomes innombrables, de ses vocalises ne peut jaillir que le cadavre tiède du réductionnisme hallucinatoire. 

En découle la platitude infinie d’un paysage terne jusqu’à la-palissade ; état d’esprit pareil à celui d’un esthète désabusé qui, planté devant une toile de maître dirait : Ces couleurs ne sont au final que la perception de différentes longueurs d’ondes du spectre électromagnétique. Et de penser aussitôt : l’électromagnétisme, voilà le réel ! 

 

Mais fi de ces vaines passes d’escrimes, abusivement hors sujet ; le mieux est encore de résister au fâcheux penchant naturel du parti pris et du son de clocher…

Et simplement écouter The Synthetic Dream Foundation – qui ne se réduit d’ailleurs pas à un projet musical. 

 

 


 

Synth

«  Hey,

I noticed your profile because we are musical "neighbours" having similar tastes in music. I am writing you because I thought you might be interested in the newest cd from one of the bands I play live violin for, The Synthetic Dream Foundation. We combine dark, glitchy electronica with full symphony and guest female vocals. You can download our most recent release for completely free here

 

http://www.tsdf.net/where.html

 

Any feedback would be appreciated. Hope you enjoy it! » 

 

 

 

 

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 16:39

« Car je considère la musique dans son essence, impuissante à exprimer quoi que ce soit : un sentiment, une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature, etc. L’expression n’a jamais été la propriété immanente de la musique. La raison d’être de celle-ci n’est d’aucune façon conditionnée par celle-là. Si, comme c’est presque toujours le cas, la musique parait exprimer quelque chose, ce n’est qu’une illusion et non pas une réalité. C’est simplement un élément additionnel que, par convention tacite et invétérée, nous lui avons prêté, imposé, comme une étiquette, le protocole, bref, une tenue et que, par accoutumance ou inconscience, nous sommes arrivés à confondre avec son essence ».

 

Strawinsky, Chroniques de ma vie.

Citation elle-même tirée  de L’inexpressif musical / question sans réponse, de Santiago Espinosa et Clément Rosset.

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Combichrist - I want your blood

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«… c’est alors la parole qui ‘accompagne’ la musique et non le contraire ; et n’importe quel texte ferait au fond l’affaire, y compris celui le plus opposé à celui retenu…. »

Clément Rosset L’invisible
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Combichrist - What the fuck is wrong with you !
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« Le moi, c’est l’absence de pensée, l’absence de paroles ; le ‘Je périssable’ le je mouvant, incapable de se fixer dans un mot. Je incapable aussi de se fixer dans un reflet de miroir – ou d’écran – qui lui renvoie une image de soi. Le je meurt ; le moi, son image, demeure ». 

L’inexpressif musical / question sans réponse, de Santiago Espinosa et Clément Rosset.
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Combichrist - Sent to destroy

Axel, incertain sur les sentiers de l’inexpressivité musicale, se disant en refrain - à plus d'un titre : « What the fuck is wrong with me ! ». 

Et ce qui à l’allure et la saveur, tout de même un peu,  d’un réductionnisme - ou de son ombre, me fait malgré moi reprendre en écho le dire d’un commentateur peut-être levé du pied gauche : « A-t-on vraiment dit quoi que ce soit lorsqu'on affirme que la peinture est d'abord un assemblage de couleurs et la musique un assemblage de sons ? ».
S’il m’était aujourd’hui possible croire la psychanalyse je dirai que je fais de la résistance… 

Mais je me rassure, songeant qu’au final rien « n’élucide évidemment la nature de l’expressivité exclusivement musicale, si toutefois cette expressivité existe ». 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 13:03

quantom.JPG 

    

La toile réserve bien des surprises. Parfois fort jolies…

 

Ainsi est-ce par le plus grand des hasards, en scrobblant (1) de la musique depuis itune, tout rassemblant divers matériaux pour un prochain article sur l’antique cité de Gortyne, qu’avec effarement j’ai découvert que le groupe Quantom 1+3 comptait subitement, depuis avril, sur Last FM 45 auditeurs pour 575 morceaux écoutés… Des partitions musicales forts anciennes que ma mémoire avait oblitérée, telles Céléano, Nordeste mystique ou encore Bleuets dont le texte est tiré du poème éponyme d’Apollinaire.

Cette subite, tant qu’inattendue exhumation, m’a conduit à une rapide recherche sur la toile pour remonter à la source de cette étrangeté, tant temporelle que factuelle ; puisque, à dire vrai, je suis le principal protagoniste et fondateur de cette ‘expérience alchimique’, défunte désormais depuis plus de 15 ans, et que les deux autres membres de la formation - et je le sais de source sure - ne peuvent avoir contribué à la résurgence de ce genre de phénix…

Il ne m’aura pas fallut long pour aborder sur les rives de ‘Systems of Romance, ou se trouve proposé en téléchargement libre une K7 remontant à 1993.

Ainsi, rien ne semble pouvoir se perdre irrémédiablement dans les méandres aux ramifications presque sans limite de la toile digitale. L’oubli n’est plus de ce monde… Et c’est avec un sentiment mêlé de nostalgie et de perplexité que j’ai downloadé le fichier comprenant ces 14 fragments de mon histoire musicale. La page était tournée depuis si longtemps, et ces dizaines de k7 d’alors, reléguées dans des tiroirs délabrés faute d’avoir été ouverts. Ce que j’avais décidé de perdre, d’autres en ont pris soin et se le sont passés de mains en main, jusqu’à ce que cela parvienne de l’autre côté de l’atlantique ou cela a été mis en partage… Le son est étonnamment bon et exempt de tâches pour ce type de production artisanale. Sans doute que ces archéologues de ‘Dark music’ ont-ils atténué le souffle sous les morceaux en rajustant les pierres et colonnes de ce qui reste de ce temple effondré. Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un travail conséquent et altruiste, dont la seule motivation est d’offrir aux auditeurs nostalgiques ainsi qu’aux nouveaux adeptes des vielles sonorités, un peu de l’ambiance de sépulcre qui s’écoulait alors des veines immatures des fauteurs de Quantom 1+3.tophe.jpg

 

Bien sûr, j’ai un peu honte désormais à l’écoute de certains morceaux ; partitions bancales, arrangements hasardeux, moyens rudimentaires assortis de certaines naïvetés de composition - et surtout une voix bien souvent en décalage ; mal posée et sans véritable cachet (blessure d’amour propre : ce fut toujours pour moi le point faible). Mais il convient d’assumer cet héritage. Sans doute explique-t-il aussi, pour part, d’autres chemins pratiqués depuis lors.

Ainsi je sais gré à cet inconnu de Systems of Romance, de cette mise en ligne, et qui outre la mise à disposition de ces ‘Mémoires alchimiques’, a commis un petit texte d’accompagnement que j’hésite à troubler d’un commentaire intempestif. Non pas que je ne veille point manifester ma reconnaissance à ce musicien New-Yorkais, mais je crains, en me manifestant, de troubler l’onde paisible de cet étang ou repose ces vieilleries comme autant de fragments d’une cité engloutie.

 

Au fond, ravi que cela puisse encore plaire et circuler…


Productions officielles de Quantom 1+3 : 

  • Mémoires Alchimiques (1993, demo tape)  
  • L'oeuvre au noir (1994, demo tape)  
  • Les afflictions de l'âme 1995 - Tape sortie sur le label Cat's Heaven (Sub label of VUZ records) 
  • Rough Materials - 1997/1998 - CD demo

Puisque la saison en est finalement propice, je remet ci-dessous, en guise d’épitaphe, quelques extraits de l’ancien Website de Quantom 1+3.

Je précise, qu’il faut évidemment prendre cette prose antédiluvienne avec recul. C’est si vrai que d’ailleurs, déjà à cette époque, j’avais mis en avertissement, en bas de chaque page : " Ne prenez pas ces élucubrations au sérieux. "



Quantom-01.JPG

 

Quantom-02.JPG


 

(1) Le scrobbling est le fait d'envoyer le titre (juste le titre pas le fichier) de la musique que l'on est en train d'écouter à un site.
Le site garde en mémoire les titres écoutés et génère des statistiques . A partir des ces dernières l’on obtient :

Des recommandations musicale, incitations à découvrir des artistes proches de nos goûts musicaux.

Propose des événements proche des chez soi, en relation avec les goûts musicaux exprimés.

Crée un classement des écoutes musicales, indique les sorties de nouveaux albums, etc.

Permet de dialoguer avec les autres utilisateurs.

Génère enfin une sélection des utilisateurs qui ont des goûts proche de soi, avec possibilité de visualiser leur statistiques d’écoute. (voisins qui peuvent devenir amis).   

 

SORSMALL.jpg

 

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  • : Blog généraliste ou sont évoqués tout aussi bien des sujets sociétaux qu’environnementaux ; s’y mêlent des pérégrinations intempestives, des fiches de lectures, des vidéos glanées ici et là sur la toile : Levi-Strauss, Emanuel Todd, Frédéric Lordon, etc. De la musique et de l’humour aussi. D’hier à aujourd’hui inextricablement lié. Sans oublier quelques albums photos, Images de châteaux, de cités décimées, et autres lieux ou s’est posé mon objectif…
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