Liminaire

 

Comme chacun sait, ou devrait savoir, on ne peut tout à la fois se trouver 'au four ou au moulin'. Et pour enfoncer le clou, il n'est point inutile de rappeler – c'est d'ailleurs de notoriété publique - que le fol qui 'trop embrasse et mal étreint', se retrouve immanquablement affublé de sublimes cornes sur le crâne. A tel point que le commun n'y voit là que l'appendice naturel et fatal du destin. Aussi, dans un réflexe salutaire d'hygiène mentale, les fidèles de la raison – se refusant à y voir un vain concept -, s'empressent évidement de se conformer aux attendus de cette sagesse populaire. Elle est tant enracinée en nos mémoires qu'elle ne saurait mentir. Las, il n'est point de dicton qui ne suscite son ombre... Et à tout prendre, s'il n'est point bon de 'courir plusieurs lièvres à la fois' il n'y a point davantage de profit à s'abîmer toujours dans l'écuelle récurée des ans...


Alors ?

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Fête médiévale du château de Peyrepertuse, Août 2009.  


La dispersion est, dit-on, l'ennemi des choses bien faites. Et quoi ? Dans ce monde de la spécialisation extrême, de l'utilitaire et du mesurable à outrance y aurait-il quelque mal à oser se perdre dans les labyrinthes inutiles de l'esprit dilettante ? Une déviance irrémédiable qui mène à la ruine ? Et bien soit... Contre la norme je choisis les inclinations de ma nature. Et si je me perds dans les vertus du butinage, de la légèreté crasse et sans objet prédéterminé, que les choses soient bien claires : elles n'engagent que moi !

Histoire et histoires ; littérature ; philosophie en actes, pensée en action ; vouloir incarné ; images dénuées de tout esprit pédagogique ; broutilles essentielles... Ratages propices aux heures troubles...

 

Rien n'est sérieux, tout indispensable ! 

voilà l'objet de cette entreprise (oh le vilain mot qu'il me faudra exorciser)


  La singularité nait de la norme...    


2011 04 - Crete 552 - Pretoire

A mon retour de vacances, j’ai constaté que la publicité était désormais imposée sur la plateforme Overblog, transformant cet espace en guirlande  commerciale. 

J’ai donc décidé de migrer manuellement sur un autre blogue que j’utilisais jusqu’alors essentiellement pour le partage des œuvres peintes.


Ce nouvel espace porte le nom de « Sous un ciel brouillé » et j’ai commencé à y transférer les billets qui me tenaient le plus à cœur. Cela prendra sans doute encore tout le mois de septembre.

Ici, si le blogue n’évoluera plus, je le laisse néanmoins en état pour que l’ensemble des anciens billets, et surtout les commentaires puissent toujours être consultés (car dans le transfert je ne puis que déplacer les articles, mais pas les commentaires).

 

 

La publication de nouveaux billet sur « Sous un ciel brouillé » reprendra sans doute en octobre après une petite pause.

Par Axel Evigiran
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Congés ou Vacances ? 

 

Certains pédants, à qui le ridicule de fait pas peur, aiment à distinguer les mots.  

Dans leur tête le second vocable est synonyme de voyages, d’horizons exotiques (chez eux, on ne va pas en vacances en Mobile home à Bray-Dunes par exemple, on est en congé dans la région). Il est connoté d’un parfum de soleil. 

Quant au premier, infâme repoussoir, il renverrait à une mise au rancart à domicile des handicapés du tourisme (tous ceux qui, contrairement à eux, mènent une existence sans éclats). 

 

De menues recherches étymologiques suffisent évidemment à ruiner cette stupidité sortie de ces têtes gangrénées de mythomanie.

 


Ainsi pour vacances :


Ce nom vient de vacant, du latin vacans, participe passé du verbe vacare :

- être libre, inoccupé, vacant (par exemple une place, une maison...)

- être inoccupé, oisif (avoir du temps libre)

 

vacuus (adjectif) : vide, inoccupé, libre

vacui dies : jours de loisirs

vacatio(-onis) : exemption, dispense 

 

vacuitas : espace vide ; absence de quelque chose, d'où : vacuité 

La vacance d'une charge, c'est une charge sans titulaire (un poste vacant)

Les vacances désignent à l'origine la période pendant laquelle les élèves cessent leurs études, puis les jours de vacances désignent les jours où l'on interrompt le travail pour se détendre.




Xes. cumgiet « autorisation de s'en aller » (Vie de St Léger, 84, éd. J. Linskill); mil. XIes. prendre congiet (Vie de St Alexis, 598, éd. G. Paris); 2. ca 1130 cunged « autorisation en général » (Lois de Guillaume, 4, éd. J. E. Matzke); 3. 1265-66 doner congié « congédier » (Assises de Jérusalem, Livre de Jean Ibelin, éd. Beugnot, t. I, p. 210); 4. 1602 comm. « autorisation de transport » (Edit sept. 1602 ds KUHN, p. 204). Du lat. class. commeātus,propr. « action de circuler », d'où « congé, permission », dér. de commeāre « voyager, circuler ».
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Chill out music : 


Quoiqu’il en soit il y a ceux qui restent arrimés au tripalium - encore pour quelques jours, pendant que d’autres se dorent la pilule - et qui se consolent lorsqu’ils le peuvent en écoutant par exemple au bureau ce qu’on appelle sur youtube des « chill-out music » (musiques de relaxation).

Il y’en a pour toutes les oreilles. Des plus insupportables aux plus écoutables. Des musiques kitch aux bruits de forêts, d’Enigma aux « celteries » passant par les ambiances orientalisantes. Il suffit de faire son choix, lancer la vidéo et de la masquer ensuite, pour reprendre le labeur d’un esprit moins maussade (il ne faut pas grand-chose au travailleur pour se sentir échapper au joug).

Voilà, c’est parti pour une à trois heures de sonorités variées.

 

Parmi ces « Chill-out » il en est un qui m’accompagne particulièrement. Sans doute moins pour la musique que pour les images ; des vues sublimes du Mexique : les ruines, la nature, avec des créatures marines et des oiseaux - oui sans doute est-ce à cause des oiseaux que je n’ai pu m’empêcher de visionner la vidéo (mais alors direz-vous, comment avancer en son travail ? La question mérite d’être posée).  

 

Bien sûr le style guimauve suinte aux entournures. Mais quoi ? C’est période estivale et tout est permis.

 

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Quelques repères 

2.25 mn Tulum

3 mn Uxmal

11 mn Palenque

13 mn Canyon EL Sumidero

Vers 22mm Puebla

32.45 mn Monte alban

38.40 mn ND de Guadalupé à Mexico

Par Axel Evigiran - Publié dans : Humour - Communauté : Eurêka!
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Période estivale aidant, pris par mille autres activités que tenancier de blog, je recycle ici un petit exercice réalisé en début de cette année, dans le cadre d’un MOOC philosophie.

 


La question :

 

Cours N°2 - Exercice 1 (Cf. Séquence 4-5)

 

empedocles.jpgLe végétarisme d'Empédocle s'appuie sur une exigence de cohérence entre ce que l'on pense et ce que l'on fait, ce que Socrate ne cessera du reste de marteler. Si le Tout est harmonieux, autrement dit si ce qui le fait tenir ensemble est un principe unifiant (dans les termes d'Empédocle, l'Amitié cosmique), qui peut faire conclure à la parenté de tous les vivants, le respect du vivant ne s'impose-t-il pas, en raison de cette exigence philosophique entre pensées et actes ? En somme, le végétarisme ne devrait-il pas être, dans le domaine alimentaire, la prescription pratique que le philosophe se doit de respecter ?

 

Essayez de mettre en regard quelques arguments majeurs en faveur du végétarisme, et d'autres opposés à lui. 


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En liminaire notons que si Empédocle, soucieux d’accorder son mode de vie à sa pensée, fut sans doute végétarien au motif de l’unité cosmique de tous les être vivants, d’autres anecdotes montrent que cela ne l’aurait pas empêché pas de tuer ou faire tuer. 

En voici deux, tirées de Diogène Laërce

Première anecdote :
« … à un festin donné par les Archontes, le dîner était fort avancé, et l’on ne versait pas à boire. Les autres convives ne disaient rien, Empédocle se mit en colère et demanda qu’on en lui apportât. Son hôte lui expliqua que l’on attendait un grand personnage du Sénat. Dès qu’il arriva, il fut nommé roi du banquet, évidemment à l’instigation de celui qui l’avait invité, et fit aussitôt sentir son pouvoir tyrannique. Il prescrivit en effet que l’on boirait et qu’en cas de refus on verserait du vin sur la tête du récalcitrant. Sur le moment Empédocle se tut. Mais dès le lendemain, il fit appeler au tribunal et condamner à mort à la fois l’hôte et le symposiarque. Car c’était là, disait-il, le préformation de la dictature. »

Seconde anecdote :
« Une femme nommée Panthéia, condamnée par les médecins, fut soignée par Empédocle. Il la guérit et pour cela offrit un sacrifice. Les invités étaient au nombre de 80. »

En bref, pour des arguments pour ou contre le végétarisme :

- Il faut déjà distinguer le végétarisme du véganisme (végétarisme radical) ; à mettre en face d’un régime omnivore (le régime des chasseurs-cueilleurs par exemple).
- A noter aussi que la parenté de tous les vivants m’implique pas, comme allant de soi, l’interdiction de consommer la chair d’un être animé. Dans ce contexte, il n’est pas illégitime de relever la relativité des mœurs et des coutumes, et noter que la consommation de viande peut être associé à un respect profond de l’être qui est consommé.
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Contre le végétarisme 

La relativité des mœurs et les respect de la vie, malgré la consommation de chair. 
Dans son chapitre sur les cannibales Montaigne rappelle que « chacun appelle barbarie, ce qui n’est pas de son usage ». Et de rapporter les mœurs de peuples lointains : 

« Après avoir longtemps bien traités leurs prisonniers, et de toutes les commodités, dont ils se peuvent aviser, celui qui en est le maître, fait une grande assemblée de ses connaissants. Il attache une corde à l’un des bras des prisonniers, par le bout de laquelle il le tient, éloigné de quelques pas, de peur d’en être offensé, et donne au plus cher de ses amis, l’autre bras à tenir de même ; et eux deux en présence de toute l’assemblée l’assomment à coup d’épée. Cela fait ils le rôtissent, et en mangent en commun, et en envoient des lopins à ceux de leurs amis, qui sont absents. »

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Mais loin d’être marri par « l’horreur barabaresque qu’il y a en une telle action », Montaigne au contraire dira qu’il « pense qu’il y a plus de barbarie à (…) déchirer par tourments et par gênes, un corps encore plein de sentiments, le faire rôtir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens, et aux pourceaux (…) que de le rôtir et manger après qu’il est trépassé ».

Les études archéologiques tant qu’anthropologiques montrent que l’anthropophagie a essentiellement toujours été de nature rituelle : 

Soit on consomme la chair de son ennemi pour le réduire au néant et s’en accaparer la force (exocannibalisme).
Soit on consomme ses propres morts afin que l’ancêtre puisse trouver la paix et rester avec les vivants (endocannibalisme). 
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Sur la consommation de chair animale, dans la rubrique ‘autres temps autres mœurs’, on pourra noter aussi, par exemple, les cas de Thoreau ou de l’ornithologue et peintre Audubon. Tous deux furent naturalistes et profondément respectueux de la nature et de la vie, ce qui ne les empêchât pas d’être chasseurs. 
On trouve aussi des témoignages chez les anthropologues d’un profond respect de la vie animale associé à des pratiques de chasses. Dans « Tristes tropiques » Lévi-Strauss, évoquant les Nambikwara, écrit ainsi :

« Parmi ces peuples que nous étudions comme ceux d’Amérique du Sud et également du nord, il existe des croyances en un maître des animaux qui veille jalousement sur les procédés de chasse, et dont on sait qu’il enverra des châtiments surnaturels à celui, ou à ceux qui tueraient plus qu’il n’est strictement nécessaire. Quand pour cueillir la moindre plante médicinale il est nécessaire de faire d’abord des offrandes à l’esprit de cette plante. Et bien tout ça oblige à entretenir avec la nature des rapports mesurés ».

L’important est ici de noter la mesure de l’homme dans ses rapports à la nature. Mesure que l’on pourrait opposer à l’hubris de l’homme moderne s’étant rendu comme « maître et possesseur de la nature ». D’un côté on ne tue que le strict nécessaire, dans un respect strict de la vie ; de l’autre on tue en masse (dans des univers concentrationnaires) des animaux considérés comme marchandises, comme biens meubles. 
Ce qui amène à défendre la position végétarienne.
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Pour le végétarisme 

L’abattage industriel, et le non respect des animaux. L’impact climatique.
Dans nos sociétés dominées par l’économisme et la recherche du profit à tout prix, et avec une population mondiales de 7 milliards d’individus, la consommation de viande à grande échelle conduit fatalement à concevoir des univers carcéraux destinés à l’abattage de masse (et loin des regards) des animaux. 

Dans son essai «  Faut-il manger les animaux », Jonathan Safran Foer dénonce l’enfer des fermes et abattoirs industriels. S’il est devenu végétarien, il dit pourtant aimer la viande :

« J’aime la viande, je ne suis pas contre le fait de tuer des animaux mais je me soucie de leur bien-être et je suis conscient de la signification culturelle des aliments. Si vous dites non à un plat, vous faites plus que refuser des calories : vous changez une histoire, celle d’un pays ou celle de votre famille. Mais si le goût et les codes culturels ont de la valeur, il me semble que certaines choses en ont plus aujourd’hui, comme essayer de changer nos idéaux, être éthiques ». 

Il a ainsi été conduit à proscrire la viande, suite à son enquête, face à l’horreur des élevages industriels. Son mobile est donc éthique.

S’y ajoute second volet, environnemental : 
« L’élevage industriel est la cause première du réchauffement climatique, peu le savent précisément. »

En effet, les études montrent qu’il faut 7 à 10 kg de protéines végétales pour faire un kilogramme de protéine animale(Lors de la consommation de viande, il faut d’abord faire des cultures pour nourrir les bêtes qui ensuite vont eux-mêmes nourrir les humains, alors que dans la consommation non carnée l’homme consomme directement les plantes). S’y ajoute le fait que l’élevage de bétail produit du méthane, néfaste pour l’environnement.
L’élevage industriel produit bien d’autres nuisances. En voici quelques-unes : stérilisation des sols par les pesticides, pollution des nappes phréatiques et prolifération d’algues vertes (actualité avec l’élevage des porcs) 

Voir à ce propos la nouvelle de Sylvain Tesson, « Les porcs »
« Nous avions de la considération pour la viande : elle représentait l’argent. Nous avons oublié qu’au milieu il y avait les bêtes. Nous les avons annulées »
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En conclusion

Le choix de consommer ou non de la viande, s’il est éminemment éthique, il peut s’y a jouter d’autres considérations, telle la recherche du meilleur régime alimentaire et de la bonne santé ; ou encore du plaisir à consommer tel ou tel plat.
En tout état de cause, si l’on veut vivre de manière philosophique, telle qu’entendue par les anciens, il convient d’adapter son éthique et son comportement. Et donc, si on fait le choix de consommer de la viande, le faire modérément, et en proscrivant tant que possible les nourritures issus des élevages industriels. 
Par Axel Evigiran
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