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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 08:11

La Paz

 

Comme la plupart des gens âgés, ma mère est affectée de cette propension maladive à se débarrasser de tout ce qui l’encombre. Ainsi, chaque semaine, anticipant ma venue, vide-t-elle son grenier et ses placards innombrables truffés d’ustensiles tous plus obsolètes les uns que les autres, histoire de me les refiler avec un air de satisfaction. « Tiens ça fera plaisir aux enfants », dit-elle cette fois, présentant un sac Cora rempli de vielles peluches élimées sorties dont on ne sait où. Une autre fois c’est un moulin à café électrique hors d’usage ou un gros téléphone portable de première génération cassé. « Je sais que ton fils aime démonter tout ce qui est électronique »…

 

A la vérité je sais bien, depuis la mise en place du tri sélectif, qu’elle a juste eu la flemme d’aller se défaire de ces vestiges des années du consumérisme triomphant à la déchèterie locale. Mais, en fils bien éduqué – la sachant aussi assez « soupe au lait », j’évite de la contrarier et dit simplement merci, un vague sourire de circonstance aux lèvres. C’est là le pris de ma tranquillité.

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Il arrive que s’y mêlent des objets plus incongrus, comme cette vielle boite en tôle de cigarillos « La Paz » remplie d’un assortiment de clous à moitié rouillés, d’écrous, de vis diverses, un trombone, une cheville en plastique et même un bouton – Elle sait pourtant que je ne bricole pas. Mais, me dis-je alors, c’est toujours mieux que de retrouver tout ça bien emballé, avec les petits autocollants idoines, aux noëls ou aux anniversaires ; ainsi cette fois ou ma cousine reçut un appareil photo argentique antédiluvien – genre Kodak à bas prix.
A ces purges hebdomadaires se joint la cohorte incontournable des journaux et revues, auxquels se mêlent parfois quelques livres. Il faut préciser que ma mère vivant dans une impasse où la moyenne d’âge doit avoisiner les 70 ans, on se refile allègrement ces magazines people que personne, évidemment, n’achète. Et le point de concentration de tout ce fatras, après circulation, c’est chez elle.

 

Entre les bourrelets de telle star d’un jour et les infidélités de tel autre sportif paillette, trônent un certains nombre de Figaros cornés à mon attention : soit sur les invasions de Roms, soit sur les dépenses somptuaires de la gauche caviar ou sur l’énorme gâchis dépenses sociales, soit encore sur les délits des « soi-disant » français et sur l’insécurité galopante. Il arrive que s’y perde parfois un Nouvel Obs., mais alors c’est parce qu’il contient un article sur le Bio, lui aussi, nous dit-on, saturé de pesticide, comme l’atteste d’ailleurs ces phrases cinglantes stabilotées au jaune, un air de dire « Tu vois !… ».

 

Je ne serai pas complet si j’omettais de préciser qu’à tout cela s’ajoute la grosse pile de Voix du Nord (utile en hiver pour faire partir la cheminée), mais aussi des paquets de prospectus publicitaires les plus divers sur des magasins ou je ne mettrai jamais les pieds, des programmes TV périmés et des livrets d’expositions divers et variés, genre « l’histoire du tricot », que ma mère à piqué par poignées, juste animée de l’idée : c’est gratuit je prends ! 

 

Mais un miracle peut arriver.
Et ce fut le cas ce mercredi, avisant un roman des collections France Loisir : C’était La carte et le territoire de Houellebecq.
Je n’avais plus rien lu de lui depuis Les particules élémentaires.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 15:12

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Il y a 20 ans, jour pour jour, il faisait grand soleil, le printemps pointait son nez et la température était douce. Le souvenir en est profondément ancré. 

P1060541.jpgCe matin c’est une toute autre musique. La neige recouvre la nature d’un manteau épais et vent souffle en blizzard, balayant les étendues vides, accumulant la poudre blanche en tas énormes. 

 

Bien dressé nous tentons néanmoins de prendre la voiture et au pas prendre la direction de la métropole. Il est tôt et la campagne encore déserte – du moins le croyons nous. Mais bientôt nous rattrapons le cortège funèbre des autres véhicules en perdition. Certains pour avoir été trop véloces reposent dans le fossé, tandis que d’autres, trop timorés ou maladroits se sont enlisés, parfois au milieu de la route. Nous persévérons cependant. Peine perdue. Un accident est annoncé à mi-chemin, contraignant à rebrousser. 


A la gare du village nous croisons des regards congelés aux mains agrippées à leurs cellulaires comme à des bouée de sauvetage. L’attente perdure, dans l’espoir d’un train, chacun nourrissant, malgré l’impuissance, un sourd sentiment de culpabilité. « Et si un collègue parvenait à se rendre malgré tout au travail, que penserait-on de nous ? », semblent dire les regards mi-navrés mi- perplexes. Ainsi va le naufrage… Tout ces travailleurs, décrits bien souvent par leur hiérarchie comme fainéants ou pas assez motivés, ils sont là, battant semelle sous la neige au bord des rails, anxieux. Les managers, du moins la cohortes de ceux qui ne dépendent que d’eux-mêmes - je parle d’expérience - n’ont pas les mêmes scrupules et sont restés au chaud, sans même tenter, dans leur véhicule de fonction, la moindre sortie. L’ouvrier ou l’employé, lui, risque le quart de sa paye si par malheur il verse au talus. Mais ainsi vont les choses.

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L’esprit rebelle –ou le détachement, je ne sais - est ici d’utilité. Et d’un ennui il faut savoir tirer un bénéfice.


Aussi, lâchant tout ce monde aux abois, c’est le retour en nos pénates, suivi de la décision de profiter de cette journée que nous accorde les intempéries. 

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Et aussitôt dans la campagne, avec mon fils et ma fille, dans le petit sentier qui courre loinP1060508.jpg derrière chez nous, entre les champs séparé d’un petit maquis par un ruisseau, c’est une autre journée qui commence. Une aventure qui nous conduit aux confins de notre petit univers, transfiguré par la tourmente. Le vent, rasant les champs en bourrasque nous pique le visage et nous rions. Nous nous imaginons dans la série « Game of throne », au-delà du mur, cernés par les marcheurs blancs. 

Suivant la trace des animaux nous rencontrons une compagnie de perdrix, un couple de faisans, un amoncellent de vanneaux huppés, une mésange charbonnière, venue très proche nous observer, puis, au détour d’un sentier, un chevreuil en quête de nourriture. 

Pas le moindre hominidé sur le l’horizon. Que du bonheur ! 

L’appétit et la fatigue venants, nous voltons alors dans la neige, non sans un dernier détour vers une petite mare ou nous nous rendons épisodiquement au cours de nos promenades depuis des années. Tout est y figé. Solennel. De la vieille cabane ne reste que quelques planches branlantes.

Cette journée sera inoubliable.

 

Et aujourd’hui, jour pour jour, ma fille a 20 ans. 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 15:12

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Tocqueville, me semble-t-il, est revenu depuis quelques années à la mode. Il n’est pas un débat où il est question de Démocratie sans une citation du maître es  δημοκρατία. On vante le visionnaire et le démocrate ; on salue le considérable arpenteur de l’Amérique des années Jackson, celui qui a mis en mot l’irrésistible ascension de la démocratie dans le Nouveau Monde, ce mouvement qui entraine les sociétés modernes vers le développement de l’égalité.

 

« Aux Etats-Unis, écrit Raymond Aron, Tocqueville n'a pas été seulement, en voya-geur, observer les mœurs et coutumes d'autres hommes, il a voulu, en sociologue, tout à la fois décrire une communauté unique et comprendre les particularités dans lesquelles s'exprime, outre-Atlantique, la tendance démocratique commune à l'Ancien et au Nouveau Monde. Dans son étude de l'Ancien Régime, il n'a pas seulement tenté, à la manière d'un disciple de Montesquieu, de rendre intelligibles des événements, il s'est efforcé de saisir et d'expliquer le cours de l'histoire de France considéré comme un mode singulier d'accession à l'âge démocratique. » (1)

 

De-la-democratie-en-Amerique---tome-1.jpgIl ne m’en a pas fallu davantage pour me convaincre de me coltiner avec le premier des deux gros volumes constituant cette œuvre monumentale (le premier tome a été publié en 1835 et le second en 1840), rédigé dans le style sec propre aux grand commis de l’Etats ou aux experts (ou prétendus tels).
S’il n’est pas question pour moi de contester la richesse de l’œuvre de Tocqueville - cela serait bien pédant de ma part -, force est de constater, à la lecture donc du pavé que constitue le premier tome de cette aventure américaine, que si j’y ai trouvé de bons et nobles morceaux, d’autres m’ont parus nettement plus difficiles à mastiquer, lorsqu’ils n’étaient pas simplement indigestes. Un plaisir en demi-teinte donc. A se demander, d’ailleurs, si absolument tous ceux qui disent vantent la fraicheur de l’entreprise Tocquevillienne l’ont vraiment lu.

 

On sait que Tocqueville, d’extraction noble, ne fut démocrate qu’à reculons. Mais ce n’est pas rien, si on en juge par ses parents ultra-royalistes. Mon but n’est pas ici d’y revenir ni de faire une exégèse d’une si monumentale œuvre, chose dont je n’ai ni le goût, ni le loisir, ni la capacité, mais de livrer à la réflexion de chacun quelques phrases picorées ici ou là au fil de ma lecture. Sans doute pourra-t-on trouver le procédé un peu vachard. Mais quoi ! Chacun tire Tocqueville du côté de ses propres préjugés et de l’idéologie du moment chère à son cœur ; et face à un écrit si épais et si dense la chose n’est pas supérieurement difficile. Ainsi d’aucuns affirmerons sans ambages que c’est « pour son libéralisme que Tocqueville est critiqué depuis un demi-siècle. Aron l’aurait tiré de l’oubli uniquement pour lutter contre le marxisme à une époque où il était en concurrence avec Jean-Paul Sartre ». D’autres iront chercher « dans les ouvrages de Tocqueville les arguments d'un plaidoyer pour le libéralisme économique ou ceux d'une critique du socialisme » et certains penseront, au contraire, que son travail sur la paupérisation «  permet d'introduire des nuances dans le libéralisme de Tocqueville ». Au final, au vu d’une telle diversité, mon procédé ne m’apparait pas si mauvais. Et puis, aux curieux d’aller lire l’ouvrage en son entier pour se faire leur propre idée.

 

Quoi qu’il en soit, et avant d’entrer dans le vif de ces quelques pauvres citations tirées de La démocratie en Amérique, qu’il me soit permis de clamer haut et fort ma préférence envers le simple voyageur qui rédigea Quinze jours au désert, à la statue intimidante du descendant de Saint Louis.

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« L’aristocratie est infiniment plus habile dans la science du législateur que ne saurait l’être la démocratie. Maîtresse d’elle-même, elle n’est point sujette à des entraînements passagers ; elle a de longs desseins qu’elle sait mûrir jusqu’à ce que l’occasion favorable se présente. L’aristocratie procède savamment ; elle connaît l’art de faire converger en même temps, vers un même point, la force collective de toutes ses lois ».

 

« en Amérique la législation est faite par le peuple et pour le peuple. Aux Etats-Unis, la loi se montre donc favorable à ceux qui, partout ailleurs, ont le plus d’intérêts à la violer. »

 ALEXIS DE TOCQUEVILLE

« … cette perception claire de l’avenir, fondée sur les lumières et l’expérience, qui doit souvent manquer à la démocratie. Le peuple sent bien plus qu’il ne raisonne ; »

 

« Cette faiblesse relative des républiques démocratiques, en temps de crise, est peut-être le plus grand obstacle qui s’oppose à ce qu’une pareille république se fonde en Europe ».

 

« Il se découvre, dans la corruption de ceux qui arrivent par hasard au pouvoir, quelque chose de grossier et de vulgaire qui la rend contagieuse pour la foule ; il règne, au contraire, jusque dans la dépravation des grands seigneurs, un certain raffinement aristocratique, un air de grandeur… »

 

« Le pauvre ne se fait pas une idée distincte des besoins que peuvent ressentir les classes supérieures de la société. Ce qui paraîtrait une somme modique à un riche, lui paraît une somme prodigieuse, à lui qui se contente du nécessaire ; et il estime que le gouverneur de l’Etat, pourvu de ses deux milles écus, doit encore se trouver heureux et exciter l’envie ».

 

« Le vote universel donne réellement le gouvernement des sociétés aux pauvres. L’influence fâcheuse que peut quelquefois exercer le pouvoir populaire sur les finances de l’Etat se fit bien voir dans certaines républiques démocratiques de l’antiquité, où le trésor public s’épuisait à secourir les citoyens indigents… »

 

captain-america2.jpg« Les grands talents et les grandes passions s’écartent en général du pouvoir, afin de poursuivre la richesse ; (…) C’est à ces causes autant qu’aux mauvais choix de la démocratie qu’il faut attribuer le grand nombre d’hommes vulgaires qui occupent les fonctions publiques. Aux Etats-Unis, je ne sais si le peuple choisirait les hommes supérieurs qui brigueraient ses suffrages, mais il est certains que ceux-ci ne les briguent pas ».

 

« Il se répand de plus en plus, aux Etats-Unis, une coutume qui finira par rendre vaines les garanties du gouvernement représentatif : il arrive très fréquemment que les électeurs en nommant un député, lui tracent un plan de conduite et lui imposent un certain nombre d’obligations positives dont il ne saurait nullement s’écarter ».

 

« Je ne connais pas de pays où il règne, en général, moins d’indépendance d’esprit et de véritable liberté de discussion qu’en Amérique ».

 

« Si l’Amérique n’a pas encore de grands écrivains, nous ne devons pas en chercher ailleurs les raisons (la tyrannie de la majorité) : il n’existe pas de génie littéraire dans liberté d’esprit, et il n’y a pas de liberté d’esprit en Amérique ».

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(1) Raymond Aron, Idées politiques et vision historique de Tocqueville, Revue française de science politique, année   1960   - Volume   10

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 22:09

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La tenue d’un blog est parfois fastidieuse… Passées les délectations des premiers billets, une fois relégués au fin fond de notre espace les premiers échanges par commentaires ou courriels interposés, une espèce de routine s’installe. A chacun selon son rythme et son humeur ? Pas si sûr dirais-je. Car une fois notre tribune ouverte nous nous prenons au jeu. Et ce qui n’était, somme toute, qu’un passe temps anodin prend les allures d’une addiction. N’a t-on pas fait au minimum son billet hebdomadaire (ou quotidien, bi-mensuel, etc.), voit-on sa fréquentation en berne ? La tension monte, le pouls s’accélère…Vite, vite !

 

Et c’est avec un goût d’urgence dans la bouche, prestissimo, qu’on va chercher dans les replis de notre clavier de menues semences à mettre fissa en culture, à moins que, plus prévoyant, n’ayons déjà en réserve quelques récoltes dont il ne reste plus qu’à faire la mise en caisse avant de les proposer à la consommation.
Une autre option est de recycler un écrit destiné initialement à un autre usage. J’y reviendrai.

 

Dans le genre addictif, le rituel de la consultation des statistiques joue aussi son petit rôle. Et les données sur l’évolution de la fréquentation d’un blog agissent exactement de la même manière que le passage des niveaux de votre personnage dans un jeu vidéo (j’en sais quelque chose). A peine votre ensorceleur elfe niveau 12, et alors que vous vous êtes donné tant de mal  pour y parvenir, que vous voici blasé. Vous lorgnez déjà sur les sorts disponibles au niveau 13…

 

Revenons aux statistiques mises à dispositions des blogueurs, comme autant d’indicateurs de performance dignes des plus capitalistiques firmes. A chaque plate-forme son système (je suppose qu’ils se ressemblent tous plus ou moins). Chez Overblog, par exemple, existe ce qu’on appelle le Blog rank, nombre magique basé sur un calcul occulte, prenant en compte nous dit-on moult paramètres (les valeurs apparaissent parfois surprenantes, si ce n’est farfelues : genre un BR qui augmente avec beaucoup moins de visiteurs et moins de pages vues). Ce nombre est mis à jour quotidiennement et vous pouvez suivre son évolution sur une courbe (il va de 0 à 100). Cela conduit à d’étranges comportements chez certains, comme : « Dis t’as vu mon gros BR ? », sans compter ceux qui vont claironner, ou carrément afficher sur leur page ce fameux BR (évidemment élevé). Le nec plus ultra étant d’obtenir la petite étoile des top blog – distinction des distinctions ; véritable rosette arborée avec fierté au revers de votre veston résolution 1366x768 – ou mieux…  

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D’où un sérieux dilemme : rester indifférent aux sirènes de la visibilité (ou se déclarer tel – mais qui, hormis le soiïste, assez insensé pour s’affirmer imperméable à toute influence insidieuse ?), ou y compromettre parfois son intégrité par un petit billet (ou une image) plus racoleur que les autres ? …

 

Car dans ces fameuses statistiques dansant sous l’œil du blogueur outre le nombre de visiteurs et de pages vues quotidiennement vous avez accès au nombre de visites sur chaque billet (jour / semaine / mois). Ainsi ai-je rédigé, fut un temps, un petit article sur un livre qui m’avait beaucoup plu : Limonov. Coup de bol, le roman fut primé. Mais si aujourd’hui j’ai toujours tant de visites sur cet article ce n’est pas tant – à mon grand désarroi – pour la qualité intrinsèque de mon écrit que pour la photographie de la sulfureuse Elena. En effet, Overblog donne aussi accès aux mots clés tapés par les internautes ayant atterris sur votre espace.  Et c’est parfois atterrant. CommeLimonov elena d’attirer des chasseurs intéressés par « le fusil le plus cher du monde » alors que j’ai publié un billet reprenant la lettre de Romain Gary en faveur de la protection des éléphants ! – je passe aussi tous ceux tombés chez moi pour avoir tapé « blog libertin », au motif que j’ai un billet intitulé « sagesses libertines » et un autre, beaucoup récent « l’amour au temps des libertins »…Je comprends leur déception.
Bref, je ne vais pas ici énumérer toutes les statistiques proposées à l’appétit voraces du blogueur en mal d’évaluations chiffrées, et conclurai ce chapitre disant que n’être que peu fréquenté, n’est pas un meilleur gage de qualité que d’être référencé dans les top blog. L’inverse est aussi vrai. 

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Plus généralement, n’écrit-on pas pour être lu ? Certes. Mais pourquoi persévérer et poursuivre sur sa lancée, semaines après semaines ? L’explication tient peut-être pour part, dans la théorie de l’âne, du bâton et de la carotte tel qu’expliqué par Guillaume Paoli. Et une fois l’animal bien installé dans sa routine il va « … va continuer sur sa lancée, par vitesse acquise, pour ainsi dire, sans plus se poser la question du pourquoi. Plus exactement, cette question va s’inverser pour lui. Il se demandera : quelle raison aurais-je donc de m’arrêter ? ».
C’est vrai ça. Pourquoi s’arrêter ? D’autant qu’au fil du temps se sont formées certaines affinités électives virtuelles dont on aurait désormais peine à se couper. Et puis, à portée de quelques clics, brille ce petit esprit communautaire sympathique auquel on s’est accoutumé ; cette forgerie d’idée toujours en mouvement, ces élans de singularité partagée, ces saillies délicieuses et ces pointes fulgurantes, ces obscurités seules comprises d’un petit nombre « d’initiés », ces traits d’humours et ces alliances tacites, ces courtoisies amicales et ces divergences admises – sinon dépassées, etc., etc.
Bref, autant d’attaches qui, quelque part, préservent du vide insondable de l’isolement numérique.
Mais cela ne répond pas tout à fait à la question. Pourquoi persister à se vouloir tenancier d’auberge plutôt que pilier de quelques comptoirs choisis ? Il y a fort à parier que l’Ecclésiaste ait ici raison : « Vanité des vanités ! dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. »
Sans doute, sans doute…

 

Mais voilà que je me suis encore laissé entraîné bien loin de mes intentions initiales. Car je ne voulais rédiger que quelques lignes d’introduction pour précisément justifier de l’emploi d’un texte rédigé ce matin au titre de commentaire sur le fil d’un forum rattaché à une émission radiophonique. Il y était question d’écologie.
Je me le garde donc en réserve pour une prochaine fois.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 17:41

«    Nous ouvrirons, nos yeux nos ailes, vers la lumière crue du soleil éternel…    »

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Telle est la complainte post-modern assénée par un duo français que j’affectionne tout particulièrement : Krystal System.

 
Peinture sonore d’une époque. La solitude des réseaux dégoulinante de couleurs, l’hubris désincarnée, les guerres presse-bouton, les terroristes et les affamés… Champagne sous les sunlights tandis que la légion des réfugiés climatiques refluent, finance en délire sur fond d’effondrement généralisé.

 

Enjoy !

 

Stoïcisme contemporain

 

Suicide marchandisé :
Au bout du rouleau ? Un seul coup de fil suffit !

 

Thank you for calling 1 * 800 - SUICIDE
If you wish to self terminate by electric shock, press 1.
For termination by overdose, press 2.
If you would like to make a reservation to visit our drowning pool, please press 3.
For termination by hanging, please press 4.
For death by self Inflicted gunshot, press 5.
To speak to a representative, stay on the line.
If you do not wish to die, please hang up now.

 

(Texte extrait de Dr Online du groupe Zeromancer)

 

 

Eloge de la consommation ; haine de la gratuité

 

« L'un des étudiants leva la main ; et, bien qu'il comprît fort bien pourquoi l'on ne pouvait pas tolérer que des gens de caste inférieure gaspillassent le temps de la communauté avec des livres, et qu'il y avait toujours le danger qu'ils lussent quelque chose qui fît indésirablement « déconditionner » un de leurs réflexes, cependant... en somme, il ne concevait pas ce qui avait trait aux fleurs. Pourquoi se donner la peine de rendre psychologiquement impossible aux Deltas l'amour des fleurs ? Patiemment, le D.I.C. donna des explications. Si l'on faisait en sorte que les enfants se missent à hurler à la vue d'une rose, c'était pour des raisons de haute politique économique. Il n'y a pas si longtemps (voilà un siècle environ), on avait conditionné les Gammas, les Deltas, voire les Epsilons, à aimer les fleurs – les fleurs en particulier et la nature sauvage en général. Le but visé, c'était de faire naître en eux le désir d'aller à la campagne chaque fois que l'occasion s'en présentait, et de les obliger ainsi à consommer du transport.
- Et ne consommaient-ils pas de transport ? demanda l'étudiant.
- Si, et même en assez grande quantité, répondit le D.I.C., mais rien de plus. Les primevères et les paysages, fit-il observer, ont un défaut grave : ils sont gratuits. L'amour de la nature ne fournit de travail à nulle usine. On décida d'abolir l'amour de la nature, du moins parmi les basses classes, d'abolir l'amour de la nature, mais non point la tendance à consommer du transport. Car il était essentiel, bien entendu, qu'on continuât à aller à la campagne, même si l'on avait cela en horreur. Le problème consistait à trouver à la consommation du transport une raison économiquement mieux fondée qu'une simple affection pour les primevères et les paysages. Elle fut dûment découverte. - Nous conditionnons les masses à détester la campagne, dit le Directeur pour conclure, mais simultanément nous les conditionnons à raffoler de tous les sports en plein air. En même temps, nous faisons le nécessaire pour que tous les sports de plein air entraînent l'emploi d'appareils compliqués. De sorte qu'on consomme des articles manufacturés, aussi bien que du transport. D'où ces secousses électriques ». 

Huxley, Le meilleur des mondes

 

De l’alimentation

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Usage de la langue

 

« Le ministère de la Vérité - Miniver, en novlangue - frappait par sa différence avec les objets environnants. C’était une gigantesque construction pyramidale de béton d’un blanc éclatant. Elle étageait ses terrasses jusqu’à trois cents mètres de hauteur. De son poste d’observation, Winston pouvait encore déchiffrer sur la façade l’inscription artistique des trois slogans du parti.

 

LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE C’EST LA FORCE »

 

Orwell, 1984

 

Pour finir en beauté

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 11:38

De funes 

 

Ce n’est pas tous les jours qu’une étude scientifique vienne explicitement à la rescousse d’une thèse, disons d’orientation philosophique - ou d’une intuition relevant d’un parti pris idéologique. Ce me semble pourtant être le cas avec une publication récente d’une équipe de chercheurs américano-canadiens sortie dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).



C’est à l’écoute de l’édifiante l’émission Du grain à moudre du 05 mars (Si les riches n'existaient plus, faudrait-il les réinventer ?) que je dois cette - pas si singulière que cela - information. Edifiante cette émission, disais-je, non pas par le choix du sujet, tout à fait digne d’intérêt, mais, outre la révélation des résultats de cette étude, par le côté surréaliste des propos tenus par certain un avocat fiscaliste dont je m’en voudrai de faire publicité en le nommant ici.
Passant, je remercie Hervé Gardette d’avoir mis en réponse à ma question le lien vers l’article du Monde signé par Stéphane Foucart relayant cette étude  - et qui m’a permis de remonter aux sources.


PNAS
Pour entrer dans le vif de sujet et pour faire court, cette étude menée par Paul Piff, du département de Psychologie de université de Berkeley, donne raison à Orwell et à sa ‘common decency (ou morale commune). 
Le titre de cette publication, « Higher social class predicts increased unethical behavior », est sans ambiguïté. Je ne reviendrais pas ici sur la manière dont fut conduite l’étude. Ceux qui souhaitent entrer dans le détail et qui ne sont pas rebutés par la langue de Shakespeare peuvent consulter le texte de ces chercheurs in extenso ici (à défaut l’article du Monde donne un bon résumé de la méthodologie employée par les chercheurs) :
http://redaccion.nexos.com.mx/wp-content/uploads/2012/02/1118373109.full_.pdf
Bien sûr, face à un tel constat, il convient de nuancer le propos : il se trouve naturellement des exceptions à cette fracassante vérité. Aussi, devançant l’objection Paul Piff de préciser dans un courriel adressé à un éditorialiste d’un quotidien californien : « There are important exceptions to our findings — for instance, the notable philanthropy of super rich individuals like Bill Gates and Warren Buffett — but in general, what we find in the lab resonates with patterns observed in timely political events, from scandalous acts of insider trading to the unethical acts committed by financiers in the times leading up to the recent financial meltdown”.



Mais que recouvre cette  ‘common decency’, telle que définie par Orwell ?  Pour en avoir meilleure idée laissons la parole à Jean-Claude Michéa. Voici ce qu’il rapporte dans un extrait de son livre La double pensée. Retour sur la question libérale :



« Le terme est habituellement traduit par celui d’ « honnêteté élémentaire », mais le terme de «le-riche-et-le-pauvre décence commune » me convient très bien. Quand on parle de revenus "indécents" ou, à l’inverse, de conditions de vie "décentes", chacun comprend bien, en général (sauf, peut-être, un dirigeant du Medef) qu’on ne se situe pas dans le cadre d’un discours puritain ou moralisateur. Or c’est bien en ce sens qu’Orwell parlait de « société décente ». Il entendait désigner ainsi une société dans laquelle chacun aurait la possibilité de vivre honnêtement d’une activité qui ait réellement un sens humain. Il est vrai que ce critère apparemment minimaliste implique déjà une réduction conséquente des inégalités matérielles. En reprenant les termes de Rousseau, on pourrait dire ainsi que dans une société décente « nul citoyen n’est assez opulent pour pouvoir en acheter un autre, et nul n’est assez pauvre pour être contraint de se vendre ». Une définition plus précise des écarts moralement acceptables supposerait, à coup sûr, une discussion assez poussée. Mais, d’un point de vue philosophique, il n’y a là aucune difficulté de principe.
J’ai récemment appris qu’il existait à Paris un palace réservé aux chiens et aux chats des riches. Ces charmantes petites bêtes — que vous aimez sans doute autant que moi — s’y voient servir dans des conditions parfaitement surréalistes (et probablement humiliantes pour les employés qui sont à leur disposition) une nourriture d’un luxe incroyable. Le coût de ces prestations est, comme on s’en doute, astronomique. Eh bien, je suis persuadé que dans un monde où des milliers d’êtres humains meurent chaque jour de faim — et où certains, dans nos sociétés occidentales, ne disposent pas d’un toit pour dormir, alors même qu’ils exercent un travail à temps complet —, la plupart des gens ordinaires s’accorderont à trouver une telle institution parfaitement indécente. Et il en irait probablement de même si j’avais pris comme exemple le salaire des vedettes du football professionnel ou des stars politiquement correctes du show-biz. Or pour fonder de tels jugements, il est certain que nous n’avons pas besoin de théorisations métaphysiques très compliquées. Une théorie minimale de la common decency suffirait amplement. Dans son Essai sur le don, Mauss en a d’ailleurs dégagé les conditions anthropologiques universelles : le principe de toute moralité (comme de toute coutume ou de tout sens de l’honneur) c’est toujours — observe-t-il — de se montrer capable, quand les circonstances l’exigent, de « donner, de recevoir et de rendre » ».



Pour en revenir à cette étude. Comment expliquer de tels résultats ?
S’y hasarder est sans doute délicat. Mais jouons un peu. L’une des hypothèses pour expliquer cette indélicatesse des riches (ceux dotés d’un capital social compris), pourrait résider dans le fait que ceux qui se trouvent en position dominante, le sont précisément parce qu’ils avaient ces caractéristiques - ou ces qualités - (capacité à mentir, tricher, etc.). Bref, il ne s’agirait qu’un constat rétrospectif : ceux qui sont parvenus là ou ils en sont (exception faite des héritiers / rentiers de naissance) le sont parce qu’ils considèrent que ne nous ne sommes pas chez les bizounours, et que dans ce monde de compétition à outrance la fin justifierait les moyens. Mieux, ces individus seraient des ‘engagés’, des ‘motivés’ et croiraient au système. Guillaume Paoli ne dit pas autre chose dans, je le redis, son excellent Eloge de la démotivation, qui me sert de bréviaire :



« Il est futile de dénigrer encore la cuistrerie politicienne, mais il n’en va pas autrementRiche libéral ailleurs, dans les médias par exemple : un journaliste soucieux d’enquêtes minutieuses, de longs reportages, d’indépendance d’idées et de style n’a aucune place dans le paysage médiatique actuel. Refusant d’avilir à ce qu’il croit, il s’abstiendra d’y entrer, laissant aux jocrisses de troisième ordre le soin de nous désinformer. (…) On pourrait sans peine multiplier les exemples où l’exercice d’une profession est contrariée par une vocation véritable. Il est de grands disparus tel Alexandre Grothendieck, le Rimbaud des mathématiques, qui avait radicalement rompu avec le milieu scientifique parce qu’il ne supportait pas la collusion de celui-ci avec l’Etat et l’industrie, et médite depuis trente ans à l’écart du siècle. Mais il en est une foule d’autres, anonymes et inaperçus ; Tel brillant chercheur en génétique, dont l’éthique personnelle s’accommodait mal avec les pratiques mercantiles de sa branche, écrit maintenant des romans. Tel rejeton des grandes écoles devant lequel toutes les portes étaient ouvertes a effectué un retrait tactique dans le « revenu minimum d’activité ». Tel élément d’élite d’un grand institut boursier s’est mis sur la touche, se contentant de publier ses analyse et commentaires pour les autres. Comme je l’interroge sur ses motifs, il me répond : « La bourse étant un domaine semi-criminel », c’était une mesure de sauvegarde personnelle de m’en tenir à distance »



D’où sa thèse :

« Ma thèse est qu’il existe un auto-écrémage spontané des intelligences laissant au petit-lait le soin d’accéder au sommet des organisations. Comme l’avait entrevu Yeats dès 1921 : « Les meilleurs manquent à toutes conviction tandis que les pires sont pleins d’intensité passionnée ». (…) Certes, ces objecteurs de conscience n’en sont pas devenus pour autant des drop out mendiant leur vie sur les routes. Ils se sont simplement trouvés une niche socioprofessionnelle, qui peut d’ailleurs être confortable, leur évitant de trop exposer leur talent ».



Dès lors il n’est pas étonnant à ne presque plus trouver que de voraces requins et de médiocres intrigants à certaines altitudes.



Une autre hypothèse (qui peut d’ailleurs être cumulative à la précédente) pourrait aussi résider dans l’ivresse éprouvée à respirer l’air des sommets ; se sentir au-dessus de la mêlée et de la plèbe, avec, pour corolaire, un sentiment d’impunité et de puissance difficile à réfréner. 
En guise d’illustration voici un exemple tiré d’un article récent de Mediapart. Gérard Dalongeville y explique aux journalistes « (sa) vérité ». (…) Il explique le fonctionnement de ce « système » et répète que, sans cet épisode judiciaire, il en serait encore l'un des maillons : « On se sent dans une impunité totale. S'il n'y avait pas eu cet enchaînement policier et judiciaire en 2009, on se verrait aujourd'hui dans mon bureau en mairie et je vous dirais que tout va bien dans le bassin minier. » ».
Les auteurs de cette étude vont dans la même direction lorsqu’ils disent : « A second line of reasoning, however, suggests the opposite prediction: namely, that the upper class may be more disposed to the unethical. Greater resources, freedom, and independence from others among the upper class give rise to self-focused social cognitive tendencies (3–7), which we predict will facilitate unethical behavior ».

La-fable-des-abeilles-270x300

Pour finir, on ne peut manquer de songer pareillement à la fable des abeilles. Si les vices privés, selon Mandeville, contribuent tant au bien public – ils en sont même condition sine qua non -, alors se comporter vicieusement, loin d’être répréhensible, serait en réalité une vertu hautement recommandable ; un acte citoyen par excellence !
On voit ou cela peut mener…



Quoi qu’il en soit, nul doute que cette étude n’a pas fini de faire parler d’elle.
Et à parier que quelques magnats dotés en capital ont déjà soudoyés leurs meilleurs mercenaires pour contredire ce travail, tâchant a minima d’obtenir acquittement par vice de procédure. Il y a de bons avocats fiscalistes pour cela.
Une affaire à suivre….

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 10:07

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Le dernier opus du très Orwellien Jean-Claude Michéa, « Le complexe d’Orphée » vient de paraître aux éditions Flammarion. Son sous-titre, « La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès », donne le ton. Il s’inscrit, dit-on, dans la lignée de ses derniers - et stimulants - essais, « L'Empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale » (Climats, 2007), dont j’avais repris de larges extraits sur ce blog, et « La double pensée. Retour sur la question libérale », (Flammarion, 2008).

 

Je l’ajoute à la (longue) liste de mes prochaines lectures.

 

Mais en attendant, voici en hors d’œuvre l’auteur invité aux matins de France Culture. Il est interrogé, outre Marc Voinchet (le préposé aux réveils en douceur que je n’écoute habituellement pas), par le pugnace transfuge de l’émission désormais moribonde, Du grain à moudre, je veux citer Brice Couturier. En renfort (enfin façon de parler), le falot Jacques Julliard, traînant ici encore ses guêtres sans doute parce ce qu’il faut atteindre le quota de ‘seniors’ sur les ondes…

 

Au-delà de l’actualité politique immédiate et de sa savoureuse critique du ‘nomade Attalien’, les thèses proposées par Jean-Claude Michéa sonnent bien souvent justes, et, en tout état de cause, élargissent indubitablement le champ de la réflexion.
(Juste un petit bémol en ce qui me concerne pour cette profession de foi qui voudrait voir la ‘common decency’ plus développée dans les classes populaires qu’ailleurs ; même en l’expliquant par la strict nécessité…)

 

La thèse charnière de ce dernier livre, voit dans l’affaire Dreyfus un point de bascule historique : « ce qui m’a toujours frappé dans le principe des primaires, c’est que cela revient à diviser la société entre un peuple de gauche et un peuple de droite (…) et c’est notion de peuple de gauche opposé au peuple de droite, descendants des sans-culotte face aux descendants des chouans, qui s’est mise en place après l’affaire Dreyfus, et qui m’intrigue parce qu’elle veut dire d’une certaine manière : l’ouvrier qui vote à gauche sera toujours plus près d’un banquier de gauche, ou d’un dirigeant de gauche du FMI, que l’ouvrier, l’employé, le paysan, le petit entrepreneur qui vote à droite.  Or, avant cette mise en place de l’opposition gauche / droite telle qu’elle va prendre un sens nouveau après l’affaire Dreyfus, quand on regarde quelle était la classification politique tout au long du XIXe siècle, il s’agissait moins d’opposer la gauche à la droite que les classes populaires ou le prolétariat aux classes dominantes, bourgeoises ou débris de la féodalité.  Donc tout ce qui revient à dire que l’opposition n’est pas entre les classes populaires et les minorités privilégiées et qui contrôlent largement l’information, etc. mais, au fond, c’est une coupe transversale qui met une partie de la classe dominante et du peuple contre une partie de classe dominante et du peuple, ça c’est précisément ce contre quoi j’ai écrit

 
A écouter également (vers 43ieme mn) sa critique des techniciens du lien social et autres experts.

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 15:31

« Il est inutile de déranger Rabelais, Montaigne, Pascal, pour exprimer une certaine conception sommaire de la vie, dont le caractère sommaire fait précisément toute l’efficience. La langue française est une œuvre d’art, et la civilisation des machines n’a besoin pour ses hommes d’affaires, comme pour ses diplomates, que d’un outil, rien davantage. »
Bovinus, « Petit lexique de contre -propagande »  

 


   

1984.jpgPromenant en tout début d’après-midi ma lassitude salariée sur la toile, je fus réveillé tout net à la vue, sur Agoravox, d'un article paré d’un titre qui, du haut de ma subjectivité, m’a semblé fort accrocheur : « Petit lexique de contre -propagande ».
Un clic me conforte en mes intuitions. En exergue s’y trouve une belle citation tirée de 1984 d’Orwell.
Je me lance donc à l’assaut de cette prose ouvrant de la sorte  l’appétit: « La langue française est probablement l'une des plus difficiles à maîtriser. Sa grammaire impossible, son orthographe baroque et son système de conjugaison ésotérique ont fait souffrir le martyre à des dizaines de millions d'écoliers à travers les âges ». Je relève le nez, intrigué, pour consulter le profil de l’auteur. Cette contribution a été commise par un certain Bovinus dont je ne sais absolument rien. Pas de lien vers le moindre blog… Mais peu importe, me dis-je. Voyons la suite. Et je reprends le fil de ma lecture pour d’un trait avaler cette salutaire entreprise de dessillement idéologique. Chapeaux bas ! C’est clair, net, argumenté, et, ce qui ne gâche rien, c’est magistralement écrit.  

   

Mieux encore, à la suite de l’article, l’auteur propose un très beau lexique de reprenant les « expressions les plus courantes auxquelles nous sommes confrontés, et que nous reproduisons nous-mêmes sans trop savoir de quoi il est question. Les définitions proposées, quoique parfois narquoises, ont été formulées dans une perspective délibérée de démystification ».


Je me permets ici de reproduire en intégralité ce lexique. 


LEXIQUE DE BOVINUS

Alter mondialiste (Néologisme)
Militant trotskyste ou communiste tendance écolo plus ou moins engagé, attaché aux concepts de démocratie directe, de commerce équitable, de développement durable ou bien d’écologisme, généralement au chômage et préférant passer ses vacances en Amérique Latine.
 
Antisémite (Détournement de sens.)
a. Dans la religion mondialiste : sentence de malédiction à l’encontre d’un individu jugé hérétique, généralement conspirationniste ; équivaut à l’anathème dans la chrétienté.
b. Se dit d’un individu ayant publiquement critiqué la religion judaïque, ou bien, parlé en mal de l’État d’Israël ; généralement, ne s’applique pas aux Juifs, quoique des exceptions aient été constatées.
Synonyme : négationniste.
 
Arabo-musulman (Néologisme).
a. Individu au physique méditerranéen ou oriental, présumé faire partie d’un réseau terroriste d’inspiration islamique, quoique ni forcément arabe, ni toujours musulman
b. Terroriste
c. Délinquant, criminel
d. Individu pratiquant l’Islam recherché par les structures coercitives de l’État
 
Banque (Détournement de sens)
Agence d’usure sous protection des États et bénéficiant de l’immunité juridique totale ; souvent employé comme arme de guerre dans le but de prendre le contrôle de ressources ou d’actifs stratégiques, ou bien, de pérenniser des campagnes massives d’extorsion de fonds en les rendant légales.
 
Bavure (Détournement de sens)
Protestation d’innocence relative à un assassinat commis par les forces de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions.

 

Citoyen (Détournement de sens)
Individu bien intégré, au casier judiciaire vierge et observant rigoureusement les rites mondialistes ; synonyme : consommateur.
 
Commerce équitable (Néologisme)
Produit marketing particulièrement rentable du secteur agro-alimentaire dont le principe consiste à faire croire aux acheteurs que le producteur parvient à vivre décemment de son travail ; sert de caution morale aux consommateurs, au même titre que les indulgences dans l’Europe chrétienne avant la Réforme.
 
Communauté internationale (Néologisme, hyperbole)
Ensemble des États membres de l'OTAN et / ou appartenant au bloc occidental ; abusivement employé pour désigner la totalité, ou du moins, la majorité des États existants, dans le but de renforcer le poids de la dite communauté internationale et de fabriquer le consensus au sein des opinions publiques concernées.
 
Compétitivité (Néologisme)
Capacité à dégager les plus grands profits possibles ; si nécessaire, se réalise au mépris du droit, des principes, des engagements, des règles comptables et en ignorant les éventuels coûts pour la collectivité et dégâts sur l’environnement.
 
Consommer (Détournement de sens)
a. Action d’acheter un bien ou un service effectuée par un consommateur ; attitude présentée comme étant vertueuse, naturelle, désirable pour tout citoyen honnête, devant être accomplie régulièrement coûte que coûte et au mépris de toute considération matérielle ou morale ; fait partie des rites essentiels de la religion mondialiste, et apparentée en cela au rite de la communion dans le christianisme.
b. Acquérir en nombre conséquent des biens et des services dont on n’a pas pour autant toujours besoin ou l’utilité.
 
Conspirationiste.jpgConspirationniste (Néologisme)
Se dit d’individus dotés de curiosité, d’esprit critique, et de capacités analytiques, généralement peu disposés à respecter les dogmes officiels.
 
Crise (Détournement de sens)
a. État habituel de l’économie mondiale depuis 1971
b. Dans le culte mondialiste, fléau envoyé aux hommes par les dieux pour avoir négligé le rite de consommation ; la rédemption et la rémission de ce péché mortel se fait généralement par la mise en place par le très haut clergé des conditions nécessaires permettant de parvenir à un massacre planétaire généralisé où tous les coups sont permis et toutes les armes autorisées
c. Accolé à tout qualificatif ou complément : hyperbole signifiant l’infortune, le malheur ou la calamité.
 
Cyber-terroriste (Néologisme)
Ressortissant chinois, russe ou scandinave soupçonné de pratiquer le partage et le don, ou bien de se livrer à des actes de résistance au mondialisme, tels que la divulgation d’informations secrètes, le sabotage, ou encore l’enquête indépendante.
 
Démocratie (Détournement de sens)
Régime politique représentatif bipartite particulièrement répandu en Europe et dans le monde dit « occidental » ; oint d’une légitimité sacrée par le dogme du strict respect des droits de l’homme, des libertés de la presse et de l’expression, ainsi que de l’économie de marché censée conférer stabilité et prospérité à tous.

 


Développement durable (Néologisme)
a. Discours de propagande diffusé par les États les plus puissants, les ONG et les altermondialistes destiné à faire croire qu’il est possible pour tous les États de la planète d’atteindre un niveau de prospérité et de confort tels qu’aux Etats-Unis et en Europe occidentale, et de le maintenir, tout en garantissant l’innocuité totale pour les écosystèmes et la biosphère, ainsi que la conservation des cultures et des traditions locales ; diffusé massivement dans le but de légitimer le pillage légal des économies de pays dits « pauvres » ou « sous-développés », ou encore, « en voie de développement », réalisé par la corruption, l’intimidation, le dol, la concurrence déloyale ou encore, les moyens militaires.
b. Boniment pseudo scientifique visant à promouvoir la négation des lois de la thermodynamique dans le but d’assurer une publicité déloyale aux éoliennes et aux panneaux photovoltaïques ; a donné lieu à la branche développementaliste de la science économique
c. Opération de communication visant à déresponsabiliser les États à l’origine de la dégradation de la biosphère et de leur environnement naturel, ainsi que les citoyens des dits États, qui pourraient en prendre conscience et chercher à modifier leurs comportements et / ou leurs habitudes de consommation.
 
Dictateur (Néologisme)
Chef d’État opposé à l’idéologie mondialiste.
 
Droits de l'homme (Néologisme)
a. Mythe à caractère juridique et religieux ; légitime l’aliénation des populations
b. Outil de propagande employé préalablement à des opérations militaires avec l’objectif de rallier les sympathies des peuples, et de conférer une légitimité spirituelle aux dites opérations ; ainsi, l’appel à la défense des droits de l’homme possède une lointaine parenté avec l’appel médiéval à la croisade.
 
Droit humanitaire (Néologisme)
Outil de propagande légitimant la violation de la Charte des Nations Unies et plus généralement toutes sortes d’ingérences au sein d’un État tiers ; confère une légitimité spirituelle à cette sorte d’entreprises.
 
Économie de marché (Néologisme)
Système oligopolistique, nourri de subventions et de corruption, et basé sur le principe de l’économie de l’offre telle que théorisée par l’école autrichienne d’économie et la Société du Mont pèlerin.
 
Entrepreneur (Néologisme)entrepreneur2.jpg
Membre du clergé mondialiste fondateur d’une entreprise et en charge de celle-ci ; équivalent idéologique du stakhanoviste soviétique.
 
Entreprise (Néologisme)
Lieu de culte du mondialisme où l’on s’emploie à produire des biens et / ou des services le plus rapidement possible, pour le coût le plus faible possible, afin d’en tirer le profit le plus élevé possible.
 
Forces de sécurité (Néologisme)
Ensemble des organes coercitifs agissant sur le territoire d’un État donné, chargés d’y maintenir l’ordre et la bonne observance des rites, des lois et des usages du culte mondialiste.
 
Gouvernance (Néologisme)
a. De l’anglais governance, provenant du français gouvernement : gouvernement, façon de gouverner
b. Relatif à la direction, au gouvernement, mais dépourvu de signification précise
c. Bonne gouvernance : façon de gouverner en accord avec les dogmes de la religion mondialiste.
 
Haute finance (Néologisme)
Association de ploutocrates ; mafia transnationale d’élite, dotée d’une immunité juridique et fiscale quasiment totales ; gouverne de concert avec les politiques ; dans le mondialisme, équivaut au très haut clergé.
 
Immigré (Détournement de sens)
Travailleur dur à la tâche et peu exigeant.
 
Immigré illégal (Néologisme, détournement de sens)
Travailleur particulièrement endurant et enclin à se contenter des salaires les moins élevés ; équivalent du serf médiéval ou de l’esclave dans l’Antiquité ; de temps en temps, certains sont affranchis par l’octroi de titres autorisant leur séjour sur le territoire et leur intégration dans le corps social, désignés par le terme générique de papiers ; l’immigré illégal devient alors un immigré en situation régulière.
 
Jeune (Détournement de sens)
Délinquant, voyou.
 
Jeune des banlieues (Néologisme)
Délinquant multirécidiviste de confession musulmane, narcotrafiquant de quartier.
 
Journaliste (Détournement de sens)
a. Prédicateur mondialiste patenté par le clergé et autorisé par le pouvoir ; la fonction du journaliste est de faire connaître au public ce qu’il est autorisé à penser et à dire
b. Agent des services spéciaux expert dans les techniques de la guerre de l’information, agissant sous le couvert de l'article 79 du Protocole I additionnel aux Conventions de Genève.
 
Laïcité (Détournement de sens)
Ensemble des institutions du culte mondialiste de France.
 
Liberté de la presse (Néologisme)
Mise en application du dogme de la liberté d’expression par l’ensemble des publications papier ou Internet.
 
Liberté d'expression (Néologisme)
a. Censure d’État, instituée progressivement à partir des années 1970-80, et parachevée sous sa forme actuelle environ au moment de l’accession à la Présidence de la République de M. Sarkozy, dont l’objet est de sanctionner quiconque déroge aux dogmes du mondialisme
b. Dogme du culte mondialiste selon lequel il est permis à quiconque de dire ce qu’il pense, mais à la condition expresse de penser ce qu’il est permis de penser, semblable à ce que George Orwell appelait doublepensée dans 1984.
 
Libre-concurrence.jpgLibre concurrence (Néologisme)
Chaos socio-économique institutionnalisé, légitimé et imposé par les autorités au bénéfice des fortunés et des puissants ; fait partie des grands dogmes de la religion mondialiste.
 
Marché (Détournement de sens)
Institution de liquidation (au sens de rendre plus « liquide », c'est-à-dire, mobile et doté d’une valeur marchande) ; s’applique aux objets matériels, virtuels, juridiques, vivants, conceptuels et même spirituels.
 
Marché du travail (Néologisme)
Ensemble des mécanismes de répartition du travail humain, dont le rôle est d’allouer la force de travail et les compétences des individus de la manière la plus efficace possible, d’après les principe de libre circulation et de libre concurrence, au détriment de toute considération humaine ou sociale.
 
Médias (Néologisme)
Désigne la totalité des vecteurs de propagande : presse écrite, radio, télévision, réseaux informatiques, cinémas, espaces publicitaires publics ; ces vecteurs possèdent par ailleurs la propriété de déformer et de formater le contenu transmis, de sorte que celui-ci doivent être adaptés aux vecteurs ; les contenus qui ne pourraient être adaptés sont filtrés et éliminés.
 
Ménage (Détournement de sens)
Groupe solidaire de consommateurs, particulièrement apprécié des autorités, des banquiers et de la grande distribution. Généralement doté de revenus supérieurs à ceux des consommateurs isolés grâce notamment à la mutualisation des frais courants, le ménage dispose d’une capacité supérieure d’endettement, ce qui en fait un acheteur potentiel d’assurances de toutes sorte, de véhicules, voire de biens immobiliers ; régulièrement amené à fréquenter d’autres ménages, le ménage tend naturellement à participer à une compétition de consommation avec ses semblables, ce qui génère d’autant plus de consommation (et donc, de gains pour les actionnaires) qu’il y a de braves ménages en interaction.
 
Mondialisation (Néologisme)
Religion d’origine occidentale et d’inspiration maçonnique, apparue vers la fin du XXe siècle, dotée d’un clergé particulièrement riche, influent et puissant, et reposant sur les dogmes de démocratie, de libre-échange, de libre expression et des droits de l’homme ; postule notamment que le commerce crée la richesse et que le monde doit devenir uniforme en dépit des différences de culture et de milieu.
 
ONG (Néologisme)
a. Structure de propagande de guerre et de renseignement, présentée comme organisation indépendante mais généralement subventionnée par le gouvernement des Etats-Unis et pilotée par les services secrets
b. Agence de voyage pour jeunes blancs trotskystes, spécialisée dans un type de tourisme baroudeur offrant l’illusion de découvrir le monde et d’aider des peuples barbares ou arriérés à se « développer ».
 
Opinion publique (Néologisme)i-want-you.jpg
Ensemble d'individus articiellement créé au moyen de sondages, de campagnes médiatiques et de communication, censés être d'accord sur une question donnée ; l'utilité est de créer l'illusion que la question intéresse l'ensemble de la nation, et en même temps, nier l'existence ceux qui ne seraient pas d'accord : de nous jours, on n'existe que si les médias en parlent.
 
Partenaires sociaux (Néologisme)
Organisations de type syndical ; se dit d’organisations travaillant dans l’intérêt du patronat, mais cherchant à faire croire qu’elles sont au service des salariés.



Patriote (Détournement de sens)
Ingénu, imbécile sensible aux symboles nationaux des États tels que le drapeau ou l’hymne national ; constitue le gros du corps électoral, des consommateurs dans un pays et de l’infanterie dans une armée.
 
Populisme (Néologisme)
a. Se dit de toute manifestation de patriotisme ou d’identité nationale, ethnique ou populaire
b. Revendication légitime à caractère politique ou social
c. En politique, conformité de la pensée et de son expression avec son objet.
 
Pouvoir d'achat (Néologisme)
Équivaut à la piété et désigne la capacité à consommer d’un individu.
 
Principes démocratiques (Néologisme)
Dogme fondateur de la religion mondialiste ; il s’agit de la version mondialiste du Credo chrétien ; désigne un gouvernement représentatif d’inspiration libérale et de type bipartite, avec économie capitaliste dite « de marché », soumise au principe de libre concurrence.
 
Problème (Détournement de sens)
Effet de rhétorique consistant à présenter une question et en imposant en même temps la réponse ; terme emprunté aux sciences qui, substitué à celui de question, permet de suggérer l’idée qu’il s’agit d’une question parfaitement définie, quantifiée, circonscrite, maîtrisée par les experts et les spécialistes et à laquelle les experts et les spécialistes seuls peuvent prétendre répondre de façon sérieuse.
 
Révolution (Détournement de sens)
Archétype universel, très présent chez les peuples européens ; employé avec un qualificatif ou un complément : hyperbole suggérant la nouveauté et la rupture radicale.
 
Science économique (Néologisme, détournement de sens)
Théologie mondialiste ; abusivement présumés pouvoir prédire l’avenir, les économistes considérés comme les plus illustres se voient récompensés par le « Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel », tout aussi abusivement appelé Prix Nobel d’économie.
 
Sécurité (Détournement de sens)
Terme générique regroupant des activités très diverses, employé généralement par les États mondialistes pour justifier l’oppression, le contrôle et la surveillance de la population ; présentée systématiquement comme une condition de la démocratie, de la prospérité, et une garantie de l’exercice des libertés civiles, la sécurité est un principe essentiel dans la foi mondialiste ; ainsi, on parle aussi bien de sécurité routière, de sécurité informatique, et même de sécurité sexuelle.
 
Terroriste (Détournement de sens)
a. Musulman
b. Agent des services secrets spécialisé dans les opérations sous faux drapeau
 
Valeurs universelles (Néologisme)
Mythe mondialiste ; équivaut, dans la religion mondialiste, à l’esprit saint dans le christianisme.
 
Victimes collatérales (Néologisme)
Lors d’un conflit armé, permet de désigner les victimes civiles, tout en suggérant que leur mort, non voulue par l’état-major, était en fait accidentelle. Dans le même cas de figure, quand on parle de dégâts collatéraux, il s’agit en fait de bâtiments ou d’infrastructures qui se seraient écroulés tout seuls sur le champ de bataille ou à proximité de celui-ci.

 

 

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 19:08

Il y a quelques jours de cela un collègue de travail m’a rapporté qu’un individu en fort d’inspiration avait eu l’idée originale de mettre en musique le marché. Littéralement. Le procédé à ce que j’en ai compris consiste, à partir du mouvement brownien sur telle ou telle valeur boursière, de tirer en temps réel au travers d’un algorithme adapté une note de musique (hauteur et durée). Puis une autre. Et ainsi de suite. Le dispositif étant relié à un synthétiseur…
Nul doute que l’effet produit par la mise en symphonie d’une telle partition ne fasse sur les oreilles une impression tout à fait saisissante.


cours_bourse_htc_06-04-11.pngImaginons dans cette veine, par exemple, à quoi pourrait ressembler une pièce musicale avec les différents fûts, cymbales et autres percussions d’une batterie, reliés à l’évolution des salaires des ouvriers, employés, enseignants et autres préposés d’usines ou de supermarchés. Il est fort à parier que sur un tempo atone nous aurions là un rythme fort monocorde, voire hypnotique, tout à fait propice à l’endormissement des classes laborieuses. Ajoutons-y les salaires des patrons du CAC 40 ou encore les profits de multinationales portés par les dérégulations, les plans sociaux et autres vilenies que permettent l’exploitation de la misère mondialisée ; relions-les à un pipeau électronique de notre choix. Nous obtenons ici un crescendo bien vite insupportable. Mais l’effet désastreux ne sera que de courte durée, la note infâme se perdant tout aussitôt dans les ultrasons d’où elle ne sortira plus. Nous revoici à notre point de départ.

  

Il est possible de perfectionner le système, de lui conférer du relief même en associant à la mélodie autant de petits bruits, vivats, éructations et cris que l’on voudra. Pour ce faire, la technique du ‘sampling’ basée sur les ordres boursiers échangés sur quelques millisecondes, fera l’affaire. Calqué sur la méthode bien connue des musiciens, et qui consiste à prélever dans une partition existante un bref passage, de le triturer de toutes les manières possibles (coupes, boucles et effets de toute nature : de la distorsion à la réverbération…)
Nous voilà mieux servis. Mais il manque toujours à cette mécanique l’essentiel. La voix et le texte.

  

Sans doute y a t-il quelques grossièretés à associer les mots sublimes du poète à ce qu’il y a de plus vil, de plus sordide  en notre société. Mais n’est-ce pas le propre de nos époques ? Entre pornographie et pudibonderie sur fond de guerres éthiques / ethniques - massacres contre le concept de terrorisme… Un monde dégorgeant de cynisme – le mot est pris ici dans son acception la plus vulgaire.
N’empêche !

 

« A moi. L'histoire d'une de mes folies. Autoportrait-en-pied-de-Rimbaud-au-Harar----dans-un-jardin.jpg

Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.

J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.

Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.


J'inventai la couleur des voyelles ! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.

Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges ».

(Rimbaud)

 

Avidité non démentie.
On le sait, Keynes fut poussé à l’eau lors d’une promenade du côté de Giverny par la main invisible du marché fantasmée de toutes pièces par le perruqué Adam Smith. Il s’y noya, la bouche pleine de nymphéas bleus. On invente les idoles que l’on peut…
Aujourd’hui je découvre que pour les traders et autres aficionados des cours de bourse c’est la journée des « quatre sorcières ». L’indice a fini, comme il se doit, dans le rouge… Carmin… Le sang des innocents, ceux-là même pour qui sonne le glas.
Religiosité, et partout cette même pensée magique !

 

Musique dodécaphonique, réseaux de neurones artificiels, avec pour seule logique la maximisation du profit sur fond de désespérance absolue (l’argent, s’il rachète soit disant les péchés, malgré toutes les greffes d’organes, pilules de jeunesse et autres anxiolytiques, n’empêche pas moins de mourir)….

 

Marché de la musique : marche funèbre.
Te deum des pauvres : à tous les croyants victimes de l’injustice céleste.
Je vous laisse imaginer le reste.

 

Quoi qu’il en soit, cela ouvre des perspectives aux artistes en mal d’inspiration.

 

 

 

Pour contribution à ce bal des fous, voici ci-dessus un petit montage, réalisé sur l’un de mes anciens morceaux, à la suite de l’article « le miracle indien », alors qu’en mes oreilles résonne « Passengers » de Deftones. Je ne peins pas l’être, disait Montaigne, mais le passage. 

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 14:06

Enfants exploités

Lorsqu’on évoque l’économie mondiale, parmi les poncifs habituels, se trouve en bonne place celui du « miracle indien » ; en effet, comment l’occidental moyen ne s’émerveillerait-il pas devant l’émergence, dans le sous-continent, d’une classe moyenne éduquée, d’une croissance économique frôlant parfois les 10% l’an, du développement de technologies high-tech, de la progression annuelle du nombre de millionnaires de 50% (2010), ou encore du recul (certes controversé) de la pauvreté… Et last but not least, contrairement à la Chine, l’Inde est une démocratie !     


Bref, pas étonnant qu’avec cette présentation aux accents iréniques tant d’entreprises occidentales, impératif de compétitivité oblige - y aient, en toute bonne conscience appâtés qu’elles étaient par des gains annoncés de l’ordre de 50 à 70% (les faits se révèlent parfois différents), délocalisé tout ou partie de leur production…   


La presse nous en serine le refrain  à longueurs de publications dithyrambiques ; véritable panégyrique à la gloire de l’économie de marché mondialisée.
Pour la majorité la messe est dite ; les choses sont claires et sans ambiguïté : « L'Inde, qui fut longtemps l'un des pays les plus pauvres du monde, a réussi son décollage, fondé sur une révolution agricole, l'essor de l'industrie et l'exportation de services high-tech » (Capital, 2009). C’est dans ce climat que d’aucuns, tels ce VP Business Development, Buildings Business - Asia Pacific at Schneider Electric, dont l’exemplarité du CV vaut caution, ont pu apporter leur contribution : « J’ai vécu le miracle indien ».  

( 26/11/11 :  Voir l’échange avec l’auteur, Bernard Golstein, ajouté en commentaire avec son aimable autorisation).


L’OCDE le confirme : « le processus de réforme économique d’envergure engagé par l’Inde a contribué à une accélération de la croissance économique du pays et souligne que d’autres réformes sont nécessaires pour que les objectifs de développement fixés par le gouvernement en termes, par exemple, de croissance de l’emploi et de réduction de la pauvreté et des inégalités, soient atteints » (OCDE, 2009). Comment ne pas croire benoîtement une organisation encourageant « le libre-échange et la concurrence, sources, selon elle, d’innovation et de gain de productivité, » et qui  pour lutter contre le chômage, recommande notamment "la déréglementation du marché du travail » ?  (Wikipédia)  

 

Rompant avec cet unamisme sirupeux, je propose ici le regard de Mike Davis, historien, anthropologue et sociologue urbain, au travers de son ouvrage Planet of Slums (dont la traduction « Le pire des mondes possibles » a été éditée à la Découverte fin 2006).
Pour la méthode, les extraits proposés ici se passant de commentaires, j’ai pris le parti de les livrer brut. Il y est question de l’Inde.     


le-pire-des-mondes-possibles.JPG

« Dans Slumming India (2002) (…) Gita Verma décrit les ONG comme des intermédiaires « d’une nouvelle classe » qui, avec la bénédiction des organisations philanthropiques étrangères, usurpent la parole authentique des pauvres. (…) « Sauvez le bidonville, ajoute-t-elle en faisant spécifiquement référence à Delhi, signifie accepter l’injustice que constitue le fait qu’un quart à un cinquième de la population de la ville vit sur à peine 5% de sa superficie ». Le texte de Verma inclut une critique dévastatrice de deux des projets récents de réhabilitation de bidonvilles les plus unanimement acclamés en Inde. Parrainé par les Britanniques, lauréat de prix décernés lors de la conférence Habitat II d’Istanbul en 1996 et par l’Aga Khan en 1998, le programme Indore était censé fournir des canalisations individuelles d’alimentation en eau et d’évacuation des eaux usées aux foyers habitants le bidonville de cette agglomération. (…) Les quartiers sont certes désormais dotés d’égouts, mais leurs résidents n’ayant pas assez d’eau pour boire, et encore moins pour alimenter les chasses d’eau, les égouts se sont rapidement bouchés et ont reflué dans les maisons et dans les rues ; la malaria et le choléra se sont répandus, et les résidents ont commencés à mourir à cause de l’eau contaminée. Chaque été, écrit Verma, « apporte aux bénéficiaires du projet (ou, devrait-on peut-être dire, aux « personnes touchées par le projet » son cortège de nouvelles pénuries d’eau, de nouveaux bouchages d’égouts, de nouvelles maladies… »   

« En Inde on estime que les trois quarts de l’espace urbain sont possédés par 6% des foyers urbains, et que seulement 94 personnes contrôlent la majorité des terres vacantes de Bombay ».  

« Dharavi (Bombay), le plus grand bidonville contemporain de toute l’Asie, affiche des densités de population maximales plus de deux fois supérieures à celles de New York ou Bombay au XIXe siècle, que Roy Lubove considérait comme « les lieux les plus surpeuplés de toute la planète » à la fin de l’époque victorienne ».    

 

« D’après certains géographes urbains, Bombay détient peut-être le record en la matière : « Alors que les riches possèdent 90% de la terre et vivent dans un environnement confortable et aéré, les pauvres vivent les uns sur les autres sur 10% de l’espace ». 

dharavi-2.jpg

« La ségrégation urbaine n’est pas un statu quo figé, mais bien plutôt une guerre sociale incessante dans laquelle l’Etat intervient régulièrement au nom du « progrès », de « l’embellissement », voire de la « justice sociale pour les pauvres », pour redéfinir les frontières spatiales à l’avantage des propriétaires terriens, des investisseurs étrangers, de l’élite des foyers propriétaires de leur logement… (…) A Delhi : pendant que le gouvernement se repaît de louanges internationales pour son nouveau « plan vert », les résidents sont déplacés par camion vers un nouveau bidonville périphérique situé 20 km plus lion, malgré des preuves officielles qui montrent, selon el Hindustan Times, que « le déplacement des habitants des jhuggi de la capitale fait baisser le revenu moyen des familles relogées d’environ 50% ». 

  

« Bangalore est bien sûr célèbre pour ses répliques, dans les banlieues sud, des modes de vie de Palo Alto et Sunnyvale, imités jusqu’aux cafés Starbucks et aux multiplex de cinéma. D’après l’urbaniste Solomon Benjamin, les riches expatriés (ou, pour reprendre la terminologie officielle, les « Indiens non résidents ») y vivent comme en Californie dans des « groupes de villas luxueuses façon demeures de ranch ou des immeubles d’appartements avec piscines et clubs de remise en forme privés, la sécurité assurée par un mur d’enceinte et des vigiles privés, des générateurs électriques de secours disponibles 24h sur 24, et toutes sortes d’autres équipements privés permettant de vivre en autarcie» (…) En tant que capitale de l’industrie informatique indienne, mais également grand centre de construction aéronautique militaire, Bangalore ( 6 millions d’habitants) est fière de tout ce qu’elle peut offrir en termes de mode de vie « à la californienne » (…) Parallèlement, d’implacables programmes de rénovation urbaine ont repoussés les citadins défavorisés hors du centre, vers les bidonvilles de la périphérie, où ils vivent aujourd’hui à côté des migrants pauvres arrivés des campagnes. On estime que 2 millions de pauvres se répartissent dans environ 1000 bidonvilles sordides ( …) Les chercheurs décrivent la périphérie de Bangalore comme « la décharge où l’on rejette les résidents urbains dont la force de travail est nécessaire à la marche de l’économie urbaine mais dont la présence visuelle doit être réduite au maximum ». La moitié de la population de Bangalore n’a pas accès à l’eau courante, et cette ville abrite davantage de mendiants et d’enfants des rues (90 000) que de petits génies de l’informatique (env 60 000). Etudiant un archipel de 10 bidonvilles, des chercheurs n’y ont trouvés que 19 latrines pour 102 000 habitants. Benjamin Salomon rapporte que « les enfants souffrent gravement de diarrhées et de maladies liées aux vers parasitaires, et qu’une forte proportion d’entre eux soufrent de malnutrition ». Un grand consultant économique occidental dut reconnaître, lugubrement, que (le boom) « high-tech de Bangalore n’est qu’une goutte d’eau dans un océan de misère ».

 

« A Delhi, l’Hindustan Times se lamentait récemment du fait que les conducteurs des classes moyennes ne prenaient que très rarement la peine de s’arrêter lorsqu’ils renversaient des mendiants ou des enfants pauvres ».

  

« Le simple fait de respirer l’air de Bombay équivaut à fumer 2,5 paquets de cigarettes par jour, et le centre pour la science et l’environnement de Delhi a récemment déclaré que les villes indiennes étaient en train de devenir des ‘chambres à gaz mortel’ ».  Bombay-pipe-pour-riches.jpg

 « En Inde, ce sont plus de 50 000 hectares de précieuses terres agraires qui disparaissent chaque année sous la pression démographique ».

  

« A Bombay, les habitants des bidonvilles ont pénétrés si profondément dans le parc national de Sanjay Gandhi qu’ils se font parfois dévorer par des léopards (10 morts au cours du seul mois de juin 2004) ».   

Ahmedabad-carte-postale.jpeg« Aujourd’hui, les mégapoles pauvres – Nairobi, Lagos, Bombay, etc. – sont de puantes montagnes de merde qui feraient fuir même les plus endurcis des Victoriens. (…) Dans l’Inde contemporaine – où l’on estime que 700 millions de personnes n’ont d’autre solution que de déféquer en plein air – seules 17 des 3700 grandes et très grandes villes sont équipées d’un système de traitement des eaux usées avant leur rejet final. (…) Le réalisateur Prahlad Kakkar, raconta ainsi à un journaliste ébahi que « la moitié de la population n’a pas de toilettes où chier, alors ils chient dehors. Ca fait 5 millions de personnes. Si elles chient un demi-kilo chacune, ça vous fait 2 millions et demi de kilos de merde tous les matin ». (…) De même, à Bombay, les femmes doivent se soulager « entre 2 et 5 heures du matin, parce que c’est le seul moment où elles peuvent avoir un peu d’intimité ». Les toilettes publiques, explique Seketu Mehta, sont rarement une solution pour les femmes parce qu’elles sont très souvent hors d’usage : « les gens défèquent tout autour des toilettes, parce que les fosses sont bouchées depuis des mois ou des années ».  

   Ahmedabad-autre-visage.JPG

 

« Les prêteurs internationaux sont loin d’être les seuls responsables de la crise de la santé urbaine dans le tiers monde. Depuis que les élites urbaines ont emménagés dans des lotissements clos et protégés, elles se soucient moins des dangers liés aux maladies qui font rage dans les bidonvilles, et plus de la sécurité de leurs propriétés et de la construction de routes rapides. Susan Chaplin décrit ainsi, par exemple, la manière dont les réformes sanitaires sont sapées par des responsables corrompus et une classe moyenne indifférente : ‘Les conditions environnementales dans les villes indiennes continuent à se détériorer parce que la classe moyenne participe activement à interdire l’accès aux services urbain de base à de vastes sections de la population. La conséquence d’une telle monopolisation des ressources et des bénéfices de l’Etat est que, si la conscience des problème environnementaux croît chez les membres de la classe moyenne, ils se sont cependant montrés à ce jour plus concernés par les gênes qu'ils subissent sur les routes embouteillées et à cause de la pollution atmosphérique qui en résulte que par les risques liés aux maladies épidémiques et endémiques ».   

  

« La capitale mondiale de l’enfance exploitée et réduite en esclavage demeure sans enfant_travail.jpegdoute la ville sacrée hindoue de Varanasi (1,1 millions d’habitants), dans l’Uttar Pradesh. Célèbre pour ses tissus autant que pour ses temples et ses religieux, Varanasi (Bénarès) tisse ses tapis et ses saris brodés grâce à la main-d’œuvre captive de plus de 200 000 enfants de moins de 14 ans. (…) D’après l’UNICEF : ‘La plupart d’entre eux sont gardés prisonniers, torturés et forcés à travailler 20 heures par jour sans pause. Les jeunes enfants doivent se tenir accroupis sur leurs orteils, de l’aube au crépuscule, tous les jours, et entravent gravement leur croissance pendants ces années formatrices. Les militants sociaux locaux éprouvent des difficultés à travailler à cause du puissant réseau de contrôle mafieux que les producteurs de tapis ont tissé sur la région’ »  

 

« Un autre centre tristement célèbre du travail infantile est Firozabad, la capitale indienne du verre (350 000 habitants), également en Uttar Pradesh. Il est cruellement ironique que les bracelets de verre fétiches des femmes mariées soient confectionnés par 50 000 enfants travaillant dans quelque 400 usines parmi les plus infernales du sous-continent : ‘Les enfants travaillent à toutes sortes de postes, comme le transport de la pâte de verre en fusion au bout de tiges de fer (…) ; l’extraction du verre en fusion des fournaises, dans lesquelles la température oscille entre 1500°C et 1800°C, opération au cours de laquelle leurs bras, parce qu’ils sont si petits, viennent presque à toucher la fournaise ; le sertissage et le montage des bracelets, opération qui s’effectue sur une petite flamme de kérosène dans une pièce très peu ventilée (…). L’usine toute entière est parsemée de bris de verre, et les enfants y vont et viennent en courant pieds nus (….) Des fils électriques dénudés pendent un peu partout… » 

  

« Le versant le plus ignominieux de cette économie informelle : (…) le domaine de la greffe des reins. En Inde, la périphérie miséreuse de Chennai (Madras) est devenue mondialement célèbre pous ses ‘elevages de reins’. D’après une enquête menée par Frontline, « pendant 8 ans, entre 1987 et 1995, le bindonville de Bharathi Nagar, à Villivakkam, une banlieu de Chennai, fut la plaque tournante du commerce de reins dans le Tamil Nadu. (…) Ce bidonville fut surnommé « Kidney [rein] Nagar ». (…) Les journalistes de Frontline ont estimé que plus de 500 personnes, soit une personne par famille, avait vendu un rein pour qu’il soit greffé sur place ou exporté vers la Malaisie ; la majorité des donneurs étaient des femmes, dont de ‘nombreuses femmes abandonnées (…) obligées de vendre leur rein pour gagner de quoi vivre et faire vivre leurs enfants’ »

 


 Entretien avec Mike Davis :

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  Pour quelques réactions à la lecture de l’ouvrage :

 

http://www.leconflit.com/article-le-pire-des-mondes-possibles-de-mike-davis-68433523.html

http://rudelle.blogspirit.com/archive/2006/11/17/bidonvilles-le-pire-des-mondes-possibles.html

http://www.scienceshumaines.com/le-pire-des-mondes-possibles-de-l-explosion-urbaine-au-bidonville-global_fr_15376.html

 

« Au lieu d’être des centres de croissance et de prospérité, les villes sont devenues des décharges où l’on rejette une population excédentaire travaillant dans des secteurs non qualifiés, non protégés et informels des industries de service et du commerce ».

 

Un livre assurément à lire… Même -et surtout - si l’on n’en ressort pas indemne.    


 

La pauvreté dans les faits – Eléments de réflexions & chiffres :

http://www.teamstoendpoverty.org/wq_pages/fr/visages/chiffres.php  

http://www.raison-publique.fr/article31.html    

http://www.le-cartographe.net/index.php/dossiers-carto/monde/67-bidonvilles

 

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